Défilé des groupes

Le dernier acte du défilé de rara à Léogâne

Une ville de Léogâne en ébullition a accueilli, le dimanche 27 mars, le dernier épisode du défilé de rara. Des prestations en apothéose livrées par une vingtaine de troupes, en dépit d’une organisation laborieuse et d'une subvention de l’Etat révisée à la baisse.

Publié le 2016-03-31 | lenouvelliste.com

A Léogâne, les rideaux sont tombés sur le défilé des bandes de rara. Dimanche 27 mars, 4 heures 33, au cœur de la ville, des milliers de gens investissent les artères conduisant à la grand-rue. Des ouvriers exécutent les derniers ouvrages pour l’achèvement des tribunes. Les bruits des marteaux résonnent, parallèlement les stands reçoivent les derniers revêtements de peinture. Dans un tumulte intense, des haut-parleurs émettent des décibels des derniers enregistrements des bandes rara de la cité d’Anacaona et, simultanément, des jeunes aux accoûtrements séduisants exécutent des chorégraphies envoûtantes. Léogâne brille de mille feux. L’organisation du défilé a été rudement mise à l’épreuve du temps imparti et au respect du thème «Kore kilti n pou n pa pèdi idantite n» noyé dans les airs de refrain. Dans une grande discordance, la performance des groupes n’a pas pu atteindre l'harmonie. Pour ce qui est du budget alloué pour l’organisation du défilé, Allan Paul de l’Union des raras de Léogâne (URAL) parle d’un financement réduit en une peau de chagrin influant du coup le spectacle de couleurs et de performances. «Le financement pour cette édition est pitoyable. Nous avons reçu quatre millions cinq cent mille gourdes comparativement à sept millions de gourdes promis », dit-il d’un ton désespéré. L’apport de la diaspora est à la rescousse du tarissement du budget alloué pour cet évènement. Ce support considérable permet de compenser les débours exorbitants des troupes. « Nous ne voulons pas perdre notre identité. Le rara est un vecteur important de transmission de valeurs culturelles. Notre investissement pour cette cause est inconditionnel », selon Jeobohan Bénol, aux commandes de Sainte-Rose de Gros Bœuf. Les festivités de rara à Léogâne se sont prolongées jusqu’à l’aube du lundi. Une forte contagion de l’ambiance s’étendait jusqu’aux périphéries de Léogâne. D’importants bouchons sur la route nationale numéro 2 jusqu’à la commune de Carrefour ralentissent l’écho de la fièvre ascendante de l’atmosphère. Cette édition du défilé de rara consacre Léogâne comme «capital incontestable du rara »


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