Riva Precil, artiste faite et fournie

PUBLIÉ 2015-08-25
Carifesta a servi de tremplin à une nouvelle voix de la chanson haïtienne. Riva Nyri Précil, artiste américaine d’origine haïtienne, grâce à une initiative de l’ambassade américaine, a pu se produire sur diverses scènes du pays au cours de cette semaine chargée d’activités.


Calme, simple, l’air délicat et toute menue, Riva est étonnante sur scène. Débordant d’énergie, alliant la danse à la chanson, la jeune fille au corps tatoué ne tient pas en place sur le podium. Sa voix charme, berce, mais aussi garde éveillé son public. Carifesta a ramené à nos portes ce talent qui évolue aux États-Unis depuis un certain temps déjà. Suite à sa première grande performance au Marriott le samedi 22 août, Riva, accompagnée de son groupe, s’est produite au kiosque Occide Jeanty le dimanche 23 août, à l’hôtel Kinam le lundi 24, puis au Palais municipal de Delmas, le jour suivant avant de partir pour Jacmel, faisant ainsi une entrée par la grande porte sur le marché musical haïtien. Bijoutière, peintre, designer, écrivain, chanteuse, Riva, artiste aux mille talents, est née aux États-Unis, d’un père haïtien et d’une mère étrangère. Rentrée en Haïti à l’âge de 5 ans, la jeune fille, qui en a aujourd'hui 26, a passé 10 années au pays. Un séjour qui a marqué son existence. « Ces années font partie des meilleures de ma vie. J’en ai gardé des souvenirs extraordinaires », confie-t-elle. Repartie pour les États-Unis, elle a conservé des effluves de la culture d’Haïti qui transperce d’ailleurs à travers son œuvre. Son premier album « Perle de culture », essentiellement en créole, comporte 16 morceaux, dont 4 chansons originales parmi lesquelles « Se bon » et « Ou fè m ». Sorti en ligne en mars dernier, ce disque sur lequel Riva a bénéficié de la collaboration de Monvelyno comprend majoritairement des reprises de chansons traditionnelles. « Perle de culture » a par la suite été présenté officiellement à SOB’s le 14 août. C’est désormais au tour du grand public haïtien de découvrir le travail de Riva. « Je suis là pour Carifesta par rapport à l’ambassade américaine. Je représente Haïti là-bas. Et quand l’ambassade cherchait une artiste capable de la représenter en Haïti, j’ai été retenue suite à la recommandation d’une organisation culturelle », explique la jeune artiste, qui s’était déjà produite au terroir dans le passé aux côtés du groupe Ram, notamment. Grande admiratrice d’Émerante de Pradine, de Toto Bissainthe et de Lunise Morse, Riva a aussi été influencée par des grandes dames de la musique américaine comme Ella Fritzgerald et Billie Holliday. L’artiste, qui s’introduit comme une chanteuse de world music, refuse de se limiter à un genre musical unique. Dans le cadre de Carifesta, elle a justement joué un peu de tout. « J’ai chanté quelques-unes de mes compositions. Mais j’ai aussi repris des chansons traditionnelles et d’autres morceaux contemporains que j’ai re-arrangé. J’ai par exemple présenté un remix compas-zouk de la chanson Diamond de Rihanna, qui a été bien apprécié », explique la chanteuse, qui espère se produire à nouveau au pays bientôt. Par ailleurs, Riva ne fait pas que de la chanson. Grandissant, elle s’est frottée à l’art sous toutes ses formes. Cours de danse et de chant, camp d’été chez Tiga, autant de choses qui semblaient la prédestiner à une carrière artistique. Actuellement diplômée en musicothérapie (Thérapie qui cherche à utiliser les propriétés supposées de la musique afin d'améliorer la santé mentale et physique d'une personne), elle partage son temps entre plusieurs disciplines du monde artistique. Ainsi, outre sa musique, le public haïtien a pu avoir une idée de ses bijoux faits de perles, de cristal, de fer et d’autres métaux qu’elle dessine et exécute elle-même. Signée « Love, Nyri », cette collection qui porte son second prénom n’est pas encore disponible dans les magasins. Ses pièces ne sont exposées que sur Internet. L’artiste a aussi peint plusieurs tableaux qu’elle compte exposer en Haïti bientôt. Parallèlement, Riva a aussi écrit un livre pour enfant, « Anaelle ak lasirèn », qui devrait sortir en septembre prochain. Cette semaine au pays devrait permettre au public haïtien de faire connaissance avec l’artiste en attendant qu’elle revienne pour d’autres spectacles exclusifs. Ceux qui n’ont pas eu la chance de voir Riva et ses longues tresses virevolter sur scène peuvent apprécier ses trois clips filmés aux États-Unis disponibles sur Internet. Profitant de son séjour au terroir, cette artiste faite et fournie compte d’ailleurs en tourner un autre pendant son séjour à Jacmel.



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