Des actes qui affaiblissent l'Etat

Publié le 2013-09-23 | Le Nouvelliste

Les récents faits politiques amenuisent l'espoir de voir Haïti reconquérir sa souveraineté politique dans un futur proche. Les plus optimistes doivent comprendre que le pays ne va pas se libérer du jour au lendemain de l'humiliante tutelle internationale. Et pour cause. Tous ceux qui rêvent de vivre dans une Haïti où la sécurité est assurée par des forces publiques nationales, où les ONG travaillent sous le contrôle de l'État, où les élections constituent un acte de souveraineté nationale réalisé naturellement aux dates fixées...doivent patienter. La liste des problèmes à résoudre est longue, même trop longue. Ce n'est pas vraiment ce qui fait peur. Ce qui donne le vertige, c'est l'incapacité de nos dirigeants à faire le premier pas qui permettra de solutionner un jour ces problèmes. Il est trop tôt pour oublier la saga politique provoquée par la vraie/fausse affaire de nationalité étrangère du président Michel Martelly. Il a fallu l'intervention de l'ambassadeur américain d'alors, Kenneth Merten, pour certifier la nationalité haïtienne ou la non nationalité américaine du président haïtien. Cette tragi-comédie s'est déroulée au palais national en février dernier. Le sénateur Moïse Jean-Charles et compagnie ont depuis du mal à remettre le dossier dans l'actualité. Les Haïtiens ont alors raté l'occasion de mettre fin à un conflit haïtiano-haïtien, sans intervention étrangère. La semaine écoulée, un groupe de sénateurs hostiles au président Martelly ont participé au 43e forum du Black Caucus à Washington. Les élus haïtiens ont profité de l'occasion pour exposer le sombre tableau politique du pays à leurs collègues américains. Ils ont montré que les acquis démocratiques sont en danger en Haïti. Encore une fois, on a lavé notre linge sale à l'étranger. Preuve que nos chefs n'arrivent pas à créer des espaces de discussion pour vider leurs contentieux. Nos dirigeants donnent l'image d'un groupe d'enfants qui font constamment appel à leurs parents ou aux voisins pour résoudre leurs différends. Ceux qui sont, d'après la loi, garants de la bonne marche des institutions semblent faillir à leur mission. Pour la formation du CEP par exemple, la date de l'organisation des élections, la proclamation des résultats, il faut faire appel à la communauté internationale. Et maintenant, il faut même la consulter pour savoir si les élections sont possibles. Dans de telles conditions, comment les bailleurs de fonds internationaux vont-ils accepter de confier la gestion de l'aide internationale aux autorités haïtiennes comme le souhaite le Premier ministre Laurent Lamothe ?
Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com Auteur

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