Kiko St-Rémy symbolise le secteur mafieux en Haïti, selon Pierre Espérance

Publié le 2014-11-20 | lenouvelliste.com

La présence du beau-frère du président de la République, Charles St-Rémy, dans la manifestation antigouvernementale du 18 novembre n'en finit pas de susciter des remous. Cette apparition ponctuée de déclarations accablantes contre le Premier ministre Laurent Lamothe n'a laissé personne, encore moins le directeur exécutif du RNDDH, indifférent. Si certains voient dans cette sortie une belle opportunité pour l'opposition, Pierre Espérance n'est pourtant pas de cet avis. Le défenseur des droits humains invite les manifestants à faire preuve de prudence. «Si l'opposition est dans les rues pour dénoncer les dérives du pouvoir en place et exiger la libération des prisonniers politiques, elle doit se démarquer des dealers de drogue et des kidnappeurs», a-t-il lancé tout de go sur Radio Magik 9 jeudi. Pour Pierre Espérance, Charles St-Rémy, mieux connu sous le sobriquet de Kiko, «symbolise le secteur mafieux en Haïti». Cela, Pierre Espérance dit prendre la responsabilité de l'affirmer. Le secrétaire exécutif du Réseau national de défense des droits de l'homme n'a pas manqué d'attirer l'attention sur les connexions existant entre le beau-frère du chef de l'Etat et «Baz Galil» dont l'un des commandants, Woodly Ethéart, alias Sonson Lafamila, se trouve en prison à Croix-des-Bouquets. «Dans les efforts de la police en vue de démanteler le groupe "Baz Galil", on s'est rendu compte qu'il en est l'un des alliés», a confié Pierre Espérance. Sonson Lafamilia et Kiko St-Rémy dirigeaient collectivement un restaurant, a poursuivi M. Espérance. Selon Pierre Espérance, le frère de la première dame aurait fait les déclarations du 18 novembre parce qu'il se sent paniqué suite à l'arrestation de l'ancien commissaire de police Télémaque Claude, qui était responsable du commissariat de Léogâne. « L'arrestation la semaine dernière du commissaire Télémaque constitue la dernière goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Il craint que l'ex-haut gradé de la police puisse livrer des informations susceptibles de le faire tomber dans les filets de la justice», a déclaré M. Espérance soulignant que Kiko aurait lui-même usé de son influence pour porter Télémaque Claude, sorti en juillet de la dernière promotion des commissaires, à la tête du commissariat de Léogâne. «Avec la bénédiction des plus hautes autorités de l'Etat, il aurait placé depuis ces trois dernières années, des gens, pour mieux gérer ses intérêts, dans des postes stratégiques dans les frontières et les ports d'Haïti», a avancé le directeur exécutif du RNDDH. Selon le défenseur des droits de l'homme, Charles St-Rémy aurait dû comparaître mercredi dernier devant le juge Sonel Jean-François en charge du dossier Sonson Lafamilia. Pierre Espérance dénonce le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince qui n'avait pas facilité cette tâche. « Une source au parquet m'a informé que le juge Sonel Jean François voulait entendre Kiko à titre de témoin. Ce qui légalement devait passer par le parquet », avance Pierre Espérance déplorant que le commissaire du gouvernement Kherson Charles Darius n'avait donné aucune suite à la requête du juge. Aujourd'hui, en participant aux manifestations de l'opposition, il recherche la sympathie de l'opposition, soutient Pierre Espérance. Kiko St-Rémy a critiqué le Premier ministre Laurent Lamothe qui, selon lui, est en train de mettre à exécution «un plan macabre». Il l'a accusé «d'isntrumentaliser le pouvoir judiciaire», d'éliminer des «compétiteurs», des «opérateurs» et des «militants».


Réagir à cet article