Sa vie
Le 25 mai 1887, à Pietrelcina, pauvre petite bourgade de la province de Bénévent, ville d’Italie, non loin de Naples, naquit Francesco Forgione. Il est le quatrième des 8 enfants d’une modeste famille de paysans Grazio Forgione et Maria Guiseppa de Nunzio. Sa mère, Maria Guiseppa, lui donna le nom de Francesco, en hommage à saint François d’Assise pour lequel elle éprouvait une grande dévotion. Grazio, le père, pour subvenir aux besoins de sa famille, s’expatria en deux (2) occasions d’abord en Amérique du Nord (New York) et puis en Amérique du Sud (Buenos Aires) sans jamais réussir à y faire fortune.
Le lendemain de sa naissance, il a été baptisé. De santé faible, souffreteux, Francesco se tenait, la plupart du temps, à l’écart de ses camarades. Il participait rarement à leurs jeux. Pour aider ses parents, il menait paître, chaque jour, les brebis de la famille sur les collines rocailleuses des environs.
A douze (12) ans, il fit sa première communion et sa confirmation. Un matin que sa mère travaillait aux champs, on frappa à la porte. Devant lui se tenait un frère-quêteur, capucin à la longue barbe venu pour demander l’aumône pour les novices du couvent voisin. Tout ému, l’enfant lui donna, sans réfléchir, le peu d’économies de la famille. Au retour de sa mère, Francesco le lui avouera d’une voix tremblante, ajoutant : Plus tard, je voudrais moi aussi devenir frère capucin avec une longue barbe ! »
Ses parents ne cherchaient point à contrarier les desseins de ce garçon. Au contraire, ils se priveront de tout pour lui payer des leçons afin de permettre à Francesco d’entrer au séminaire. Enfant plutôt timide, de nature introvertie, peu expansif, voire renfermé, le jeune Francesco ne recherchait pour distraction que la prière, la méditation et l’observation de la nature. Dès le plus jeune âge, sa vie intérieure se peuplait de visions surnaturelles. Il lui arrivait de voir la Vierge Marie, conversant avec l’enfant Jésus et avec son ange gardien.
Ses nuits étaient très tourmentées. Sans cesse, il était assailli par les démons de l’enfer et le petit Francesco se battait contre eux, en hurlant dès que sa mère avait soufflé la bougie et qu’il se trouvait dans le noir. Les coups que le démon lui assenait avaient commencé dès l’âge de 4 ans. C’était un tourment tel que le pauvre enfant ne pouvait pas dormir, il pleurait et aussitôt que sa mère rallumait la lampe, le prince des ténèbres disparaissait. Le père de Francesco, Grazio, n’était au courant de rien et les cris de l’enfant lui tapaient sur les nerfs. Il poussait des cris si assourdissants qu’il menaçait un jour de le jeter par la fenêtre s’il ne se calmait pas. Il n’était pas loin de penser que Francesco venait tout droit de l’enfer. Sa maman avait répondu : « Nous l’élèverons pour expier nos péchés. » Elle ne croyait pas si bien dire …
A l’âge de quinze (15) ans, le 6 janvier 1903, son vœu est exaucé, grâce à un oncle archiprêtre et au curé du village qui avait remarqué sa profonde dévotion et la sincérité de sa foi, il rentra au noviciat de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins à Morcone. Le 22 janvier 1903, il revêtit l’habit franciscain et prit le nom de frère Pio en hommage au pape Pie V. De 1904 à 1906, Francesco Fiorgione compléta ses études secondaires et de philosophie au couvent San Elia à Pianisi. En attendant de prononcer ses vœux solennels, il a entendu le demon, qu’il s’est donné pour mission de combattre, frapper à sa porte.
En effet, en prière et agenouillé dans sa cellule, il entendait un grand vacarme provenant de la cellule voisine, celle de frère Anastase. Il s’est levé aussitôt pour porter secours à son camarade qu’il croyait dans le besoin. Un énorme chien noir bondit sur lui. Surpris par cette agression, Francesco Pio ne doutait un seul instant de la véritable identité de l’animal : Satan. Tremblant de peur, il a poussé de grands cris avant de tomber dans l’inconscience. Lorsque ses frères capucins alertés le trouvèrent inanimé sur le sol de sa cellule, ils ressentirent une odeur âcre de soufre et voyèrent avec surprise la rore de bure (grossière étoffe de laine brune servant de vêtement pour les moines) de frère Pio déchiquetée en plusieurs endroits.
Selon certains biographes, de la gueule de l’animal, ouverte, on voyait jaillir de longues flammes nauséabondes et des bruits provenant de son estomac se faisaient entendre. Ces derniers ont été entrecoupés de râles.
Une fois achevée l’année du noviciat, il fit profession des vœux simples et, le 27 janvier 1907, les vœux solennels au couvent de San-Elia. Il ira étudier la théologie à Serva-Capriola et à Montefresco. Le 19 décembre 1908, il reçoit les quatre (4) ordres mineurs dans la cathédrale de Bénévent. Deux (2) jours plus tard, le sous-diaconat. La fin de ses études a été à plusieurs fois interrompue en raison de sa santé chancelante. Il se mortifiait, jeûnait continuellement. Terrassé par de terribles quintes de toux, des accès de fièvre, des évanouissements prolongés, de forts troubles de la vue laissant présager une prochaine cécité, Frère Pio fut envoyé à Naples par ses supérieurs pour se faire examiner par le professeur Cardarelli qui ne lui donna que quelques jours à vivre.
Afin qu’il meure en paix, son provincial le conduira au couvent de Venafro. Là, une extraordinaire expérience spirituelle viendra illuminer et bouleverser la routine de sa vie simple et pieuse. Sans que ses camarades où les capucins s’étonnent, Francesco va jeûner durant quarante (40) jours, sans négliger pour autant ses devoirs religieux et ses études.
Il continua à prier avec la même ferveur admirable et ses méditations se prolongeaient fort tard dans la nuit. Durant vingt et un (21) jours, son corps rejettera toute nourriture ne gardant que l’hostie de l’eucharistie du matin. Dans une vision extatique lui sera apparu le panorama complet de sa vie future avec ses souffrances, ses tribulations et ses immenses joies.
Considéré comme moribond, il supplia ses supérieurs de lui permettre de mourir prêtre, en obtenant pour lui les dispenses nécessaires. Grelottant de fièvre, Francesco passa rapidement l’examen théologique. Le 10 août 1910, en présence de sa mère, il fut ordonné prêtre dans la cathédrale de Bénévent, prenant définitivement le nom de Padre Pio de Pietrelcina.
Cette cérémonie d’ordination transfigura le jeune prêtre malingre, souffreteux. Dans une lettre, il a laissé le témoignage de ce qu’a été pour lui ce jour béni : « Comme j’étais heureux ce jour-là, mon cœur était brûlant d’amour pour Jésus. J’ai commencé à goûter le paradis. » Soldat de Dieu, il fera ses débuts en célébrant sa première messe le lendemain de son ordination, 11 août, à l’église Santa Anna à Piétrelcina, la modeste bourgage qui l’a vu naître. Le bourg l’accueillit avec joie et émotion.
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Mission sacerdotale de Padre Pio
Francesco Forgione dit Padre Pio
Sa vie Le 25 mai 1887, à Pietrelcina, pauvre petite bourgade de la province de Bénévent, ville d’Italie, non loin de Naples, naquit Francesco Forgione.