Pour l\'histoire

Discours du président provisoire de la République aux Gonaïves le 1er janvier 2004

Publié le 2005-01-04 | Le Nouvelliste

Monsieur le Premier Ministre, Distingués Membres du Cabinet Ministériels, Monsieur le Vice-Président de la Cour de Cassation, Mesdames, Messieurs du Conseil des Sages, Honorables Membres du Conseil Electoral Provisoire, Monsieur le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies, Messieurs le Doyen du Corps Diplomatiques, Messieurs les Ambassadeurs et les Chefs de Mission accrédités en Haïti, Monsieur le Directeur Général de la Police Nationale d\'Haïti, Monsieur le Délégué du Département de l\'Artibonite, Monsieur le Maire des Gonaïves, Gonaïviens, Gonaïviennes, Chers Compatriotes, Quand le premier janvier 1804 les fondateurs de la patrie, sur la Place d\'armes des Gonaïves, proclamèrent l\'Indépendance nationale, ils initiaient une tradition que nous avons l\'honneur de commémorer plus de deux siècles plus tard. La geste des Héros de 1804 est le ciment qui lie tous les Haïtiens dans l\'amour de la nation et dans le partage de sa grandeur comme de toutes ses turpitudes. En cette année 2005, plus que dans les années antérieures, une responsabilité s\'impose à nous: Chers compatriotes, fòn pa fè zansèt yo wont. Le premier janvier 2005 nous retrouve dans un bien meilleur état qu\'il y a 365 jours. Beaucoup d\'évènements se sont produits au cours de l\'année qui vient de s\'écouler. Comment ne pas saluer ici la détermination farouche des habitants de la ville des Gonaïves qui, une fois encore, ont été à la tête du bon combat pour la liberté et la démocratie. Premye janvye 2004, nou tout konnen ki jan sa te pase. Comment oublier la grande unité de la société civile, des étudiants et des acteurs politiques pour faire front contre les dérives et les projets macabres. Menm jan ak zansèt nou yo, tèt ansanm te pèmèt nou chanje sa. Comment ne pas remercier les amis d\'Haïti de la communauté internationale qui, encore une fois, dans un élan de solidarité nous ont prêté concours et assistance. Cependant, comme si l\'histoire était un perpétuel recommencement, nous nous retrouvons à l\'orée de cette nouvelle année avec en perspectives des jours et des mois difficiles. Des défis immenses nous attendent, des résultats exaltants aussi. Plus qu\'hier et à cause d\'hier, fòn pa fè zansèt yo wont. Chers compatriotes, Des mois difficiles nous attendent parce que nous allons entrer en période électorale afin de désigner dans des élections libres, honnêtes, transparentes et démocratiques les dirigeants qui vont prendre en main les destinées de la nation. Ces mois seront difficiles parce que tout processus électoral signifie choix de candidats, compétitions et verdict des urnes. Je formule le souhait ardent et sincère que tous les Haïtiens comprendront qu\'il faut que l\'intérêt national prime sur l\'intérêt particulier et que nous avons tous intérêt que les joutes électorales se déroulent à la satisfaction de tous. Au gouvernement qui réunit des hommes et des femmes qui partagent en commun l\'esprit du sacrifice et du service, je demande instamment de prendre toutes les dispositions en matière financière et de sécurité pour établir un climat propice à la tenue des comices et pour rendre le Conseil Electoral Provisoire apte à bien remplir sa mission. Mon voeu le plus fort et celui de tout le gouvernement est de voir le CEP prendre sa vitesse de croisière et mettre le cap résolument sur les échéances électorales. Les difficultés ne manquent pas et vont s\'additionner aux problèmes. Cependant, comme il y a deux cents ans quand devant nos Pères se présentaient des obstacles d\'apparence insurmontables et qu\'ils ont pu tout vaincre, il faudra que le CEP tire de cet exemple, de l\'histoire héroïque de notre pays, matière à inspiration pour surmonter les contraintes et pour contourner les écueils. En nous attelant dès maintenant à cette tâche, la plus grande satisfaction que nous pourront en tirer sera de voir d\'ici la fin de l\'année 2005 le peuple désigner des dirigeants légitimes et légaux à tous les niveaux de représentations, des Casecs à la magistrature suprême. Chers compatriotes, Comment parler d\'élection sans parler de paix dans les rues et dans les coeurs. L\'autre défi de 2005, à côté de la tenue et de la réussite des compétitions électorales, sera la