Grand’Anse

Le FDI-Haïti en tournée de promotion

En tournée de promotion et d’information à travers le pays, des représentants du Fonds de développement industriel (FDI), une institution de financement de la Banque de la République d’Haïti (BRH), a rencontré ce week-end des entrepreneurs grand’anselais. Ceux-ci ont été invités à élargir leurs visions entrepreneuriales pour bénéficier de l’aide financière de l’institution bancaire.

Publié le 2014-04-28 | lenouvelliste.com

Dans le cadre d’une tournée nationale et sur l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie de la Grand’Anse (CCIGA), deux représentants du Fonds de développement industriel (FDI) ont rencontré, ce vendredi 25 avril, au Complexe administratif de Jérémie, des entrepreneurs de la région. Serge Merger et Pierre Charles Lubin, respectivement président et directeur des opérations du FDI, ont entretenu les hommes et les femmes d’affaires, constituant l’essentiel de leur auditoire, sur les modalités de voir l’institution accompagner leurs projets et consolider leur investissement initial. Un soutien financier qui a pour finalité d’aider ces investisseurs à agrandir leurs entreprises et conséquemment à générer plus de profits. Préalablement à ces échanges, par la projection d’un documentaire, le public avait commencé à comprendre que le FDI, cet instrument de la Banque de la République d’Haïti (BRH), vise la création de richesse, le développement de l’entrepreneuriat et de l'industrie, par un appui financier, toutefois, à des entreprises, malgré leur diversité, assez spécifiques. En effet, l’appui du FDI va de la boulangerie en assant par la fabrique de blocs, l’atelier de mécanique ajustage, l’atelier de haute couture, pour arriver à l’hôtellerie. Le dénominateur commun de toutes ces entreprises pour porter le FDI au prime abord à les retenir dans son agenda pour l’octroi d’un prêt : « leurs productions ne doivent être, en aucune façon, préjudiciables à l’environnement. En outre, le FDI n’investit pas dans le commerce proprement dit », précisera plus tard le président de l’institution. Parmi les témoignages vantant le mérite de cette banque de financement, celui du député Cholzer Chancy, qui se trouve derrière le projet du Village d’Ennery, a paru, entre autres, assez illustratif. Selon ce dernier, en effet, « là où beaucoup d’institutions de prêt se sont montrés au départ sceptiques et peu enclins à supporter mon projet, le FDI, lui, y a cru, et le Village d’Ennery n’aurait pu s’ériger sans le soutien financier complémentaire du FDI ». Toutefois, par la suite, à travers les propos non déguisés de Serge Merger, président du FDI, et du directeur des opérations, Pierre Charles Lubin, les investisseurs grand’anselais ont compris la nécessité de conformer leurs entreprises aux normes standardisées. « Il faut au moins être capable de fournir un minimum d’informations sur la gestion de l’entreprise, tels le chiffre d’affaires des deux ou trois dernières années, la soumission d’un état financier, pour pouvoir solliciter le prêt et éventuellement en bénéficier, après un intervalle d’environ quinze jours », a confié M. Merger. Implicitement, l’homme de finances a attiré l’attention de l’assistance sur le manque de vision de trop d’entrepreneurs du pays qui se satisfont de peu, préférant une gestion exclusivement personnelle à l’association de différentes compétences. Statuant que, dès lors, « la taille réduite des entreprises pose problème », le président du FDI a donc invité son auditoire « à élargir sa vision entrepreneuriale, à changer de statut juridique, en fait, à adopter celui de société anonyme ou de société des actions ». Le président de la CCIGA, François Chavenet, en marge de cette présentation, dit partager cette dernière vision soulignée par le représentant du FDI. Pour lui, « cette visite tombe à propos, car trois jours auparavant, la CCIGA a lancé son étude des opportunités économiques de la Grand’Anse avec un groupe d’économistes de l’Université Quisqueya (UNIQ) ». « Une étude, a-t-il poursuivi, qui sera supervisée par un éminent haïtien, lui aussi économiste, dont je tairai le nom pour l’instant… ». De l’avis de ce passionné qui dit rêver grand pour la Grand’Anse, « le FDI est en train d’identifier les opportunités bancables du département et souhaite rencontrer les gens qui ont la vision et le leadership ». Loin de faire objection au choix du FDI de ne pas investir dans le commerce, ni dans les activités préjudiciables à l’environnement, Chavenet estime plutôt cet « aspect capital, car entrant en droite ligne avec les aspirations illustrées dans le projet de développement régional intégré de la CCIGA ». « Il y avait ce soir, un côté didactique et informationnel, à mon avis, pour les participants », a-t-il par ailleurs souligné. Il croit aussi que « deux grosses opportunités d’affaires ont été identifiées et vont rapidement faire l’objet de suivi. Le message que nous devons créer dans la Grand’Anse des sociétés et associations fortes est également passé », a conclu François Chavenet, satisfait. Satisfaction qu’il a exprimée le lendemain, au cours d’une conférence prononcée à l’Alliance française de Jérémie, sous le thème:" Développement économique de la Grand’Anse, le rôle de l'homme". Le président de la CCIGA a tenté de stimuler la poignée de jeunes qui avait osés faire le déplacement sous le ciel menaçant. Serge Merger de la FDI, pour sa part, a profité de l’opportunité pour expliquer que « les critères qui gouvernent l’institution qu’il préside facilite l'encadrement des jeunes et que ces derniers peuvent prendre plus de risques que les banques commerciales ». Il leur a aussi indiqué qu'ils ont les meilleurs taux du marché, qu'un service conseil et d’encadrement est disponible. En somme, suite à unevisite de prospection et d’information du FDI, la CCIGA espère annoncer sous peu le financement de quelques projets par l’institution bancaire dans la production cacaoyère, l'hôtellerie et les agrégats pour la construction.
jyvon21@gmail.com-Yvon Janvier
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