REGROUPEMENT DÉMOCRATIQUE OU CONSORTIUM OLIGARCHIQUE?...

Publié le 2004-12-28 | lenouvelliste.com

En cas de danger grave et imminent, par exemple, lorsque la souveraineté nationale ou populaire est menacée, l\'appel à l\'unité et la mise en veilleuse des intérêts partisans est une précaution préliminaire visant à sauvegarder les intérêts supérieurs de la nation. Toutefois, les appels pressants à l\'unité, juste à l\'avant-veille de joutes électorales, (partisanes), sans que le but ou l\'ennemi commun ne soit explicité et dénoncé sans équivoque, peuvent être perçus comme l\'ultime recours d\'une logique partisane. Ceci dit, le rideau se lève sur le prochain acte de la tragédie que vit notre pays grâce aux derniers soubresauts constatés chez des ténors de la « classe politique » et des cénacles d\'intérêts notoires. De son djebel respectif, chacun bat le grand tam-tam, appelant ici au rassemblement, là au dialogue/soliloque aux résultats prévisibles, d\'autres à la conjugaison des forces ou à l\'addition des partis politiques, etc. Ce tourbillon ne manque pas d\'air, car cet état de fait interpelle, du coup, observateurs et/ou acteurs avertis à un exercice d\'analyses et de questionnements appropriés en la circonstance. Ainsi, que visent réellement ces appels au peuple et à la nation? 1. Est-ce pour rectifier le jeu flou et ténébreux du tandem Alexandre /Latortue? 2. Est-ce pour censurer ou, le cas échéant, remplacer le Gouvernement Provisoire, apparemment réduit à son seuil d\'incompétence? 3. Est-ce pour exprimer l\'état d\'affolement d\'une certaine « classe politique » face à la terreur qui s\'amplifie? 4. Est-ce l\'expression d\'une impuissance manifeste, face à une population qui boude tout et tous? 5. Est-ce un mouvement « corporatiste, » qui tente de barrer la voie à un agenda étranger, surtout quand il est ouvertement question de renouvellement d\'une certaine « classe politique », ainsi que de la rénovation de la classe oligarchique d\'affaires? 6. Est-ce pour permettre à un « consortium » de gérer ce qui nous reste de transition, dans le sens de ses intérêts électoralistes inavoués? 7. Est-ce alors pour créer un faisceau, afin d\'ameuter les troupes et canaliser en temps opportun les futurs électeurs vers un éventuel candidat de « l\'unité consortiale »? Entre les exigences de plus en plus pressantes de la tutelle et l\'indifférence populaire manifeste, un « consortium » devrait s\'atteler à colmater les brèches, par exemples : a) Il y a la fuite en avant d\'un CEP à couvrir; au départ signalé boiteux, manchot, puis décapité, mais surtout rigoureusement sanctionné par l\'opinion en regard des multiples scandales enregistrés en dedans et en dehors de ses murs. b) Il y a un dialogue national à transformer à tout prix en soliloque national d\'un unique cénacle d\'intérêts, par le biais d\'une « NÉBULEUSE ». c) Il y a le divorce à opérer dans l\'ensemble corrupteur-corrompu, pour ensuite tranquillement pointer du doigt le « fretin corrompu » et mieux voiler le rôle du corrupteur institutionnalisé dans la dynamique du système oligarchique local. S\'il s\'agit d\'un discours salvateur de nation, articulé par un regroupement démocratique, alors qu\'on identifie et dénonce sans ambiguïté l\'ennemi qui oeuvre à la destruction imminente de la nation haïtienne. Par contre, s\'il est une fois de plus question de « duperie magistrale » de la nation, orchestrée par un « consortium » oligarchique, afin de fermer toutes les voies aux secteurs émergents issus des zones interstitielles des masses, il faudrait alors s\'attendre à la mise sur pied d\'une réponse démocratique exemplaire et populaire, face aux velléités monopolistes du « consortium ».
Dr Camille Sylaire Gabriel Nicolas, Ph.D.
Auteur


Réagir à cet article