Indubitablement, le nom de Bob Lemoine est une gloire, une gloire pour la Sociétéhaïtienne des soixante dernières années. Par la qualité évidente de ses meilleures œuvres comme par le génie de son être à part, cet homme a su s’élever à la dimension de l’Homme. On sait que beaucoup de prestigieux professionnels n’y parviennent pas. La chance de BL — BL comme il signait ses reportages en direct — réside dans le fait qu’il a su très tôt découvrir et embrasser sa vocation d’immense Etoile de la Radio et de la Communication : il n’avait que 17 ans.
Dix-sept ans ! L’âme était absolument bien née et ses actions — ou ses initiatives — crevaient déjà le plafond. De remarquables ténors de la radiodiffusion, fortement éblouis par la fulgurance de ses talents, firent immédiatement appel à ses services pour habiller les ondes de RADIO HAITI, la quelle s’imposait comme une institution nationale par la tenue de ses productions intellectuelles et/ou médiatiques. Plus tard, notre gloire du micro allait se révéler un incroyable polyvalent dans le monde des medias.
Toujours, Bob Lemoine a apporté la vie vibrante, la force et le goût de vivre,l’esprit et la générosité, la beauté et le sens de l’esthétique, la créativité et l’originalité à un public qu’il a sans cesse fasciné.
Incommensurable vocation de la radio, vocation faite de passion quasi volcanique, BL aimait son travail dans tous ses aspects, même quand il aura connu des moments d’intenses frustrations. Tandis qu’il respirait l’art et ses innombrables richesses, il portait dans son cœur et l’Haïti aussi têtue que l’Absolu et l’essence de ce peuple qui a le sens inné de l’arc-en-ciel et de la grandeur.
… … Bonjour Bob, mon frère et mon confrère ! Tes restes soi-disant mortelles s’en vont vers la terre nourricière, mais la sempiternelle fécondité de ton esprit, qui avait atteint le niveau du symbole, continuera à influer puissamment sur quelques antennes radio a l’heure où ton pays charnellement aimé vit sa plus longue et sa plus grande saison de déchéance et de pourrissement. Ton sens de l’idéal ne peut s’éteindre ni s’en aller avec ‘’ta mort’’.
Ta voix parle encore
Ta voix retentit encore comme une victoire sur tout ce qui est contraire à ce pour quoi tu as lutté jusqu’au bout. Ta voix est une voie pour ceux qui possèdent la vertu de voir au-delà de l’apparence. Ta voix est une Radio qui ne s’éteindra pas. Ta voix parle à tous les journalistes qui ont le sens de la vie et de l’esprit, le sens du social et du national, le sens de l’art et de la technique de la communication médiatique. Ta voix parle au futur cinéma haïtien, aux acteurs de théâtre dont le cœur bat encore, aux artistes morts ou vivants auxquels ton professionnalisme a rendu de sérieux services. Ta voix… était sur CARAIBES FM (le 9 mars au matin) grâce au sens radio de toute une équipe d’animateurs et/ou de journalistes qui a voulu faire vivre — ou revivre — la quintessence de ta polyvalence et de ta puissance créatrice…
Merci à tous ceux-là et, particulièrement, à notre bien-aimé cousin Serge Pierre-Louis dont la mémoire quasi-prodigieuse a tourné pour les auditeurs de nombreuses du passé. Bob Lemoine le méritait fort bien : il avait eu la noblesse de servir passionnément et fidèlement la noblesse d’une quantité d’arts et de valeurs sociales, nationales, universelles humaines et spirituelles.
Ta voix parle, quoi qu’il arrive. Elle continuera à parler même si la Radio que tu as portée sur tes épaules,et d’autres héritières de l’ancienne école radiophonique, semblent un peu taciturnes devant l’événement renversant et catastrophique de ton départ... Tu avais offert ta voix à la bonne cause : elle demeurera comme l’école du symbole, fécondatrice et inspiratrice.
Une conjonction de talents…
Incomparable Animateur et Speaker ; Présentateurtélé crevant les écrans ; transcendant Maitre de cérémonie des moments historiques ; Reporter vedette qui remplit l’espace, les ondes et les auditeurs ; Journaliste impressionnant qui réunit dans sa polyvalence : le rédacteur, le reporter, l’éditorialiste, le présentateur d’informations ; génial Directeur de Programme ; Acteur de théâtre et de cinéma ; critique de cinéma ; peintre et dessinateur ; Cinéaste pionnier ( à l’instar de Raphaël Stines et de Claude Mancuso) avec trois films ; Créateur de feuilletons audiovisuels ; photographe remarquable ; Créateur de spots publicitaires à succès ; dirigeant d’une maison de productions audiovisuelles (CLAIRIMAGE) ; écrivain, dramaturge et poète… , Bob Lemoine représente à lui seul la conjonction étonnante d’une somme de talents et de capacités humaines rares, voire rarissimes
A la disparition de la célèbre actrice Romy Schneider, nous avons dit qu’il est des êtres pour lesquels il ne faudrait écrire qu’avec l’encre de Chine. De même, il faut croire qu’il est des hommes dont la réalité profonde, multiple et riche ne devrait être rendue qu’avec l’écriture abondante — ou prolifique —d’un livre bien ficelé, bien inspiré et bien pensé.
