Journée mondiale des troubles bipolaires/Conférence-débat

Journée mondiale des troubles bipolaires; des spécialistes tirent la sonnette d’alarme

Plus d’une centaine de jeunes sont informés des symptômes liés aux troubles bipolaires à l’issue d’une conférence organisée à l’auditorium du lycée du Cent-cinquantenaire sous la houlette du Centre de recherche et d’intervention en santé mentale (CRISM). Les structures de santé mentale inexistantes, une carence de spécialistes et la perception entourant les diagnostiqués, tout cela constitue le nœud gordien dans la prise en charge des pathologies.

Publié le 2016-03-31 | lenouvelliste.com

Les cas de délire paranoïaque, les dépressions, la schizophrénie, les troubles psychiques de la grossesse, les addictions à la drogue, les troubles d’apprentissage ont été entre autres pathologies longuement scrutées par les membres du CRISM dans le cadre de la Journée mondiale des troubles bipolaires ce mercredi 30 mars. En marge de cette causerie, les manifestations des troubles bipolaires ont été passées au crible. Désignées aussi sous la dénomination de psychose maniacodépressive, les troubles bipolaires entrainent des dérèglements de l’humeur par des phases de dépression et d’excitation. « Dans le cas des patients diagnostiqués, explique Marie Ange Fils, résidente en psychiatrie, des périodes de bonheur, de tristesse et d’excitation peuvent prendre des proportions alarmantes. Ces réactions sont corollaires de problèmes familiaux, financiers et judiciaires. Il arrive que le patient dépasse les bornes et puisse être hanté par des instincts suicidaires », a-t-elle expliqué. «Les manifestations des troubles bipolaires m’étaient jusque-là inconnues, déclare Jémima Gerbeaud, une écolière, émue. Cet exposé m’a permis de cerner la maladie et je compte répliquer certaines notions dans mon entourage », a-t-elle promis. Dans le sillage du décryptage des centres psychiatriques disponibles en Haïti, René Domerçant, responsable de l’Unité de santé mentale (USM) au niveau du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), a, sans langue de bois, identifié les défis. «Il n’y a que deux centres habilités à offrir des soins mentaux. Le centre Mars & Kline et l’hôpital de Beudet, confrontés à d’énormes difficultés. Il y a des précarités en ressources humaines, des complications liées à la prise en charge médicamenteuse, les demandes ne peuvent être satisfaites. Ces hôpitaux nécessitent de profondes réformes», a-t-il insisté. Aucun rapport ne révèle le chiffre disponible sur des personnes atteintes de troubles bipolaires en Haïti. Le centre psychiatrique Mars & Kline et l’hôpital Défilé de Beudet observent généralement les cas de dépendance à la drogue, la schizophrénie, la dépression, des démences entre autres. Le nombre de spécialistes en santé mentale ne dépassant pas une vingtaine interpelle Marie Ange, résidente au centre Mars & Kline.


Réagir à cet article