Santé publique/Formation

Du rififi dans nos hôpitaux universitaires publics

Publié le 2004-12-30 | Le Nouvelliste

\'\'Le concours d\'admission à la résidence hospitalière aura lieu le 3 janvier prochain et la rentrée se fera d\'ici à la mi-janvier 2005\'\', c\'est qu\'a déclaré, mercredi, sur les ondes d\'une station de radio de la capitale, le Dr Josette Bijou, ministre de la Santé Publique et de la Population. Le ministre de la Santé s\'est inscrit en faux contre ceux-là qui disent avoir identifié l\'existence d\'un conflit entre le MSPP et les résidents des hôpitaux universitaires publics du pays. Le Dr Bijou a signalé que les règlements généraux relatifs à la résidence hospitalière sont clairs : \'\'La résidence hospitalière est une période de formation spécialisée d\'un médecin licencié dans une discipline médicale donnée, sur la base d\'un programme académique défini\". En ce sens, \"des dossiers d\'inscription à la résidence hospitalière seront reçus à la Direction de déveleppement des ressources humaines (DDRH) du ministère\'\'. Ensuite, selon le ministre, un concours sera organisé après que le postulant aura reçu une lettre du MSPP, lequel se fera selon les modalités définies en accord avec la Direction de déveleppement des ressources humaines (DDRH). Dr Bijou à la défensive Dr Bijou dit souhaiter que les gens ne confondent pas stage de formation académique pour les étudiants de la Faculté de Médecine de Port-au-Prince et spécialisation. Dans la même veine, dans un document adressé à la Direction médicale de l\'Hôpital Universitaire Justinien (HUJ) du Cap-Haïtien par des médecins résidents en date du 13 décembre 2004 et dont une copie nous a été acheminée, les signataires dénoncent « les vices de forme » qui, selon eux, caractérisent les décisions du MSPP relatives aux règlements généraux regissant la rentrée en résidence hospitalière. D\'après le contenu de ce document de dix (10) pages dont copie conforme a été adressée à la Présidence, au Premier ministre, au ministre de la Santé publique, à la Direction départementale sanitaire du Nord, au Rectorat de l\'UEH et au décanat de la Faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP) de l\'Université d\'Etat d\'Etat d\'Haïti (UEH), l\'intégration des étudiants issus des facultés de médecine des universités privées dans les hôpitaux publics n\'a pas été faite selon les normes prescrites. \'\'Les dossiers de ces étudiants n\'ont jamais été soumis au Conseil de l\'Université d\'Etat d\'Haïti (CUE) selon l\'article 211. Depuis deux (2) ans, que l\'HUJ accueille de manière irrégulière des étudiants provenant des universités privées UNDH et UNIQ pour leur internat. Il était convenu, pendant ces deux (2) ans, l\'HUJ bénéficierait d\'un appui en intrants en provenance de ces deux (2) universités\'\'. \'\'Je n\'aurais jamais accepté des stagiaires venus de Facultés de Médecine privées à l\'HUEH. Si cela se produisait, la qualité de formation aurait diminué. D\'ailleurs, il y a un nombre de lits que les internes doivent avoir pour leur stage\'\', s\'est défendu le ministre de la Santé qui reconnait que l\'HUEH dit \"Hôpital général\" \"appartient aux étudiants de la Faculté d\'Etat d\'Haïti\". Alexandre : \"L\'HUEH est un droit acquis\" A ce sujet, le Président provisoire de la République, Me Boniface Alexandre, en visite à l\'HUEH pour y distribuer des jouets aux enfants démunis à l\'occasion de la saison des fêtes de Noël et du nouvel An, a affirmé que \"cette institution hospitalière est réservée aux étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Port-au-Prince\'\'. Selon le président provisoire doublé d\'homme de loi, \"cet hôpital est un droit acquis. Donc, personne ne peut l\'enlever des mains des étudiants de la faculté de médecine de l\'UEH\'\'. Par ailleurs, une commission présidée par le Minstre de l\'Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS), Pierre Buteau, a été constituée en vue de plancher sur les problèmes auxquels est confronté l\'HUEH. La date du 31 décembre 2004 a été accordée à ladite commission en vue d\'une décision formelle. Dans le cas contraire, le président, Boniface Alexandre a menacé de prendre les mesures qui s\'imposent en vue de remédier à la situation à l\'Hôpital de l\'Université d\'Etat d\'Haïti. Parallèlement, le torchon brûle entre les résidents de l\'Hôpital Universitaire Justinien (HUJ) du Cap-Haïtien et les chefs et médecins de service. Dans ce dossier, le Ministre de la Santé Publique et de la Population est accusé \'\'d\'esprit partisan dans la gestion du dossier relatif à l\'Université Notre-Dame d\'Haïti (UND\'H) et à l\'Université Quisqueya (UNIQ)\'\' en ce qui a trait à la rentrée des internes à l\'Hôpital Universitaire Justinien du Cap-Haïtien. Dr Josette Bijou a annoncé en début de semaine sur les ondes d\'une station de radio de la capitale qu\'une délégation du ministère s\'est rendue à l\'HUJ du Cap-Haïtien en vue d\'une issue au conflit opposant les résidents aux chefs de service et aux médecins de service. \'\'Les résidents ont fait tout ce qu\'ils peuvent pour saboter la rentrée des internes des facultés de médecine