Une vision à long terme de modernisation d'Haïti

Publié le 2005-01-21 | Le Nouvelliste

Des représentants du gouvernement intérimaire, des membres du Corps diplomatique, du secteur des Affaires, et de la classe politique d'Haïti, etc ont répondu pleinement, le jeudi 20 janvier 2005 à l'hôtel Montana à l'invitation de la Fondation Nouvelle Haïti (FNH) et de l'Initiative de la société civile (ISC) pour un déjeuner-débat autour d'un grand projet visant à développer une vision à long terme de Modernisation d'Haïti. Le Docteur Tatiana K. Wah, l'homme d'affaires André Apaid et le professeur Rosny Desroches composaient le panel des intervenants à cette rencontre au cours de laquelle a été présenté le rapport initial préparé par Tatiana Wah et intitulé: «A la recherche d'un consensus après 200 ans d'Indépendance: La structure du système social haïtien et les défis du développement». Ce rapport de 261 pages se veut un document de réflexion élaboré dans le but de favoriser une meilleure compréhension des problèmes structurels de la société haïtienne et de la nécessité d'une vision commune du développement. La tenue de cette rencontre s'inscrit dans le cadre d'une quête de repère sûr et communément partagé devant enfin conduire à la construction d'un avenir de progrès et l'édification d'une communauté nationale et véritable, a indiqué le président de la FNH, Reynold Bonnefil qui, faisait office de présentateur à ce déjeuner-débat. Car deux siècles après l'Indépendance, Reynold Bonnefil s'imagine mal que nous ne nous sommes pas toujours entendus sur des questions aussi essentielles que l'adoption d'un système de valeurs cohérentes et tourné vers la modernité, le développement d'une infrastructure économique de production, une éducation de base et de qualité, des soins de santé primaires pour tous, l'accumulation et la répartition de la richesse nationale, la préservation du cadre environnemental. Ceci ne peut plus durer, clame M. Bonnefil qui soutient qu' "à ce tournant de notre histoire, tous les secteurs de la vie nationale reconnaissent de plus en plus, l'impératif de la réflexion et du dialogue collectif en vue de définir une nouvelle vision de notre pays. C'est à cette noble tâche que nous convient la FNH et l'ISC". Tatiana Wah qui détient un doctorat en Planification de développement et en élaboration de politique urbaine, au cours de son allocution a tenté de contextualiser son oeuvre. Selon le professeur Wah, à un moment où Haïti aurait pu s'adonner à la célébration glorieuse de ses deux cents ans d'indépendance, elle se trouve de préférence à la croisée des chemins entre pauvreté persistante et le déclin absolu, devenant ainsi un handicap pour le monde noir et une nuisance pour ses voisins. La progression du pays, indique Tatiana Wah, est bloquée par manque de vision de développement. Cela est dû en grande partie au fait que l'Etat depuis sa création s'acharnait davantage à défendre sa souveraineté plutôt que de penser à construire la nation... La planification et la modernisation du pays sont particulièrement importantes pour Haïti dans la mesure où ce dernier doit parvenir à la croissance en tenant compte de sa faible superficie, de sa topographie accidentée, de sa polarisation spatiale et économique, de la dégradation de son environnement et de la pression démographique, tout en accordant une attention soutenue à la réduction de la polarisation sociale et aux conflits violents. Mme Wah en a aussi profité pour énumérer les étapes prioritaires qu'englobe le plan d'un développement national sur le long temps. «La première étape du plan, dit-elle, comprend la conceptualisation au niveau macro et la conception de scénario pour aider à la compréhension et la formulation des problèmes de société qui doivent être résolus.» Les 5 causes des problèmes du pays L'étude de Tatiana Wah relate que "les causes communes des problèmes existants dans la structure du système social haïtien sont dus au manque de connaissance, à l'absence d'institutions fonctionnelles, à la carence de moyen économique, à l'absence d'un leadership compétent et courageux, dévoulé au progrès social, à la promotion de l'essor de la société, et surtout à la méfiance nistorique régnant entre les Haïtiens. etc. Ces causes communes sont au centre du dilemme clef que souffre Haïti". En terme de recommandation pour la modernisation d'Haïti, Tatiana Wah en propose deux qui nécessitent la participation de la société civile, du gouvernement et de la communauté internationale: Première recommandation: créer un conseil ou une agence de planfiication de développement économique national et spatial: la seconde: mettre en oeuvre un processus de contrat social à travers un dialogue national. A son tours de prendre la parole, le coordonnateur du Groupe des 184 et membre du conseil de direction de la FNH, M. André Apaid a tenu à réveiller l'assistance un peu somnolente sous l'effet, semble-t-il, du copieux déjeuner servi bien avant l'intervention des panélistes. Retrçant