Les souhaits de Réginald Boulos pour 2005

Publié le 2005-01-13 | Le Nouvelliste

\"Nous souhaitons tous de pouvoir travailler dans un meilleur environnement sécuritaire, avec un pacte politique qui mettrait toutes les parties, tous les secteurs de la société ensemble, pour se dire enfin que nous avons un seul pays, nous devons faire l\'effort d\'abnégation, de sacrifices qu\'il faut pour faire avancer ce pays\", c\'est le voeu exprimé pour l\'année 2005, qu\'il souhaite meilleure que 2004, par le président de la Chambre de Commerce et d\'Industrie d\'Haïti (CCIH), le docteur Reginald Boulos. Dans un entretien accordé au Nouvelliste, Dr Boulos dit souhaiter « que 2005 soit une année de construction d\'un dialogue national entre les différents secteurs de la société, pas seulement entre les secteurs politiques, mais aussi entre les secteurs sociaux et espère que, deux groupes, les femmes et les jeunes, seront incorporés de manière importante dans ce processus de dialogue national ». « Les femmes et les jeunes sont aujourd\'hui deux secteurs prioritaires. Les femmes constituent toujours dans ce pays le réel secteur productif, le secteur responsable. Dans nos bidonvilles, ce sont les femmes qui gèrent les familles, elles ne sont pas assez représentées au niveau de la gestion des choses publiques. D\'autre part, démographiquement, il est incontournable que les moins de 25 ans, qui représentent plus de la moitié de la population, soient aussi écoutés », a indiqu130ginald Boulos. Sur un plan plus général, l\'homme d\'affaires « souhaite une amélioration des conditions de travail pour tous les membres du secteur privé ». En ce sens, il dit s\'attendre à « une amélioration de l\'environnement sécuritaire, à une assistance du gouvernement pour les secteurs victimes des évènements de février -mars 2004 en matière de recapitalisation et à un meilleur partenariat entre le secteur informel, formel et le gouvernement ». Finalement, Réginald Boulos souhaite « que cette année nous ayons un processus électoral inclusif avec tous les secteurs qui ont renoncé de manière catégorique à la violence quelle que soit leur appartenance. Et qu\'au lendemain des élections, les gagnants et les perdants sachent que ce pays doit être inclusif aussi dans sa gestion, dans la façon de le gouverner ». Par rapport à la contraction du PIB de l\'ordre de 4% constatée au cours de l\'exercice fiscal écoulé, le président de la CCIH propose que le gouvernement mette en place « une politique fiscale d\'expansion et non pas une politique de récession ». Pour lui, « le gouvernement doit faciliter un accès plus facile au crédit pour les petites, moyennes et grandes entreprises, faire un plus grand effort d\'investissement au niveau des activités sociales pour permettre une relance de l\'économie nationale ». « Il nous manque un effort particulier pour accélérer les grands projets financés par les instances multinationales de façon à ce qu\'il y ait vraiment un pays en chantier et non pas un pays fermé tel que nous l\'avons actuellement », ajoute Réginald Boulos connu dans le monde commercial et financier pour ses audaces inspirées. Interrogé pour savoir ce qu\'attend la CCIH de ses membres en cette nouvelle année, M. Boulos estime que les membres ont déjà fait le maximum, car ce sont eux, en majeure partie, qui ont subi les effets de la catastrophe de mars 2004 : déchouquage, incendie, vols etc. Et ils se sont remis au travail, ce qui constitue une première et importante étape. « La CCIH est en train de se structurer pour leur apporter une assistance technique en matière d\'accès au crédit et assurer le processus de recapitalisation pour les entreprises. Nous attendons du gouvernement tout simplement une meilleure gestion de la chose publique, la diminution de la corruption, l\'arrêt de la contrebande et l\'égalité de traitement pour tout le monde dans le domaine de la fiscalité et de la collection des droits et impôts ». Concernant le récent accord, signé sous l\'égide du ministère des Finances, entre la SOFHIDES et le FDI pour aider les entreprises victimes des événements ayant suivi le 29 février, le président de la Chambre de Commerce consent que c\'est un premier pas. Il tient cependant à souligner que « c\'est la première fois, dans ce pays, qu\'un gouvernement assume ses responsabilités par rapport aux faiblesses des institutions publiques. Les principes veulent que si les magasins ont été brûlés, s\'il y a eu déchouquage, c\'est que l\'Etat a failli à sa première obligation qui est de protéger les vies et les biens». Réginald Boulos affirme que la satisfaction n\'est pas totale. « Nous les responsables de la Chambre et les commerçants victimes ne seront jamais satisfaits, puisque beaucoup se plaignent déjà : les approbations de crédits octroyées correspondent à des montants de loin inférieurs à ce qui était prévu ». C\'est aussi au nom du principe de la continuité de l\'Etat que Boulos applaudit la décision du Premier ministre Gérard Latortue de prendre en charge le remboursement « au minimum partiel » des pertes causées par l\'effondrement