concrétisation d\'un vrai dialogue pour apaiser cette tension qui a marqué toute l\'année 2004. Il nous faudra aussi faire montre de pédagogie pour expliquer à tous que l\'agitation, la violence et le pouvoir des armes ne sont pas des instruments de bonne gouvernance, mais sont et demeurent les fossoyeurs de la nation quand se retrouvent face à face ses fils et ses filles. Zam pa la dan l! Aba vyolans! Chers compatriotes, Pour promouvoir le dialogue et donner une chance à Haïti, solennellement, je tends la main à l\'ancien président pour qu\'il appelle ses partisans à être du côté des intérêts d\'Haïti et à travailler pour la paix. En 2005, Monsieur Jean Bertrand Aristide, nous devons cesser d\'hypothéquer l\'avenir et devons tous nous mettre du bon côté, celui des intérêts supérieurs de notre pays pour le bonheur de notre peuple. Fòn pa fè zansèt yo wont. Gen moun k\'ap koupe tèt polisye, k\'ap mete dife nan byen moun, k\'ap kraze peyi a. Yo di y\'ap travay pou ou. Jodi a ou gen okazyon pou fè konnen piblikman ke ou pa rekonèt malfèktè sa yo, bandi san manman sa yo. Je demande au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères de prendre toutes les dispositions pour que dès les premier jours de ce mois de janvier des émissaires au plus haut rang de la République d\'Haïti prennent contact avec les responsables de l\'Afrique du Sud, du Vénézuela et de la Caricom pour leur expliquer qu\'Haïti doit passer avant tout, l\'amitié envers Haïti doit passer en premier. Haïti doit passer avant tout, l\'amitié envers Haïti doit passer en premier et nous espérons que nos amis de la Caricom, du Vénézuela et de l\'Afrique du Sud vont comprendre que nous avons besoin de leur solidarité agissante pour promouvoir le dialogue inter haïtien et arriver à cette paix qui fera fleurir des relations détendues et profitables à tous. Nous avons trop tardé à nous remettre autour de la table de la fraternité pour épuiser nos querelles et aplanir nos divergences. 2005 parait être le bon moment pour sortir de notre léthargie et de notre isolement. Chacun devra se dépasser, faire le premier pas et le suivant dans l\'intérêt d\'Haïti. En 2005, fòn pa fè zansèt yo wont. Fòk nou tout konprann pwoblèm nan se nan nou menm li chita -le mal est en nous- Men si nou pran konsyans n\'ap kabab chase tout move lespri ki anpeche nou avanse. En même temps que seront entrepris les périples diplomatiques pour débloquer les dernières réticences et solliciter que s\'exprime sans parti pris l\'amitié dont ces peuples et ces pays amis nous honorent, un vrai chantier de dialogue sera mis sur pied dans le pays. Avec le concours de la communauté internationale, le gouvernement s\'engage à réaliser avec tous les acteurs de la vie nationale une table de concertation, un dialogue national qui devra cimenter notre unité nationale. Elections, dialogue et paix ont tous pour corollaire indispensable les moyens matériels et financiers. 2004 a été l\'année des promesses d\'aides et de supports, puisse enfin que 2005 soit celle de la concrétisation des annonces. En effet, Chers compatriotes, Comment ne pas s\'inquiéter devant les échéances qui nous attendent si les fruits ne tiennent pas la promesse des fleurs. On nous a beaucoup promis en 2004, en parfaite connaissance de nos faiblesses, de l\'état pitoyable dans lequel le gouvernement a reçu en héritage la barque de l\'Etat et les finances publiques. Dix mois après, il est pénible de constater que l\'aide promise ne se concrétise pas à la hauteur de nos espérances et de nos besoins. Si la communauté internationale doit jouer sa partition, il revient aussi au gouvernement d\'amorcer la pompe en utilisant les leviers qui sont à sa disposition pour provoquer un effet d\'entraînement. Les retards pris dans le décaissement des fonds du Cadre de Coopération Intérimaire ne doivent pas nous abattre ni nous immobiliser. La population ne comprendrait pas et nous n\'avons pas le droit de continuer à différer la satisfaction de ses revendications. Pour qu\'il y ait dialogue, paix et élections en 2005, tout en combattant la corruption, les gabegies et la mauvaise utilisation des ressources, il est évident qu\'il faut aussi une infusion de moyens dans plusieurs secteurs et le gouvernement a pour impératif de le faire comprendre à nos amis de la communauté internationale et nous allons le faire tout en utilisant