Livres en folie

« L’aveugle m’a ouvert les yeux »

Publié le 2015-05-14 | lenouvelliste.com

Paru dans la collection «Pour la vie » aux Éditions du Canapé-Vert, « L’aveugle m’a ouvert les yeux » de Claude Bernard Sérant est un court récit captivant à l’allure d’un fait divers. L’auteur aime les oxymores. Le titre du livre peut en témoigner. En quelque trente pages, le journaliste nous transporte dans le département de l’Artibonite pour nous conter sa (més)aventure, par un de ces jours de fête populaire où la campagne fait corps avec la ville. L’histoire se déroule entre Verrettes et Port-au-Prince. Le narrateur, dans la peau de Claude Bernard Sérant, est aussi un journaliste qui travaille au quotidien Le Nouvelliste. En septembre 2006, il a été à la fête patronale de la ville de Verrettes. C’est cela le métier de journaliste, courir çà et là, à la recherche d’informations pour ses lecteurs. C’est un véritable chasseur. Et comme il descendait à la rue Sténo Vincent, un besoin pressant de cirer ses chaussures le prend. Il tombe sur un cireur de bottes unijambiste et aveugle de surcroit qui lui a tout nettoyé en un laps de temps, sans salir ses chaussettes. Ébahi devant l’adresse du cireur, il n’a pas pu croire ses yeux. Il se croit dans un rêve. Entre la rédaction d’un article au sujet du cireur de bottes, Balindjo, et son désir de mener une enquête sur ce dernier, il vacille. Toute l’histoire se déroule autour de ce personnage qui n’a de cesse de hanter l’esprit du narrateur. « L’aveugle m’a ouvert les yeux » de Claude Bernard Sérant est un conte assez amusant d’une lecture facile. La langue est simple, sans artifices. Le livre est illustré de quelques dessins (pas de trop bonne qualité) qui portent la signature de Vladimir Joseph. Il manque de finesse dans les illustrations. Outre la difficulté de voir le nom de l’auteur sur la page de couverture, l’objet-livre n’est pas du tout beau. Si, sur la page de couverture, il est marqué, tout petit, juste à l’extrémité droite, Claude Bernard Sérant comme auteur, sur la page de titre, on est surpris de voir qu’il s’agit de quelqu’un d’autre : Claude Bernard Cérant. Toutefois, il s’agit bien d’un récit qui mérite qu’on s’y attarde… Question de voir, d’apprendre à ouvrir ses yeux pour mieux voir.


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