Les vertus de la non-tenue des élections

Garoute Blanc Aujourd’hui ne pas jouer le jeu de la corruption, c’est pire que tout…Il faudrait être fou pour ne pas vouloir être un vendu.

Le Nouvelliste
28 nov. 2013 — Lecture : 13 min.
Garoute Blanc Aujourd’hui ne pas jouer le jeu de la corruption, c’est pire que tout…Il faudrait être fou pour ne pas vouloir être un vendu. Nabe En n’organisant pas d’élections, ou en organisant une parodie d’élections sénatoriales et locales, le 26 janvier 2014 - ce qui revient au même - dans la perspective d’un pouvoir absolu, pour être certain de se succéder à lui-même ou par personne interposée, le président Martelly pense pouvoir réussir là où d’autres ont échoué…piteusement. Sauf qu’il est sur une ligne de crête, de quelque côté qu’il bascule, il est perdu. S’il persiste dans son autisme et son délire autoritaire, il connaîtra le même sort que ses prédécesseurs et s’en ira plus vite, bien avant le terme de son mandat, retrouver son univers d’excentricités et de trivialités, comme naguère, derrière son keyboard, s’empressent de dire les opposants, tout contents de la tournure des évènements : ces professionnels du ôte-toi-que-je-m’y-mette ; peut-être même, effectivement, ces « voleurs de poules, de cabris et de boeufs » ; ceux qui se sont découvert une vocation, depuis l’élection du chanteur à la première magistrature du pays, et qui se disent dans leur for intérieur : moi aussi, pourquoi pas moi? se voyant déjà tous à sa place, pour…en faire tout autant. La vie politique haïtienne n’est que cela : se débarrasser de celui qui cristallise les frustrations, tout en laissant intact la machine qui produit de tels résultats. S’attaquer aux conséquences, jamais aux causes, car tous s’accommodent du système et y trouvent, in fine, leur compte. Aucune leçon tirée du passé, aucun bilan produit, aucune autocritique sérieuse, et cela ne semble choquer aucun de ces crétins qui aujourd’hui excrètent celui justement à qu’ils ont permis d’accéder à la présidence. Le départ de Martelly, maintenant réclamé, réconciliera…pour un temps, toujours très court, d’ailleurs, la communauté des prétendants qui voient en lui le responsable des désordres, des dégâts et de nos malheurs. Est érigé en paradigme indépassable depuis au moins 1986 le mécanisme sacrificiel du bouc émissaire, avant d’en faire paradoxalement…un dieu, suivant la logique du philosophe René Girard. Le mal est cependant bien plus profond que cela. Il est, par conséquent, grand temps de changer de logiciel et de procéder autrement. Chacun, en effet, devrait reconnaître sa part de responsabilité dans le bordel actuel, en se gardant toutefois de céder au « tous coupables » - car en quoi le paysan inconnu de Fond-Jean-Noël, dans le besoin et livré à lui-même, cassé par la maladie, obligé , malgré tout, de se lever tôt et rentrer tard pour aller sur les mornes tourner et retourner une terre ingrate pour faire pousser ses ignames sans aucune aide de l’État et qui, pour comble de malheur, lui ponctionne une part de sa maigre récolte sur une parcelle à l’abandon, est-il coupable ? Sans doute d’accepter son sort dans la résignation, sans jamais se révolter contre ces dirigeants qu’il n’a pas choisis et qui parlent en son nom - Et surtout questionner ce système inique, décortiquer ses mécanismes, ses maillages et ses ressorts pour mieux le maîtriser, le briser, le changer et le remplacer par un modèle plus humain, sans dédouaner, cela va de soi, ceux qui l’incarnent, c’est-à-dire les gouvernants, les protagonistes de toute sorte, en un mot les élites politique, économique et intellectuelle, coupées qu’elles sont de leur propre pays. La hiérarchie du vice Il faut bien en convenir, Martelly s’égare. L’on connaissait sa part sulfureuse, ses sorties de route, ses bévues, ses outrances, ses