L’école professionnelle de Jérémie, un creuset d’opportunités

La renaissance de l’école professionnelle de Jérémie a un peu changé la monotonie du 1er mai dans cette ville où peu d’activités ont marqué cette année la fête du Travail et de l’Agriculture.

Publié le 2016-05-03 | lenouvelliste.com

En ce premier mai, aux abords et sur la place Dumas de Jérémie, des badauds déambulent. Ils s’arrêtent sous des tentes aux couleurs immaculées où quelques rares produits de transformation sont exposés : pots de confiture, chocolat, vin de maïs… travaux d’artisanat. L’exposition, loin d’être une foire indiquant la multiplicité des ressources agricoles, est plutôt révélatrice, sinon de la pauvreté croissante du secteur agricole, du moins, de la léthargie tant des secteurs public et privé des affaires. Mais, ailleurs, à quelques pas du lycée des Jeunes filles et du Centre culturel et Multimédia Numa Drouin, ces mêmes secteurs se sont retrouvés côte à côte, à l’École professionnelle de Jérémie où des perspectives d’avenir semblent s’offrir aux jeunes gens qui fréquentent ledit établissement. Le premier mai a été choisi pour une journée porte ouverte qui a permis au public de découvrir les richesses disponibles et de s’émerveiller devant les équipements de dernier cri susceptibles de permettre aux étudiants d’exprimer leur potentialité dans plusieurs filières existantes : Electricité, informatique, construction bâtiment, réfrigération-climatisation, habillement-coupe couture, plomberie sanitaire, travaux du bois (menuiserie, ébénisterie). Plusieurs personnalités sont intervenues à la cérémonie, dont Mme Lise Boucicault, directrice des opérations de l’Institut National de Formation Professionnelle (INFP), Marcel Jeanty, directeur départemental de l’Education dans la Grand’Anse, Monode Joseph, président de la Chambre de commerce et président du Conseil d’établissement de l’institution de formation, Mme Marie Rose Anna Jean, la directrice. Ils ont tous attiré l’attention sur les opportunités d’emplois offertes par l’école professionnelle, appelée à jouer un rôle majeur dans le développement économique du département de la Grand’Anse. Financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), à partir d’un prêt à l’Etat haïtien et qui s’est transformé après le séisme du 12 janvier en don, l’édifice a été entièrement réhabilité et agrandi avant d’être équipé en matériels modernes qui, bien utilisés, habiliteront les étudiants à produire un travail de meilleure qualité, donc plus compétitif. C’est ce qu’a tenu à assurer Mme Jean, qui a rappelé également le rôle joué par l’État haïtien. Celui-ci, dans le cadre de la mise en œuvre de sa nouvelle politique de la formation technique et professionnelle en Haïti, « avait fait venir des experts étrangers pour former les formateurs des centres professionnels publics du pays ». Mme Jean a ensuite interpellé la directrice de l’opération de l’INFP afin qu’elle soutienne un plaidoyer auprès de l’administration centrale pour la pérennité du centre. L’interpellée, Mme Boucicault, a assuré que cet avenir dépendait à la fois de la communauté locale et des hommes d’Etat. En effet, la gestion du centre s’effectuera suivant un nouveau modèle inspiré de la politique et stratégie de la formation technique et professionnelle proposée par l’INFP. Ce modèle envisage une gestion de proximité, c’est-à-dire, avec l’implication des acteurs locaux qui, selon Mme Boucicault, doivent identifier leurs besoins et orienter eux-mêmes la formation professionnelle. Un projet de loi relatif à la gestion des centres professionnels est déposé depuis quelque temps au Parlement. Les bénéficiaires, pour leur part, ont été fiers de présenter certaines de leurs réalisations, dont, soulignent les étudiants en électricité, l’installation des deux moteurs fournissant l’énergie électrique à la ville de Jérémie. Sur les lèvres des acteurs présents et visitant les différents ateliers revenaient les mêmes propos, les perspectives d’un avenir sûr offertes par l’école professionnelle et sa capacité à ainsi résorber la délinquance et le chômage et contribuer ainsi à l’essor économique de la Grand’Anse.
Yvon Janvier jyvon21@gmail.com
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