des coopératives. « Je pense que le remboursement doit être partiel, explique le président de la Chambre de Commerce, parce que nous avons eu dans ce pays un phénomène de coopérative supporté officiellement par le chef de l\'Etat. Même quand les coopératives ne tombent pas sous le coup de la Banque Centrale, nous avons vu cette institution assistée sans dire un mot à cette faillite qui était prévisible. Les épargnants ont aussi une part de responsabilité vu que dans la presse il avait été prévu que la faillite arriverait. C\'est pour cela que je dis que le remboursement doit être partiel, pas en totalité, parce que l\'épargnant aussi doit assumer la responsabilité de la décision libre qu\'il avait fait dans une entreprise que tout le monde savait qui était vouée à l\'échec ». En ce qui a trait à la désinvolture du gouvernement qui annonce le remboursement sans poursuite des responsables des coopératives, Boulos croit \"qu\'on ne peut pas avoir de dédommagements au niveau des coopératives sans qu\'il y ait de responsabilités dans un pays où le chef de l\'Etat a encouragé ces institutions. Il y a aussi la responsabilité des gestionnaires des coopératives qui étaient partie prenante d\'une magouille, d\'un vol des épargnants qui aujourd\'hui se retrouve transformé comme un vol de l\'Etat puisque l\'Etat compte rembourser les épargnants\". Selon lui, « il est essentiel qu\'il y ait des poursuites judiciaires. On aurait dû les avoir même avant. Le processus de remboursement ne devrait se faire qu\'après ces poursuites soient engagées et que lumière soit faite ». Plus loin, Réginald Boulos formule le souhait que le Premier ministre partage avec la société les conclusions du rapport qu\'il a reçu sur la question des coopératives, rapport qui a, semble-t-il, motivé sa décision de rembourser. « J\'espère que ce rapport sera partagé avec les institutions de la société civile, la Chambre de Commerce, les autres associations du secteur privé de façon que la décision qui va être prise puisse avoir une envergure nationale. Car, en fait, c\'est l\'argent des contribuables qui va payer les épargnants floués, ce n\'est pas l\'argent de M. Latortue ou celui de ses ministres. Il doit donc avoir un débat national sur la manière de procéder à ce remboursement par l\'Etat haïtien ». Le président Boniface Alexandre, dans son discours du nouvel an, a demandé au gouvernement de ne pas attendre indéfiniment les fonds du CCI pour mettre en branle certains projets, comment la CCIH accueille-t-elle ses propos ? A cette question, Boulos répond :« Je le supporte totalement et nous avons même dit dans des conversations privées, dans des rapports que nous avons adressés au gouvernement, qu\'il fallait qu\'il balance bien la protection de la gourde et la relance économique ». \"Je crois que nous pourrons bien accepter un dollar à 40 gourdes si c\'est pour créer une expansion de l\'économie nationale. Vous savez d\'ailleurs qu\'avec un milliard de dollars américains qui arrive aux petits épargnants via les transferts venus de la diaspora, le peuple a beaucoup souffert de cette baisse rapide et drastique de la valeur de la gourde par rapport au dollar. Une gourde moins forte permettrait une expansion à deux niveaux : cela mettrait plus de gourdes dans les poches de ceux qui reçoivent des transferts et cela permettrait aussi au gouvernement de pouvoir accepter un minimum de déficit. Nous ne prônons pas le déficit budgétaire, mais je pense que dans certains cas, les USA sont un bon exemple, il faut parfois faire du déficit si ceci est réalisé dans un processus d\'investissement viable à l\'intérieur du pays, au niveau des infrastructures, dans la création d\'emplois et dans la mise en chantier de plusieurs projets \", a-t-il avancé. Pour ce qui a trait aux initiatives sociales annoncées par le Premier ministre dans son adresse à la nation à l\'occasion du nouvel an, Boulos exprime sa perplexité : « C\'est pour nous l\'interrogation majeure depuis avril 2004, pourquoi ce gouvernement tarde à démarrer des programmes sociaux ? Et à Boulos d\'enfoncer le clou : « Le pire, c\'est qu\'en juillet et août, le gouvernement se targuait de surplus de budget et on n\'a encore vu aucun programme massif social commencé ». « J\'estime qu\'il est important, dans les bidonvilles surtout, là ou règne la terreur des gangs, qu\'il y ait deux actions qui soient faites pour gagner la guerre militaire et acheter la paix sociale », conclut-il avant d\'ajouter: \"La guerre militaire doit être gagnée par des actions énergiques de la police et de la Minustah contre ceux qui pensent qu\'ils peuvent gérer les bidonvilles par la force des armes et la paix sociale doit être achetée par la mise en place de programmes de création d\'emplois, de nettoyage de canaux de drainage, d\'adoquinage des routes à l\'intérieur des bidonvilles, de financement des bourses scolaires pour les enfants des familles les plus pauvres et de mise en place de programmes de santé, de protection de l\'enfant \".
Johnny Cesar Auteur

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