outrecuidances, bref, son coté obscur ; devenu président, l’on s’attendait à voir sa part lumineuse. L’on dit qu’il a des velléités, il faut lui donner une chance ; on veut bien, mais le pays ne peut pas attendre que Martelly épuise son quinquennat à comprendre ce qu’est un pays, ses revendications, ses aspirations, et à réaliser que cela nécessite d’autres compétences que celles requises pour la gestion d’un boys band. A-t-il vraiment la volonté ? A-t-il les moyens nécessaires à la matérialisation de ces projets ? Ceux-ci sont-ils discutés avec les concernés ? Les rares ressources existantes ne sont-elles pas systématiquement engrangées dans son portefeuille personnel et détournées au bénéfice de sa famille et de ses amis, comme l’accusent plus d’uns ? S’il fait le mal, c’est sans doute parce qu’il ne connaît pas le bien, s’empressent de dire ses fans. Mais le chemin du savoir et de la vertu ? Complexé, il ne demande pas de l’aide, préférant la compagnie des hommes liges et des porte-flingues. Orgueilleux, il fait du pays une affaire personnelle, son bien propre.« Le pays m’appartient, voilà le problème de ce pays », disait un certain Sweet Micky, maintenant président d’Haiti. Ah ! la préscience de Martelly ! Ses promesses appartiennent à l’avenir qui ne les verra pas. Il est dans le performatif, et prend ses désirs pour la réalité; pour lui, dire, c’est faire. Les vraies préoccupations sociales et sociétales sont évacuées au profit d’actes arbitraires et d’attaques ad hominem pour masquer son incapacité à proposer des solutions appropriées, pratiques et réalistes aux défis du pays. Le gouvernement Martelly/Lamothe fait plutôt la part belle au vice et le revendique. L’on se souvient de la réponse de Martelly dans l’affaire toujours non élucidée du financement électoral occulte des Dominicains à son accession au pouvoir, « trop peu », lâchait-il, trouvant les 2 millions cinq cent mille dollars qu’il aurait reçus, dérisoires, voulant ainsi se démarquer des chenapans, des racailles et des filous. L’exemplarité présidentielle consiste-t-elle à dresser un hit-parade entre délinquants ou à travailler à l’éradication et l’élimination de la corruption, des rétrocommissions et du népotisme ? Ayant pris goût au pouvoir, tout ce qui semble compter désormais pour Martelly: comment s’y maintenir? Au lieu de se concentrer sur ce mandat-ci, il pense déjà à l’autre…échéance électorale; avec Duvalier pour modèle, il finira, si l’on n’y prend garde, par se déclarer président à vie. L’allégeance du cerveau à l’intestin Comment arrêter cette descente vertigineuse jour après jour dans l’abîme ? Montesquieu nous apprend que, dans toute démocratie vivante et institutionnelle, le pouvoir arrête le pouvoir. Si les trois pouvoirs ne se confondaient pas et ne pataugeaient pas dans le même marigot politique, il reviendrait de fait au pouvoir législatif, en entraînant dans son sillage le judiciaire (connu aussi pour être vassalisé), de mettre un terme à cette dérive. Mais le Parlement, c’est la place boursière haïtienne par excellence, un haut lieu de putasserie, où députés et sénateurs sont exposés tels des p…dans les vitrines à Amsterdam - et c’est une insulte pour ces pauvres filles victimes de l’ordre marchand - Ces parlementaires créent de vraies fausses crises et blocages, procèdent à des mascarades d’interpellation, autant de manœuvres pour faire monter les enchères, car ces vendus finissent toujours par voter et donner leur confiance à tout le monde, et à n’importe quoi, en dehors de toute éthique et en flagrant délit d’ignorance des lois et voire de leurs propres règlements internes, pourvu que l’on y mette le prix : Lamothe est quand même devenu Premier ministre et les trois ministres interpelés le 4 novembre 2013 ont pu tranquillement regagner leur poste. Aucune