Bob Lemoine s’est fait une place dans notre corps social en s’imposant à la fois comme un homme de pensée vive et au cœur d’une profondeur insoupçonnée. Les exceptionnelles qualités de son être ont largement contribué à la réussite et au caractère achevé de ses œuvres les plus appréciées.
Le miracle d’ ‘’Apollo onze’’
A 37 ans, il réalisa, conjointement avec le journaliste Jean Dominique, le prodigieux reportage sur la dernière phase du voyage des astronautes américains sur la Lune (1969). Les innombrables auditeurs d’alors ont été largement comblés par une kyrielle d’explications et de détails techniques que les deux célèbres hommes de radio avaient pu donner, particulièrement ? l’heure ou le le module lunaire allait alunir. Attention ! ce ’’ verbe ‘’ n’était pas encore accepté par les immortels de l’Académie française.
Tout le public haïtien a été tenu en haleine en suivant l’événement minute après minute.
La danse de Mariela
Au début des années 70, avec l’escalade d’un des deux pilônnes de ‘’Sans Fil’’ (ancienne antenne d’un centre télégraphique) par la fillette Mariela en pleine soirée… , Bob démontra, par son reportage époustouflant, comme un chevalier du verbe, grand reporter de son état, a pu rendre compte d’une histoire fantastique qui tenait autant du merveilleux que du mystérieux. BL, homme de culture en pleine possession de ses moyens a décrit alors les mouvements et l’action de la si jeune possédée… Eh,oui ! Mariela toute seule n’aurait pas pu être l’actrice d’une telle escalade et de si périlleuses exhibitions au sommet de ‘’ Sans Fil’’ (le pilônne de cent mètres environ !) si elle n’avait été l’objet — ou le sujet! — d une ‘’prise de possession’’ de la part d’un esprit quelconque … peu importe sa nature.
Pour faire vivre tout cela pendant de longues heures, il fallait le verbe, l’énergie, la perspicacité exemplaire,les connaissances en communication, mais surtout la maestria d’un Bob Lemoine,alors âgé de 40 ans, et qui pétillait comme du bon champagne et qui s’enivrait de l’accouchement de son œuvre hautement journalistique. Savez-vous pourquoi ?C’est que l’artiste passionné des expressions justes, n’avait jamais quitté la psychologie ou le mental du journaliste en action.
Cet homme était toute une Radio.
Cet homme était, à lui seul,toute une Radio. Il le savait et cela transpirait fort clairement à travers toute sa personnalité, toutes ses productions, toutes ses relations. Le jour où la Radio recommencerait à produire aussi valablement qu’à la fin des années 50, dans les années 60, dans les années70 et au début des années 80, il faudra orchestrer un hommage spectaculaire et historique au nom de Bob Lemoine qui a pratiqué l’art de la radio avec la pleine conscience que celle-ci est le prolongement de notre vie.
Il nous aura tous enrichis de son être, de sa vie, de sa flamme, de ses feux, de son enthousiasme,de sa passion,de ses nombreux talents connus et inconnus, du sourire qui accompagnait son verbe ou sa parole radio, de sa noblesse d’âme, de sa noblesse d’homme, de son amour patriotique, de sa psychologie de la grandeur, du luxe de sa générosité et/ou de sa créativité, de ses images personnelles et de son regard magique de communicateur en transe.
Au nom de mon amour indéfectible pour la Radio, pour la Communication et la Culture, je remercie un Mapou de la Radio : Herby (Herbert !) WIDMAIER (P.D.G. de RADDIO METROPOLE) et un Symbole extraordinaire de la vision technique : Roland DUPOUX — ingénieur de son état — qui avaient formé une équipe avec Robert Victor LEMOINE… Bob Lemoine !!
En même temps que le très prestigieux ingénieur Fritz JOASSIN, grand pape des Télécommunications, notre Etoile BL avait été choisie comme parrain de la vente ?signature du livre RADIOGRAPHIE DE LA RADIO, qui avait eu lieu en octobre 2003 à l’auditorium de CARAIBES FM à la ruelle Chavannes à Port-au-Prince. Empêché ( il vivait à New York), il a été extraordinairement représenté — pardon ! remplacé—par sa fille au talent pétillant, Alessandra Lemoine.
‘’Ti rat pa fèt san ke ! ‘’
Merci Bob ! tu es incontestablement un privilégié de la lumière.
Jean Claude D. CHERY
Ancien collaborateur de BL à l’émission ‘’Quand Port-au-Prince bouge’’, à Radio METROPOLE entre 1975 et 1979, et ancien assistant du Réalisateur entre1976 et 1978.
Bob Lemoine : une Gloire de la société
Indubitablement, le nom de Bob Lemoine est une gloire, une gloire pour la Sociétéhaïtienne des soixante dernières années.