Finance

Les modes de paiement en usage en Haïti

Publié le 2015-05-29 | Le Nouvelliste

A côté des billets et des pièces de monnaie, le système national de paiement comprend quatre autres modes de paiement : les chèques, le Système de paiement interbancaire haïtien (SPIH), les cartes bancaires, le paiement via les téléphones mobiles. Chaque mode de paiement comporte ses avantages et inconvénients. Dans une économie fortement dominée par l’informel les billets font la loi. Et l’insécurité aussi. Les agents économiques aimeraient bien voir dématérialiser les modes de paiement. Les Haïtiens manipulent trop de billets de banque, et très mal. Les cartes bancaires locales en circulation se chiffrent à 60 000. Si l’on tient compte que certaines personnes en possèdent deux, voire trois cartes bancaires, en réalité, nous ne disposons que de 35 000 utilisateurs réguliers de cartes. Pour une population de plus de 10 millions d’habitants, le ratio paraît très faible. A jour, le réseau, de POS (Point of sale ou point de vente) ne dépasse pas 3 500 unités sur toute l’étendue du territoire, avons-nous appris auprès de la BRH. En fait, les caisses automatiques sans horaire exigent la gestion de l’argent cash. Un ATM peut paraître simple d’utilisation mais son renflouement exige bien des particularités dont la détérioration rapide des billets. Et l’appareil coûte relativement cher. Le pays n’en dispose pas suffisamment. Le coût d’exploitation d’un ATM peut dépasser de loin celui de mettre un caissier, sans compter le coût d’électricité, de batteries d’inverter, d’UPS… Seuls deux acquéreurs nationaux, la Unibank et la Sogebank, disposent de machines (ATM) et de POS. Un commerçant qui veut disposer d’un POS doit s’adresser à l’un de ces acquéreurs pour signer un contrat. A la différence, cinq institutions sont des émetteurs de cartes bancaires (Unibank, Sogebank, BNC, BUH et Capital Bank). Le POS est indispensable pour lire la carte. Sinon, à quoi ça sert ? En attendant mieux, l’accessibilité de la carte bancaire joue en sa défaveur en Haïti. En Haïti, le chèque est plus accessible que la carte bancaire. Pour cause, le nombre de transactions de chèque en gourdes est passé de 1 872 653 pour l’exercice 2009-2010 pour atteindre 2 millions 466 mille 604 durant l’exercice 2013-2014. La tendance, aussi bien en gourdes ou en dollars, est en constante augmentation, selon les chiffres de la banque des banques. En dépit de la réduction du délai de compensation passant de cinq à deux jours, l’inconvénient majeur demeure le refus de certaines institutions ou certaines personnes d’accepter les chèques. Le SPIH assure un fonctionnement en règlement brut, les opérations sont traitées individuellement, en temps réel, à partir des comptes des banques commerciales auprès de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Le transfert de fonds est rapide (24 heures maximum), sécurisé et autorise de gros montants. Sans compter le coût de transaction est minime (100 gourdes par transaction). La traçabilité est assurée et est d’une grande utilité pour la sécurité. Les téléphones mobiles offrent l’opportunité de bancariser un pays où le taux de bancarisés demeure faible. Cependant, en dépit de la pénétration fulgurante de la téléphonie cellulaire en Haïti (4 millions d’utilisateurs sur 10,5 millions d’habitants) , il semble que la population exprime une sorte de crainte en ce qui a trait à la sécurité de ce moyen de paiement. On a appris que l’infrastructure tarde à se déployer à cause du nombre très restreint de transactions. En raison de l’absence de l’interbancarité et l’interopérabilité, les lois haïtiennes n’autorisent pas plus de 60 000 gourdes de transactions par mois. La banque centrale, par la voix de l’un de ses cadres, Didier Remarais, qui intervenait au quatrième jour (mercredi 27 mai) des rencontres informatives, dit entamer une modernisation du système de paiement depuis 2010 pour, entre autres, promouvoir, mieux réglementer, superviser les systèmes de paiement et aussi pour garantir l’efficacité et la fiabilité des opérations de paiement tout en encourageant les efforts d’inclusion financière. Selon M. Remarais, la BRH multiplie ses efforts pour encourager le développement des systèmes de paiement de masse ou de détail à travers l’interbancarité et l’interopérabilité. Il a affirmé que la mise en place de la plateforme universelle de paiement (Multi-canal visant à offrir la multiplicité des canaux de paiement) est en cours d’exécution.
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