prise de hauteur et d’élévation d’idées, c’est à croire que leur cerveau est resté attaché à leur intestin. Pour malfrats et scélérats en tout genre, le Parlement est le refuge idéal, la base arrière, le bunker, la maison opportune. C’est sans doute l’une des raisons de l’assassinat du journaliste Jean-Dominique en 2000 qui déjà avait compris la manœuvre et la dénonçait. Le Parlement ne peut être dissous, ses locataires jouissent de l’immunité donc de l’impunité, et n’ont pas à s’inquiéter. Ils ne sont point exposés aux contingences. Peinards, ils se pavanent et plastronnent avec l’argent public : voiture de fonction, cartes de carburant, gardes du corps, remboursement des notes de frais de bouche, salaire mirobolant ($10 000 US /mois) et en face la misère et à la famine du peuple vivant sous des tentes sans nom. Et si cela ne suffit pas. Alors ils se donnent un second salaire de conseiller auprès des ministres du gouvernement dont ils ont pourtant charge de contrôler les actions ; pas question de scier la branche de la corruption sur laquelle ils sont tous confortablement assis dans le plus grand et parfait consensus. Puisque c’est jamais assez - car plus on a, plus on veut en avoir - ils pillent avec leurs familles et amis les caisses de l’Office national d’assurance vieillesse, sous couvert d’emprunts à rembourser dans…cent ans. Dès lors, l’on comprend l’acharnement des uns et des autres à conquérir ou à reconquérir leur place dans l’hémicycle du palais législatif. Le problème pour eux n’est pas tant la tenue des élections que l’assurance d’avoir leur part du gâteau. Le président étant, quoi qu’on dise, omnipotent, dans le jeu politique haïtien, tout le monde veut et s’arrange pour être de son camp, pour être sûr d’avoir le sauf-conduit pour intégrer le système et continuer à tapiner aux plus offrants. En un quart de siècle de fonctionnement, à quoi ont-ils servi, ces parlementaires ? Où sont les faits d’armes et les victoires du parlement ? Combien de commissions ? De rapports produits ? De lois votées, dans le sens de l’amélioration de la vie de la population ? Faudrait-il pour autant jeter le bébé avec l’eau sale du bain et revenir à un régime présidentiel tel que le préconise Mirlande Manigat, l’ex-candidate à la présidence du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) ? Les partis politiques devraient pouvoir recadrer leurs membres. Mais en Haïti, un parti politique, cela ne veut rien dire, c’est tout au plus un « chapeau légal », selon la fameuse expression d’Aristide. Pas de ligne de parti, pas d’idéologie, pas de conviction. Tout le monde est à son compte, tout le monde est sa propre petite entreprise. Le parti se résume la plupart du temps à son chef inamovible qui en fait un argument de négociation pour pouvoir lui aussi becqueter. L’on est encore au stade du cerveau reptilien. Et l’on mâche et l’on digère tout, jusqu’aux…vomissures de Martelly. Autrement, comment comprendre que ces chefs de partis dont certains se sont pourtant fendus de lettres ouvertes et de conférences de presse suite aux insultes de ce dernier à leur endroit, aient rencontré depuis, ou programmé de le faire, leur offenseur, sans exiger la moindre excuse, sans aucune reconnaissance de celui-ci d’être allé trop loin dans l’irrespect envers eux ? Comment expliquer depuis cet affront qu’ils n’aient pas pris l’initiative de définir préalablement à toute rencontre avec Martelly un cadre commun de règles et de postures face à un exécutif qu’ils trouvent tous irrévérencieux et dont la gestion est catastrophique ? L’on se croirait dans une série B de sadomaso. Peut-être ont-ils voulu, ce faisant, placer le pays par-delà les cordonnées de leurs petites personnes et de leurs petits intérêts, ce qui serait grand de leur part, après tout, comme le dit Onfray citant