Un pas vers le journalisme scientifique en Haïti

La direction des études post-graduées du rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti a accueilli, mardi 15 avril, le lancement officiel du Collectif haïtien des journalistes scientifiques et d’investigation (COHAJSCI) dont l’objectif vise à promouvoir, vulgariser et diffuser les activités de scientifiques.

Publié le 2014-04-25 | lenouvelliste.com

En Haïti, le penchant pour les sciences dures et la technologie est loin d’être une priorité. Quand ce ne sont pas les scientifiques qui manquent, c’est un véritable casse-tête pour des professionnels de la presse à pouvoir expliquer sciemment les phénomènes scientifiques. Le coordonnateur du Collectif haïtien des journalistes scientifiques et d’investigation, Wesner Désir, se veut confiant et promet de remonter la pente en promouvant une nouvelle filière de compétence vers l’exercice du métier de journalisme en Haïti. Dans la foulée, il explique que la presse nécessite des journalistes professionnels pouvant aborder les domaines scientifiques avec perspicacité. L’un des principaux objectifs, dit-il, est d’établir et de renforcer la courroie de transmission d’informations entre la communauté scientifique et le reste du corps social comme facteur nécessaire au développement général de la société. Pour inciter les journalistes à la production des articles et reportages scientifiques, il souligne que le collectif prévoit de former les journalistes sur les techniques de rédaction d’articles scientifiques et d’instituer pas mal de prix. A en croire M. Désir, le prix Gasner Raymond sera décerné pour les meilleures enquêtes journalistiques, le prix Georges Sylvain pour les meilleurs reportages scientifiques et le prix Félix Darfour pour les meilleurs documentaires. Pour sa part, le recteur de l’Université d’Etat d’Haïti estime que le journalisme scientifique s’avère plus qu’important pour le métier de la communication en Haïti. Le numéro un du rectorat de l’UEH se dit conscient du désintéressement du secteur universitaire pour les activités scientifiques. « Nous sommes plutôt tournés vers tout ce qui est littérature, sciences humaines et sociales, dit-il. Tandis que le volet des sciences dures est mis de coté ». C’est le même constat pour le vice-recteur à la recherche de l’UEH, Fritz Deshommes, qui est également le président de Association haïtienne pour l’avancement de la science et de la technologie (AHST). « L’Etat n’a aucune politique scientifique et technologique. Il n’a pas non plus d'institutions publiques qui investissent dans ces domaines. » Toutefois, M. Deshommes croit que le collectif va inciter les chercheurs à la production et orienter le métier de journaliste vers la production d'articles et de reportages scientifiques. « Cela, explique t-il, permettra aux journalistes de mieux aborder les sujets scientifiques et à la population de se passer des politiques qui ne font qu’enfoncer le pays dans le bourbier. »


Réagir à cet article