la genèse de son intégration et de son parcours au sein de la FNH et de l'ISC dans les années 1999-2000, il remémore une une réunion tenue au cours de l'année 2000 aux Etats-Unis où les différents membres de la Fondation, jusque-là divergents dans leurs idées, se sont entendu sur l'élaboration d'un canevas qui définit les 8 objectifs de la Fondation, témoigne le leader des 184. Deux d'entre ces objectifs étaient tout d'abord la création d'un leadership institutionnel capable d'aider à promouvoir la modernisation, et puis comment aider à développer une vision à long terme pour Haïti concède le leader des 184 qui encourage l'implication sérieuse du secteur économique dans la réflexion nationale pour dégager une certaine orientation. Il en a profité pour remercier la consultante de la FNH Katiana Wah qui selon lui, a enrichi de ses réflexion s le contrat social du Groupe des 184. Pour éviter toute confusion entre les concepts: "Contrat social" et "Vision", André Apaid a défini distinctement les deux termes: Selon lui "le Contrat Social est une réflexion profonde au niveau de la société qui se penche sur ses structures, ses problèmes intersectoriels et qui arrive à développer ou améliorer le lien entre toutes les couches sociales à partir de valeurs communes et de principes auxquels nous adhérons. Tandis que la vision est supposée commencer à tourner les regards vers l'avenir à partir d'une certaine cohésion sociale. André Apaid n'a pas omis de remercier la consultante de la FNH Katiana Wah qui selon lui, a enrichi de ses réflexion s le contrat social du Groupe des 184. Les sponsors ayant parrainé les assises du jeudi 20 janvier 2005 ont eux aussi été remercié . De son coté, le secrétairexécutif de l'ISC, M. Rosny Desroches n'a pas caché son admiration face à la qualité, la pertinence et l'utilité du rapport d'étude élaboré pa le Dr Katiana Wah. - La première leçon à tirer de ce rapport, dit le professeur Desroches est que: "Si rien n'est fait pour renverser les tendances, d'ici une vingtaine d'années nous passerons de 8 à 12 millions d'habitants;chaque Haïtien disposera de 6% d'hectares de terre arable; l'extrême pauvreté atteidra 90% de la population; le nombre d'associaux croitra et la criminalité également. "Face à une telle projection tout citoyen conscient se doit d'être préoccupé, s'inquiète Rosny Desroches. Le message de Tatiana Wah à travers son document est un message d'espoir, un message qui nous indique des pistes d'exploration et nous invite à nous ressaisir, souligne la responsabvle de l'ISC qui convie les organisations et associations à organiser quelques séances de lectures collectives à certaines parties de cet ouvrage particulièrement le chapitre 3. Ce dernier est une contribution à l'éclairage du peuple haïtien, souligne M. Desroches qui juge nécessaire de cultiver l'esprit de tolérance. «Pour que notre pays se développe l'Haïtien doit devenir un véritable citoyen, c'est-à-dire qu'il doit développer une personnalité démocratique capable de tolérer et de gérer la différence». Le professeur plaide également en faveur de l'unité nationale afin de trouver les voies et moyens menant au développement tant souhaité. Concluant son intervention, Rosny Desroches formule le voeu que la recommandation faite par Katiana Wah dans son ouvrage devienne une réalité, à savoir "que les représentants de tous ces secteurs: gouvernement, secteur privé, société civile, communauté internationale se retrouvent avant longtemps dans un conseil de planification et de développement économique pour Haïti. Après les interventions des panélistes, il s'en est suivi la séance des questions posées par l'assistance. Une des plus pertinentes concernait les limites du peuple haïtien face aux différents projets de développement. Cette limite n'a jamais été mis en compte dans les questions relatives au développement. A cette question, Katiana Wah a riposté que "les limites disparaissent avec l'instruction et l'éducation. Ce n'est pas une particularité haïtienne d'être limité. On est limité parce qu'on n'est pas éduqué, parce qu'on est pauvre et non parce qu'on est Haïtien". Un fait malheureux à constater au cours de cette réunion est que l'intervention très attendue de l'intervenant a été faite en anglais. L'intervenant s'est bien défendue en arguant qu'étant issue de la deuxième génération de la diaspora haïtienne aux Etats-Unis maitrise mal les deux langues officielles haïtiennes et qu'el;le maitrise mieux les concepts en anglais. Cependant on a pu constater par la suite que madame maitrise aussi bien le créole que le français et qu'elle aurait pu se dispenser de la langue de Shakespear. Ne serait-ce que pour faciliter la tâche à la presse, ou peut-être par souci d'attachement culturel. Ceci dit, nous ne sous-estimons pas la qualité du travail assuré par l'interprête du jour en la personne du ministre des Haïtiens vivant à l'étranger M. Alix Baptiste.
Cyprien L Gary Auteur

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