Evains Weche Prix Deschamps 2013

Publié le 2013-09-27 | lenouvelliste.com

Evains Weche a remporté cette année le prix littéraire Henri Deschamps (26e édition) pour son recueil de nouvelles intitulé "Le trou du voyeur". C'est une oeuvre d'une recherche originale, d'un jeu audacieux avec les éléments, d'une aisance et d'une maîtrise de l'écriture qui s'appuie sur une économie de mots remarquable, d'après ce qu'a fait savoir le jury du prix. Originaire de Corail et résident à Jérémie, Evains Weche, le lauréat du prix, y exerce un métier qu'on penserait n'avoir aucun rapport avec la plume. A la place de la plume, il tient dans sa vie professionnelle un davier ou un miroir dentaire. Mais, l'écrivain n'est-il pas le médecin des sentiments, comme Rabelais tentait de guérir ses patients avec les mots ? Ou un démiurge qui dépose ses ''miroirs le long des chemins'' aux yeux de Stendhal ? Evains Weche est une révélation de Gary Victor. Il y a seulement (à peine) une année qu'il a été présenté par l'auteur de Maudite éducation dans un recueil de nouvelles collectif paru en 2012 aux éditions Mémoire d'Encrier dont le titre éponyme ''Je ne savais pas que la vie serait si longue après la mort'' porte sa signature. Il a aussi signé dans le même livre ''Boulvari'', une des plus belles nouvelles fantastiques qu'un auteur haïtien n'ait jamais écrites, avait rapporté Gary Victor. Voix sûre de la littérature haïtienne, ce fils de la Grand'Anse, la terre d'Alexandre Dumas Fils, d'Etzer Vilaire, de Jean-Fernand Brierre et de Claude Pierre , a un chemin tout tracé devant lui à un moment où l'on pense que Port-au-Prince est la capitale littéraire d'Haïti. Que toutes écritures provenant d'autres villes sont factices. Fades et sans valeur. C'est là une valeur authentique que la Fondation Lucienne Deschamps vient de repêcher de concert avec un jury assez prestigieux. Par ailleurs, en accord avec la Fondation Lucienne Deschamps et la maison Henri Deschamps, une mention spéciale a été octroyée à Faubert Bolivar pour sa pièce de théâtre intitulée ''Le flambeau'' qui a retenu l'attention de tous les membres du jury. Originale aussi, son oeuvre mêle humour et satire sociale avec une teinte de folie. Notons qu'un total de 67 manuscrits ont été reçus cette année. Ce qui témoigne de toute la vitalité, de la passion de l'écriture chez nos créateurs -tous âges confondus. Les autres finalistes étaient Barbara Bastien (Carnets de femmes, roman), Joseph Marie Saint-Natus (Toussaint Louverture et ses fantômes, théâtre), Rodolphe Maturin (Une histoire de chiens et de chiennes, roman) et Nedjmhartine Vincent (territoire interdit, roman) qui vient de passer un séjour à la résidence Georges Anglade du Centre Pen Haïti au cours du mois d'août. Au fait, le prix littéraire Henri Deschamps a été créé en 1974 par les membres du conseil d'administration de la société Maison Henri Deschamps/Les entreprises Deschamps-Frisch SA en mémoire de son fondateur. Récompensant une oeuvre de fiction ou historique écrite en créole et/ou en français, il se propose de promouvoir et de valoriser la création littéraire en Haïti. Des figures remarquables de la littérature haïtienne entre autres Léon Laleau, Paulette Poujol-Oriol, Marie Vieux-Chauvet, Guy Laraque, Roussan Camille -soit à titre posthume ou même de leur vivant- se sont vu décerner ce prix. La remise officielle du prix est fixée à la troisième semaine du mois d'octobre. Les lauréats recevront chacun un cachet et bénéficieront de l'édition et de la publication de leur ouvrage par la maison Deschamps. Soulignons que des initiatives comme le prix Deschamps doivent être encouragées dans le pays. A un moment où nous commençons à nous rendre compte que la culture est notre mine d'or et notre pétrole. Encourager nos écrivains est une bien noble initiative.
Dieulermesson PETIT FRERE Wébert CHARLES
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