Socrate, « vaut mieux subir l’injustice que de la commettre ». Auquel cas, comment interpréter le refus des uns et des autres de rendre compte de la teneur des discussions avec le président? On ne peut que soupçonner qu’ils étaient tous contre la rencontre collective - où tous seraient au courant de la position de chacun - et préféraient, à l’évidence, des rencontres individuelles avec le pouvoir, pour mieux magouiller et grenouiller, tels des cloportes, dans l’espoir de la bénédiction du boss pour monter en grade dans la hiérarchie…du vice. La rhétorique de la précarité, en vérité, n’explique pas tout et surtout, elle n’excuse pas tout. "Nous savons que les hommes n’ont pas d’âme. Si seulement ils avaient un peu de tenue!", écrit très justement Gottfried Benn. Une insurrection des consciences. Nonobstant quelques agitations sur le bitume, de quelques manipulés par quelques vieux briscards des coups fourrés de la politique, toujours l’œil rivé sur l’ambassade américaine et depuis peu maintenant sur l’ambassade dominicaine, reconnaissons que tout cela se passe dans une relative indifférence. Pris dans sa quotidienneté difficile et douloureuse, fatigué, blasé et désagrégé, l’Haïtien est perdu. Il survit, il vivote, il végète, il galère, l’on ne sait plus ce qui lui donne sens, ce qui le structure. Où se recueille –t-il ? Quel est son jardin secret ? Le vaudou ? Depuis belle lurette, le « bokor » trône dans le péristyle. Tout est perverti. Les citoyens semblent abandonné les postes de combat aux malfaiteurs. Plus aucun mythe, plus aucun symbole n’opère. Tout devient banal. L’historiographie des preux, des valeureux, des va-nu-pieds de la première République noire ne mobilise plus, sinon une génération restée dans la gloriole, figée dans le temps, des passéistes, souvent fanfarons mais inlassablement pleutres et réacs, les premiers à détaler à la moindre menace, toujours prêts à s’en remettre à la tutelle étrangère. Les jeunes, eux, n’ayant plus de modèles, ne pensent qu’à se tirer de là, loin du marasme et de se la vivre comme des…stars de la télé-réalité. Il ne reste, après inventaire, que des fous. Or l’ État-nation à (re)fonder a besoin de combattants. Alors, après la république des voyous, faisons une république des fous, dans le sens où l’entend Nabe, c’est-à-dire tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le portrait de ce texte ; tous ceux qui ne s’agenouillent pas devant la toute-puissance de l’argent, les patriotes lucides et conscients ; tous ceux du pays et de sa diaspora, par-delà leur classe sociale ou leur appartenance partisane, qui ne sont pas satisfaits du pays comme il va ; tous ceux-là aussi qui admettent avoir, pour le moins, erré et qui n’ont pas de crimes de sang ni de crimes économiques à leur actif. Qu’ils se donnent enfin la main, pour constituer un large front contre l’injustice, l’exploitation, la déchéance, la médiocrité, l’insécurité et l’absurde, pour la révolution nouvelle par un travail d’éveil des consciences, d’éducation politique, d’éducation tout court au sens véritable de l’esprit critique, aux antipodes du concordat de Damien de 1860, dans le but de forcer le respect et redonner sens à ce pays qui n’inspire plus, sinon de la pitié. Ce serait s’acquitter de notre dette envers ceux qui nous ont légué ce territoire. Le souci d’un système plus humain La conjoncture politique et économique actuelle appelle à une halte, à la remise à plat du fonctionnement du pays, de sorte à l’engager durablement dans une autre direction. Les acteurs politiques, les élites, doivent consentir cet effort de dépassement de soi, de s’élever au-delà de leur fécalité, gommer leurs différences, leurs divergences et mettre l’accent sur ce qui est fondamental, à savoir la prise en main de notre destin, créer des liens, jeter des ponts, aller