privées prévue pour le 1er octobre 2004. Ils se montrent très impertinents vis-à-vis des chefs de service et des médecins de service\'\', a déploré le ministre de la Santé. Le clou dans la plaie Au début du mois de novembre dernier, les internes de l\'HUJ ont été renvoyés par la Direction médicale de cette institution hospitalière et le chargé de formation, lit-on dans ce document. Pour ce renvoi, sept (7) points conditionnent la rentrée des internes issus des facultés de médecine privées : 1- appui de l\'hôpital en intrants; 2- aménagement d\'un dortoir pour les internes; 3- construction d\'une cafétéria; 4- arrivée des résidents en première année avant les internes; 5- ajustement de salaire des médecins de service; 6- officialisation du statut universitaire de l\'HUJ; 7- logement disponible pour les résidents (l\'un des pavillons qui logeaient les résidents ayant été emporté par les flammes le 22 septembre 2004). De son côté, Dr Frantz Pierre, un résident niveau III à l\'HUEH, a critiqué l\'attitude du ministre de la Santé publique et de la Population vis-à-vis de ses confrères. Selon ce médecin, le ministre n\'a pas pris assez de temps pour résoudre les sérieux problèmes qu\'affronte en particulier l\'HUEH depuis plusieurs mois comme l\'état insalubre de la Morgue, le paiement régulier du personnel médical et l\'implantation des structures adéquates au niveau de certains services. Dr Pierre a fait remarquer que l\'HUEH recevait dans le temps en résidence hospitalière après un concours organisé par la Faculté de Médecine et de la DDRH. Il a précisé que pendant longtemps, les résidents étaient, pour la plupart des médecins, venus d\'une faculté reconnue de l\'étranger notamment de République Dominicaine et du Mexique. Selon les propos du Dr Frantz Pierre, quelle que soit la faculté d\'où les résidents viennent, ils doivent soumettre leurs dossiers à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Port-au-Prince en vue d\'une étude de leur situation. Interrogé par Le Nouvelliste sur le nombre de postes accessibles en résidence hospitalière à l\'HUEH, le résident a estimé que cela dépend du budget du MSPP et que ce nombre de postes est passé de 60 à 100 au cours de cette année. Le résident Pierre a révélé que le ministre de la Santé entendait accorder 20 postes symboliques aux résidents des Facultés de Médecine des universités privées du pays, sans que ces derniers aient passé le concours. Il convient d\'avancer que selon les règlements généraux finalisés en août 1996 par la Commission Nationale de la Résidence Hospitalière (CNRH), l\'année de résidence hospitalière devait commencer le 1er octobre pour prendre fin le 30 septembre de l\'année suivante. La durée de la formation conduisant au certificat de spécialisation est fonction de la discipline considérée, soit 3 à 4 ans. Ce bras de fer opposant les résidents des hôpitaux universitaires publics est un nouvel épisode de cette crise qui a déjà causé du tort à la jeunesse estudiantine. Récemment, des étudiants de la Faculté de médecine de l\'Université Lumière ont dû descendre dans les rues pour réclamer du MSPP la reconnaissance de leur faculté et leur droit à la licence les habilitant à entrer sur le marché du travail, ce qui leur a valu des coups de matraque. \"Le malheur des uns fait le bonheur des autres\" Un nombre très important d\'entre eux ont laissé le pays pour la République Dominicaine afin de poursuivre et parachever leurs études, selon les informations recueillies de sources fiables. Cette situation se produit à un moment où le pays fait face à un besoin criant de professionnels de santé. En effet, selon les dernières statistiques, il n\'y a en Haïti que huit (8) médecins pour cent mille (100.000) habitants contre cent soixante (160) pour cent mille en République Dominicaine et deux cent quatre-vingt-dix (290) pour cent mille à Cuba, pour ne citer que nos plus proches voisins de la Caraïbe. La faculté de médecine de l\'Université d\'Etat d\'Haïti ne reçoit annuellement qu\'une centaine d\'étudiants. Les facultés de médecine privées. Toutefois, ces facultés fonctionnent souvent en dehors des normes régissant la matière. Selon les règlements, une école de médecine doit, entre autres, être reconnue par le MSPP et dotée de son hôpital universitaire répondant au standard international. De plus, l\'article 211 de la Constitution de 1987 en vigueur subordonne le fonctionnement des Universités et écoles supérieures privées à une autorisation émanant du conseil de l\'Université d\'Etat d\'Haïti. Le besoin est là, mais des problèmes d\'odre structurel et légal l\'empêche d\'être satisfait. Le campus de l\'Université de la Fondation Aristide pour la démocratie qui expérimentait un programme de formation de médecins depuis environ trois (3) ans est actuellement occupé par des soldats de la Mission des nations Unies pour la stabilisation d\'Haïti (MINUSTAH). Pour comble de malheur, Haïti fait face à une grande fuite de cerveaux dont des médecins haïtiens vers l\'Amérique du Nord et l\'Europe.
Jobnel Pierre et Samuel Baucicaut Auteur

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