Aphrodite

Dans nos livres d'histoire de l'Antiquité, les Grecs nous ont accoutumés, dès notre plus jeune âge, à glorifier le corps dans des nus masculins aussi bien que dans des nus féminins.

Zou
27 sept. 2013 — Lecture : 2 min.
Dans nos livres d'histoire de l'Antiquité, les Grecs nous ont accoutumés, dès notre plus jeune âge, à glorifier le corps dans des nus masculins aussi bien que dans des nus féminins. Les athlètes en plein effort, les divinités Héraclès, Apollon et les va-t-en guerre Léonidas, roi de Sparte (490 à 480 av. J.C.), héros des Thermopyles, seconde guerre médique, le Colosse de Rhodes (une des sept merveilles du monde antique) sont montrés dans toute leur nudité. Aphrodite (360), la Vénus de Milo ne s'embarrassaient pas de vêtements. Plus tard, dans nos livres d'art et dans les musées, nous avons découvert Adam en personne, dans le plus simple appareil, et le Jugement dernier de Michel Ange à la chapelle Sixtine. Les virus illustribus de la ville de Rome au musée du Vatican sont protégés seulement par une simple feuille de vigne. La statue colossale de David (marbre de plus de 4 m, copie sur la place de la Signora) par ses qualités techniques et esthétiques jointes à son contenu symbolique (l'idéal du citoyen guerrier) a fait de ce sculpteur l'artiste le plus en vue de Florence. Les nus de Rubens, expressifs dans la plénitude sensuelle, ont fait, à leur tour, une timide apparition (Paris, la place de l'Opéra), et la Maya desnuda de Goya a soulevé un tel tollé dans l'Espagne catholique qu'elle a dû aller se rhabiller. Tout cela est bien loin. Nos premiers parents, Adam et Eve, c'est dans les livres ou au cinéma. Pourtant, les rondeurs féminines sont sur toutes les lèvres depuis que notre barde national, Emile Roumer, a chanté la Marabou de son coeur « aux seins de mandarine plus savoureux qu'un crabe en aubergine » et comparé «sa fesse à un boumba chargé de victuailles». Cette chanson si appréciée est classée tout de suite après notre hymne national. Elle a animé tous les bals et est encore reprise en choeur dans toutes les fêtes par les Haïtiens et les Haïtiennes de tous âges - ces dernières d'ailleurs n'ont jamais envisagé de faire 'tapisserie' en signe de protestation. Cependant, quand une affiche ose montrer une jeunette en bikini sur une plage, on crie au scandale et on s'en prend ... au photographe sous prétexte que 'kò fanm pa machandiz'. L'art est dans les rues. On n'a qu'à regarder comment les femmes s'habillent : le derrière coincé dans un jean ; petit 'haut' couvrant à peine le nombril; décolletés provoquants ; ceinture de chair, elles crient 'au viol' mais, agrippées à l'arrière de n'importe quel taptap, ou motocyclette entre deux olibrius, aux heures de pointe, n'ont aucune crainte de ce qui pourrait leur arriver, à croire que tous les vicieux sont morts. Aucune autorité n'ose les inciter à un minimum de décence pour éviter par leur faute d'aiguillonner certains obsédés sexuels. Les temps ont bien changé.