vers l’autre. Il existe déjà sur le terrain des initiatives en cours. Celles-ci devraient converger vers un seul but, un seul souci, celui de créer un système plus inclusif, un système plus humain. Le front en marche et ouvert, dans sa structure embryonnaire, devrait jeter les bases pour la tenue d’une vraie discussion, d’un débat sérieux pour faire émerger les besoins à l’échelle communale, départementale et nationale - en tenant compte et en versant dans les échanges, les réflexions, les propositions et les plans élaborés notamment aux lendemains du tremblement de terre de 2010. Rédiger les grandes lignes d’un document stratégique inscrit dans la longue durée pour les 25-30 prochaines années par exemple, avec des balises, disons-le, des garde-fous, pour contenir les déviations, les dérapages, les excès. Une fois cela fait, pourquoi pas une présidence tournante des plus capables au profit du plus grand nombre. Le président, dans ce cas de figure, ne sera qu’un coach, sans plus. A ce titre, les élections étant un acte de souveraineté, organisons-les dorénavant nous-mêmes, avec nos propres moyens, par département, par exemple, à partir d’un calendrier certes plus long, mais qui tient compte de la réalité, avec la participation des observateurs des pays dits amis. Car c’est cette incapacité de nous prendre en main et le fait aussi de continuer à vivre au-dessus de nos moyens qui nous valent la présence des troupes étrangères dans le pays. De même également les coups d’État à répétition qui en disent long, par ailleurs, sur notre immaturité en tant que peuple. Par conséquent, il conviendra, dans le cas de Martelly, de passer un pacte avec lui pour qu’il termine son mandat avec le moins de casse possible, sur la base d’un agenda précis à fixer, assorti de la garantie de la protection de ses droits et de sa dignité, mais sans lui faire de cadeaux, comme c’est la tendance dans ce pays de copains et de coquins. La justice prendra le relais, le cas échéant. Il a pris des décisions, normal qu’il en assume les conséquences, cela s’appelle avoir le sens des responsabilités. Donc une nouvelle manière d’agir, c’est-à-dire rompre d’avec les pratiques d’impunité d’avant. Martelly étant aussi pour la rupture, faisons, à partir lui, l’an 1 de la rupture, dans les actes et les faits. Prévoir et pourvoir à son remplacement, au cas où il abdiquerait et donnerait sa démission dans un sursaut patriotique. Les légalistes, les constitutionnalistes auront, dans leur grande sagesse, compris que l’on ne peut pas s’embarrasser de la constitutionalité ou pas d’une telle démarche, puisque des deux constitutions, celle de 1987 ou celle amendée de 1987, bien malin celui qui dirait laquelle est actuellement en vigueur. Encore un autre problème à résoudre. Comme on le voit, les défis sont nombreux. L’on ne se lèvera pas demain matin avec la rosée, le chant du coq, l’odeur du café et constater avec bonheur que le monde a changé, instantanément. C’est un combat de longue haleine. Pour être sûr d’entrevoir les premières lueurs, consentons de prendre la route toujours sinueuse et difficile, sachons nous mettre en mouvement un jour, et ce jour c’est aujourd’hui même. Sur ce chapitre, l’Université d’État d’Haïti, dont la mission est, entre autres, de rendre plus intelligible et plus sensible la complexité du monde, serait dans son rôle en prenant l’initiative de donner le coup d’envoi et d’encadrer cette course de fond. Comment des intellectuels peuvent-ils assister au dépeçage et au naufrage de leur pays sans broncher ? Sont-ils véritablement plus prompts à conchier le bicentenaire de l’indépendance pour mériter quelques postes, quelques prix, quelques résidences d’écritures, comme s’en est offusqué Roland Paret dans son essai : « Z », l’État haïtien existe, je l’ai même rencontré » ?