Les grottes d'Haïti entre imaginaires et réalités

PUBLIÉ 2015-11-16
Le Bureau national d’Ethnologie et l’Institut Français en Haïti ont organisé, le mercredi 11 novembre 2015, une exposition de photos baptisée « Les Grottes d’Haïti entre Imaginaires et Réalités ». Cette exposition est le fruit résultant du travail de l’équipe de l’association Hommes des Cavernes qui regroupe en son sein les photographes et spéléologues Carole Devillers, Jean-François Fabriol, Olivier Testa et la commissaire d’exposition Stéphanie Jagou, également vice-présidente de l’association.


Nombreuses ont été les personnes ayant répondu à cette invitation en dépit de la conjoncture de manifestations politiques. Parmi les personnalités présentes se trouvaient M. Jean Mathiott, directeur de l'Institut Français en Haïti ; M. Erol Josué, directeur général du Bureau national d'Ethnologie ; M. Philippe Dodard, directeur de l'ENARTS ; M. Yves Pénel, directeur du Théâtre National ; des représentants du ministère de la Culture et de l'ambassade de France en Haïti. Dans son discours de circonstance, M. Josué a tenu à remercier l'équipe de l'Association Hommes des Cavernes, qui a travaillé à la réalisation de ce projet. Il a également remercié tous ceux qui ont fait le déplacement en dépit des troubles qui ont marqué la journée et les interdictions des ambassades. Selon M. Josué, les grottes sont un pan de l'histoire, elles témoignent du passage de plusieurs cultures qui ont marqué et qui marquent encore l'histoire du pays, notamment les Amérindiens, les Africains. M. Jean Mathiott a annoncé que cette exposition, qui a débuté au siège de l’Unesco à Paris, est également en cours d'exécution à la Martinique, sera reprise dans toutes les Alliances Françaises avant de s’envoler pour le Canada. le responsable du BNE a aussi souligné que cette activité est en parfaite cohérence avec les actions pour sauvegarder le patrimoine matériel et immatériel prônées par l’Unesco et l’Etat Haïtien. Carole Devillers, photographe, souligne l'importance de l'imaginaire contrastant avec la réalité dans son travail. Les grottes en Haïti sont associées au marronnage et ont une place importante dans l’histoire haïtienne. Elles sont des lieux de rencontres, des espaces d’expression de la religion vodou, des trésors géologiques, des précieux témoins du passé et des gardiens des mythes et des traditions. Ce travail sur ces cathédrales de calcaire que sont les grottes met évidence le splendide travail d'orfèvre de l'eau, mais il est surtout un cri d'alarme pour la protection de ce patrimoine en danger dont ces spéléologues se font les ambassadeurs. Lancé en 2009 avec l’expédition spéléologique « Ayiti Toma 2009 », ce programme vise la valorisation du patrimoine souterrain d’Haïti. Il a pour objectif la promotion d'un tourisme responsable dans les grottes situées à proximité du parc Macaya afin d’aider à redynamiser les activités économiques dans les régions reculées d’Haïti. Les découvertes qui ont résulté de ces recherches ont poussé les chercheurs à lancer un programme de valorisation de nos grottes s'articulant autour de cinq axes : Exploration de grottes et évaluation de leur potentiel (touristique, scientifique, archéologique, culturel, naturel, hydrologique) ; Protection et aménagement de grottes ; Sensibilisation des intervenants de la filière touristique et des élus à la problématique du tourisme souterrain ; Formation de guides pour les différentes grottes exploitées actuellement ; Communication sur le potentiel touristique des grottes du pays (expositions, dépliants, photos, livre, site internet). Cette exposition comporte plus d’une vingtaine de photos prises dans cinq départements du pays : les Nippes, le Sud, la Grand-Anse, le Centre et le Nord. Des textes poétiques et historiques complètent la présentation de ces clichés. En exemple, le texte "Ô Grottes" de Clotaire Saint-Natus présente les grottes Marie-Jeanne, d’Acaau, le gouffre Pas perdus Pas trouvés, la grotte Marissa, le Trou Princeton, le Plateau de Formon, le gouffre Séjourné, le grotte Kounoubwa, etc. Cette exposition présente un aspect méconnu d’Haïti au monde. Elle est ouverte au public jusqu'au 30 novembre 2015 dans les locaux du musée du Bureau National d’Ethnologie.

Edine Célestin



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