Appel aux républicains authentiques

Pierre Robert Auguste
20 nov. 2013 — Lecture : 2 min.
Par Pierre Robert Auguste Les républicains authentiques ne peuvent se croiser les bras devant la menace de guerres fratricides, de destruction des institutions, de retour aux pratiques pyromaniaques et à la violence armée comme méthode de lutte politique. Il est temps pour eux de se regrouper en congrès, de proposer à la Nation des voies pour sortir de la crise politique et redéfinir le rôle qu’il convient de sceller dans un pacte consensuel de gouvernabilité, de l’exercice du pouvoir gouvernemental et de l’opposition démocratique, de la coopération internationale avec Haïti, des organisations populaires dans la société. Des débats sereins s’avèrent nécessaires pour évacuer les contentieux historiques comme la question de couleur, la responsabilité des classes sociales, les inégalités économiques, l’insertion des partis politiques dans la cogestion de l’État, la collaboration entre les institutions de l’État, leur réforme structurelle pour consolider le régime républicain, le respect des valeurs démocratiques, l’utilité du vote populaire comme instrument du changement, etc. Au moment où le monde s’oriente vers la quatrième génération des droits de l’homme, nous ne pouvons laisser notre pays rétrograder dans des pratiques de négation de l’humanité, méprisant la vie, les propriétés des autres, attribuant à la violence la prééminence sur le droit, les institutions. Nous ne pouvons laisser l’extrémisme transformer la société politique en foule. Comme le dit Gustave Lebon, un groupe humain se transforme en foule lorsqu’il devient sensible à la suggestion et non au raisonnement, à l’image et non à l’idée, à l’affirmation et non à la preuve, à la répétition et non à l’argumentation, au prestige et non à la compétence. Au sein de la foule, une croyance se répand non point par persuasion mais par contagion. Or, la nation est exposée à la dictature de la foule, sous l’impulsion de la déraison criminelle. Partout où l’histoire repère cette anomalie, le chaos s’enracine, le progrès s’enlise, les misères s’accroissent, la société dépérit. Faut-il encore joncher les rues de cadavres fumants ou ensanglantés, de maisons incendiées pour rechercher au travers d’un dialogue structuré le consensus comme remède à nos maux( ?). Voilà la pressante interrogation qui nous interpelle, nous les républicains authentiques, pour que malgré nos divergences acceptables, nous donnions, dans la lignée de la geste du 18 novembre 1803, naissance à cette NOUVELLE SOCIETE, ce NOUVEL ETAT, cette NOUVELLE NATION sur la base des valeurs républicaines et sous l’empire de la primauté de la morale dans les affaires politiques.