Haïti, l'Union nationale contre les violences faites aux femmes et la traite des enfants: causes communes.

Aujourd'hui, nul ne peut comprendre pourquoi les femmes et les enfants de la République d'Haïti continuent à faire l'objet de toutes sortes de violences et, plus particulièrement, celles et ceux qui habitent dans les zones réputées fragiles ? Dans une période où nous venons de fêter nos mamans, où nous allons fêter nos pères, nous voulons lancer un appel républicain à ceux qui pratiquent encore la violence contre les femmes haïtiennes et à ceux qui prennent les enfants comme des objets de commerce, nous les prévenons de réveiller leurs consciences citoyennes pour stopper cette pratique afin de ne plus considérer ces deux catégories comme des choses et, aussi, nous voulons lancer ce même cri du coeur à ceux qui partagent les valeurs républicaines pour qu'ils s'unissent contre les bourreaux de la République et pour qu'ensemble nous puissions faire échec à leurs activités.

Aujourd'hui, nul ne peut comprendre pourquoi les femmes et les enfants de la République d'Haïti continuent à faire l'objet de toutes sortes de violences et, plus particulièrement, celles et ceux qui habitent dans les zones réputées fragiles ? Dans une période où nous venons de fêter nos mamans, où nous allons fêter nos pères, nous voulons lancer un appel républicain à ceux qui pratiquent encore la violence contre les femmes haïtiennes et à ceux qui prennent les enfants comme des objets de commerce, nous les prévenons de réveiller leurs consciences citoyennes pour stopper cette pratique afin de ne plus considérer ces deux catégories comme des choses et, aussi, nous voulons lancer ce même cri du coeur à ceux qui partagent les valeurs républicaines pour qu'ils s'unissent contre les bourreaux de la République et pour qu'ensemble nous puissions faire échec à leurs activités. Certes, les femmes et les enfants sont toujours considérés comme des cibles par les bandits de quartiers qui font appliquer leurs propres lois, celles de l'irrespect et de l'anarchie. Dans une république où l'on parle à longueur de journée d'établissement de l'Etat de droit et respect de l'égalité entre les hommes et les femmes, alors, nous pouvons nous demander pourquoi les gens pratiquent autant de haine à l'encontre des femmes et des enfants ? Est-ce la misère, la faiblesse de notre système judiciaire qui sont en cause ou l'incapacité de l'Etat à punir les indésirables ? Questions récurrentes qui méritent des réponses appropriées. Aussi devons-nous rappeler aux bourreaux qui refusent d'accepter les femmes haïtiennes comme des citoyennes à part entière, qu'ils ont tort, car, dans toute société civilisée, les femmes ont toujours été le pilier du développement et les enfants représentent l'avenir. Or, nous ne pouvons pas être au XXIe siècle et accepter que les femmes et les enfants de notre pays continuent d'être violés, battus, vendus et maltraités tous les jours par des gens irresponsables et irrespectueux. Aujourd'hui, si nous voulons avancer dans une république où les droits l'humains font partie de notre priorité, alors, le temps est venu de dénoncer et punir sévèrement ceux qui font semblant d'ignorer les lois de la République. A cet effet, si les lois méritent d'être renforcées dans ce domaine, nous demandons aux législateurs de prendre leurs responsabilités, car ils sont les élus de la République, ils sont payés par les contribuables haïtiens, hommes et femmes de ce pays. Néanmoins, les lois sont faites avec l'évolution du temps, par rapport aux circonstances du moment afin de répondre aux attentes de la société, elles doivent avoir un aspect dissuasif et répressif, elles doivent mettre la société en confiance avec son système juridique. Au fait, une société qui ne respecte pas le droit des femmes et des enfants est une société sans avenir. Entre l'Etat laxiste et l'Etat irresponsable, aujourd'hui, Haïti est en train d'émerger vers un Etat républicain en intégrant les femmes dans les affaires de la République. Cependant, il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre une égalité réelle entre les hommes et les femmes dans ce pays, car nous avons toujours des irréductibles qui luttent contre l'évolution des femmes, pourtant, ce processus est irréversible. Si Haïti fait partie des 11 pays de l'Amérique latine où les femmes représentent 25% des cadres supérieurs, on constate que 62% des femmes haïtiennes sont analphabètes, 46% des familles sont monoparentales et le taux de mortalité maternelle est de 4/1000. Malgré les différentes actions et initiatives entreprises pour l'amélioration de l'évolution des conditions féminines, les femmes restent toujours la catégorie la plus touchée par la pauvreté; elles sont aussi les plus touchées par la violence physique, économique, sociale et politique. Aujourd'hui, il existe une génération de femmes qui luttent pour que les autres femmes puissent avoir accès à l'instruction, à la justice