les ressources à notre disposition. Chers compatriotes, La sécurité a été au coeur des préoccupations de toutes les familles en 2004. A la fin de l\'année, la MINUSTAH a pu compléter son effectif et sera en mesure de se déployer dans tout le pays en attendant que la Police Nationale d\'Haïti prenne la relève. Nos vaillants policiers dont plusieurs sont tombés sur le champ d\'honneur en faisant leur travail avec courage et détermination nous donnent un aperçu de la route à suivre : les moyens sont insuffisants, les brebis galeuses sont nombreuses dans leur rang, leur image au sein de la population n\'est pas la meilleure, ils sont au premier rang pour affronter tous les dangers, ils meurent victimes de barbaries atroces mais ne reculent jamais. Vaillants policiers de la PNH, l\'Etat, par mon organe, vous rend hommage, vous méritez de la Patrie pour nous avoir évité un bain de sang au début de 2004 et pour avoir su tenir tête aux multiples fauteurs de troubles qui vous assaillent. Tout le monde devrait prendre exemple du travail que font les bons policiers. Parce que \"fòn pa fè zansèt yo wont\". J\'invite le gouvernement à continuer à maintenir le cap sur la modération et de continuer à combattre la violence sans tomber dans le piège de la répression aveugle. Nous n\'avons pas à ressembler à nos devanciers. L\'appareil judiciaire doit être renforcé, la police doit disposer de moyens adéquats et l\'intelligence doit devenir notre atout maître pour pouvoir prévenir ou contenir les débordements. Le plus souvent que possible, toujours même, il faut recourir aux provisions et dispositions de la loi pour faire respecter l\'ordre. Sans honte aucune, les responsables doivent enquêter pour déterminer et punir s\'il le faut les violations des droits de l\'homme commises par un agent de l\'ordre dans l\'exercice de ses fonctions pour garder intacte la crédibilité du corps et de l\'autorité et conserver la confiance de la population que nous avons l\'honneur de servir et de protéger. 2004 se te yon ane ki te difisil anpil, nou pase desan zan an nan soufrans nan divizyon, nan lahèn. Nou Nan fon twou a e gen moun ki vle kontinye fouye toujou. N\'ap koule yon beton pou nou sispann fouye e ak tèt ansanm, nan Kole zepòl ak zepòl, n\'ap fe yon echel pou nou ka sòti. Tranzisyon sa a se pa yon pon, se yon echel. Nou menm , Pezidan, Premye minis, minis, delege ak majistra wòl nou se ranfòse baz li pou pemèt pati politik ak manm sosyete sivil la ki pral nan eleksyon yo kòmanse wè yon ti limyè deyò. MANB GOUVENMAN an pa prale nan eleksyon, wè pa wè le 7 fevrier 2006 n\'ap remèt mayèt bay moun ke pèp la ap chwazi nan eleksyon lib e libè san paspouki k\'ap fèt ane sa a. Pèp Gonayiv! Pèp Ayisyen! Gouvènman Tranzisyon an ap mete yon pwen final nan tranzisyon an. Se mwen Bonifas ki di nou sa, nou mèt fèm konfyans: Wè pa Wè :bon jan ELEKSYON pou 2005! Mwen swete nou bonne et heureuse année. VIVE HAITI! VIVE LE DIALOGUE NATIONAL! Fòn sispann fè zansèt yo wont ! Mèsi anpil! Gonaïves, le 1er Janvier 2005 Me Boniface ALEXANDRE Président Provisoire de la République
Auteur

Réagir à cet article

Nous avons remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité.

Notre contenu vous est présenté gratuitement à cause de nos annonceurs. Pour continuer à profiter de notre contenu, désactivez votre bloqueur de publicité.

C'est éteint maintenant Comment désactiver mon bloqueur de publicité?

How to disable your ad blocker for our site:

Adblock / Adblock Plus
  • Click on the AdBlock / AdBlock Plus icon on the top right of your browser.
  • Click “Don’t run on pages on this domain.” OR “Enabled on this site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
Firefox Tracking Prevention
  • If you are Private Browsing in Firefox, "Tracking Protection" may casue the adblock notice to show. It can be temporarily disabled by clicking the "shield" icon in the address bar.
  • Close this help box and click "It's off now".
Ghostery
  • Click the Ghostery icon on your browser.
  • In Ghostery versions < 6.0 click “Whitelist site.” in version 6.0 click “Trust site.”
  • Close this help box and click "It's off now".
uBlock / uBlock Origin
  • Click the uBlock / uBlock Origin icon on your browser.
  • Click the “power” button in the menu that appears to whitelist the current website
  • Close this help box and click "It's off now".