Élections 2015, le gouvernement, le CEP et la PNH se mobilisent ...

A une semaine des élections législatives qui se dérouleront dans le pays le 9 août prochain, tous les violons semblent être accordés pour la réussite de ces joutes électorales. Au thème du 6e Conseil de gouvernement, le locataire de la Primature, accompagné des ministres, du chef de la Police nationale d’Haïti, du président du Conseil électoral provisoire et du président de la CSPJ, a fait le point jeudi soir, à la Primature, sur les décisions qui seront de strictes application.

Publié le 2015-07-31 | lenouvelliste.com

La machine électorale avance. Quelque 5, 8 millions de citoyens haïtiens s’apprêtent à se rendre aux urnes le 9 août prochain pour élire les nouveaux députés et sénateurs de la République d’Haïti. Entre-temps, la majorité des matériels sensibles sont déjà sur le terrain et vont être distribués dans les dix départements du pays sous peu. Le 6e Conseil du gouvernement a été l’occasion pour les différentes structures concernées par les prochaines élections de présenter au grand public les décisions prises par l’État haïtien en vue de favoriser des élections libres, démocratiques et inclusives dans le pays. Le Premier ministre Évans Paul, qui a salué le travail réalisé par son gouvernement et le CEP jusqu’à cette date, croit que les prochaines élections seront une belle « fête démocratique » en vue de renouveler le personnel politique du pays. « En tant qu’Etat et en tant que peuple, nous sommes face à notre responsabilité qui est celle d’organiser des élections libres, inclusives et démocratiques dans le pays, a-t-il dit. Il est donc nécessaire de bien préparer les élections qui vont permettre d’arriver à l’alternance politique au sein du gouvernement. » Il a en outre déclaré que les pouvoirs séviront avec fermeté contre tous ceux qui penseront semer la pagaille le jour du vote. « Des dispositions ont été prises au niveau du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) pour garantir l’impartialité de la PNH dans le cadre du déroulement des élections», a-t-il confié avant d’ajouter que deux numéros de téléphone - 392611 et 441411- seront disponibles à partir du 6 août pour informer la presse de toutes les décisions qui seront prises au niveau du gouvernement. « C’est toute la société qui est mobilisée pour cette bataille des urnes. On doit et on va avoir de nouveaux dirigeants dans le pays à partir de 2016», ajoute le chef du gouvernement. Si le financement des partis politiques s’avère une bonne chose dans la consolidation de l’exercice démocratique, Évans Paul a par ailleurs souligné que cet argent sera gaspillé en raison de la multitude de partis politiques qui doivent le partager. « Le fait de séparer cette somme à tous ces partis politiques, nous n’allons pas ressentir l’effet réel de ce financement, a-t-il expliqué. Nous espérons qu’il y aura d’autres mécanismes qui permettront d’utiliser cet argent de manière plus efficace à l’avenir. » A la demande de certaines candidates, le locataire de la Primature a souligné que chaque candidate au Sénat aura droit à un policier pour sa sécurité. Pour les autres femmes candidates, le numéro « 223911 » sera disponible en cas d’urgence. 5,8 millions d’électeurs sont attendus Le président du CEP, Pierre-Louis Opont, a, quant à lui, déclaré que l’institution électorale est mobilisée. « Tous les bureaux de vote seront ouverts le dimanche 9 août à partir de 6 heures du matin pour recevoir les électeurs, a-t-il dit fièrement pour ceux qui n’y croyaient pas. Nous serons en mesure de recevoir 5, 8 millions d’électeurs en âge de voter pour les élections législatives.» Il a aussi précisé que le CEP entend mobiliser 41 775 membres de bureau de vote, 4 500 superviseurs de bureau et d’autres personnels du CEP le jour du scrutin. La PNH dévoile son plan De son côté, le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Godson Orélus, parle d’une meilleure redistribution de l’effectif de la Police nationale au cours de la période électorale. Plusieurs unités spécialisées qui ont l’habitude d’être présentes exclusivement dans la capitale seront déployées cinq jours avant les élections sur tout le territoire dans le cadre de la mise en œuvre du plan de sécurité de la PNH. « Nous allons renforcer l’effectif des policiers dans les zones qui avaient déjà un nombre réduit de policiers en vue d’assurer l’équilibre des forces de l’ordre sur tout le territoire, a-t-il indiqué. Des patrouilles de la PNH vont sillonner chaque commune et chaque section communale pour assurer la sécurité de la population qui va accomplir ses droits de citoyens. » Les boîtes de nuit seront fermées depuis samedi soir, le port d’arme sera strictement réservé aux policiers en uniforme et il y aura un contrôle minutieux des motocyclettes et des véhicules durant tout le week-end des élections, a dit Godson Orélus. « Nous ne tolérerons non plus aucune manifestation sur la voie publique depuis le vendredi 7 août qui coïncidera avec la clôture officielle de la campagne électorale», a ajouté le chef de la Police nationale d’Haïti. Fermeture de la frontière Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Ariel Henry, a, de son côté, souligné que la frontière sera fermée depuis samedi jusqu’à la fin des élections dimanche soir. Il a également expliqué qu’il allait rencontrer les délégués et les vice-délégués départementaux en vue d’avoir une meilleure coordination avec l’ensemble des institutions étatiques éparpillées dans tout le pays. « La protection civile, le SMCRS, le MTPTC seront également mobilisés avant et après les élections », a-t-il poursuivi. Pour sa part, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Nesmy Manigat, a précisé que toutes les écoles publiques du pays seront mises à la disposition du CEP dans le cadre de cette grande « fête de la démocratie». « Toutes les écoles publiques seront prêtes la vieille et seront à la disposition du CEP jusqu'à la fin de ces élections législatives », a-t-il, indiqué invitant les électeurs à protéger les biens publics, notamment les infrastructures scolaires le jour du scrutin. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Pierre-Richard Casimir, appelle en effet à l'impartialité et à la neutralité de tous les acteurs judiciaires. Il rappelle donc aux commissaires du gouvernement près les tribunaux de première instance de toutes les juridictions de du pays, et aux officiers de police judiciaire (OPJ) que « le devoir d'impartialité et de neutralité » s'impose à tous les acteurs judiciaires impliqués dans le processus électoral, à un niveau ou à un autre; conformément à la Constitution et au décret électoral.


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