et à l'égalité des droits, mais elle n'est pas vraiment soutenue par toutes les couches de la société. L'histoire de la domination du sexe masculin sur le féminin en Haïti date environ de deux siècles. En effet, pour comprendre la lutte des femmes de ce pays, il faudrait analyser les résistances qu'elle suscite, les exclusions dont elle s'accommode, les violences dont elle s'accompagne, le moyen et rapport de forces qu'elle entretient , les contradictions qu' elle induit. Par conséquent, nous devons éduquer notre génération et celle à venir afin qu'elles respectent le droit à l'égalité des sexes. Il faut inventer un nouveau concept pour éviter la pratique discriminatoire entre les femmes et les hommes en Haïti. A quelle échelle chacun de nous peut y contribuer? Tels sont les enjeux de notre génération qui doit appeler au devoir des instruits. Tous ceux qui ont accès à l'intelligence des faits, par exemple les journalistes, les éducateurs, les politiques, les religieux ont le devoir d'instruire et d'éclairer. Comme nous le savons, il n'y a pas de responsabilité civique sans éducation ni information, quel qu'en soit le mode d'accès. Si nous voulons combattre efficacement la violence faite aux femmes et aux enfants et l'inégalité des sexes, alors, nous devons unir toutes nos forces dans la mobilisation contre les hors-la-loi. Elle n'engendre une politique solidaire que si elle est éclairée par l'éducation à la responsabilité civique, par la patience d'instruire et de s'instruire. En Haïti, nous avons besoin des hommes et des femmes engagés pour enseigner les valeurs à partager, le droit et le devoir de chaque citoyen haïtien et citoyenne haïtienne. Myriam Merlet a écrit dans son livre ''La participation politique des femmes en Haïti'': «La construction démocratique en Haïti nécessite le recours à l'ensemble des capacités de la population haïtienne. Pour que les capacités produisent les nécessaires synergies que requiert cette édification, il importe tout particulièrement que les femmes encore traitées comme des citoyennes de second rang puissent être présentes dans les structures décisionnelles résolument mixtes et qui, de surcroit, s'ouvriraient à la représentation populaire ». Myriam Merlet a mis tous ses efforts et toute son énergie au service d'une grande volonté : le respect de l'égalité des sexes entre les hommes et les femmes haïtiennes; l'intégration des femmes haïtiennes dans les affaires de la République au plus haut niveau. Aujourd'hui encore, un défi, du même ordre, reste une préoccupation majeure pour les démocrates de ce pays. Il appartient aux hommes politiques de ce pays, ceux qui sont à la fois démocrates et humains, de le relever en faisant preuve, à un niveau national, cette fois, d'imagination, de courage, de désintéressement et la lucidité que les meilleurs de leurs prédécesseurs. En mettant en oeuvre cette politique du respect et de l'égalité de gens, Haïti peut devenir une sorte de modèle régional dans sa gestion de démocratie et de droit de l'homme. Une telle proposition est-elle utopique ? Elle est surtout difficile à mettre en oeuvre, surtout quand une partie de la classe politique choisit de faire bande à part au moment de proposer un projet crédible à la société. Personne ne peut ignorer qu'il faudra du temps pour disposer d'un outil susceptible de se doter d'un projet commun. Mais face aux défis de changer le comportement et le regard des hommes haïtiens à l'égard des femmes et des enfants, peut-on continuer à agir séparément ? Ainsi constitué, un réseau commun pour lutter contre la violence faite aux femmes et la traite des enfants pourrait-il répondre, de façon individuelle ou collective, aux questions des genres, structurer des débats sur des questions majeures en y apportant des éléments d'appréciation objectifs, construire des opérations de mobilisation collective en réponse à des comportements malsains devenus insupportables dans notre société? Notre but, c'est de s'opposer, par la lutte, contre toutes sortes de discriminations à l'encontre des femmes et enfants et faire émerger une conscience nationale du niveau des violences faites à eux. Si cette conscience prend un bon niveau, elle devient une force en marche qui rééquilibre quelque peu le rapport de force avec la puissance des hors-la-loi, toujours sensibles aux effets d'une information publique. La République doit demander aux associations féminines d'utiliser une gamme plus large d'outils, d'actions mobilisant un public plus large pour convaincre les parlementaires d'augmenter le budget du ministère de la Condition féminine pour qu'il soit en mesure de mieux intervenir dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Propositions et perspectives. 1-Relever le ministère à la Condition féminine au rang d'un ministère régalien; 2-Créer au sein de chaque commissariat et sous-commissariat une cellule spécialisée pour recevoir les plaintes des femmes victimes de violences de toutes sortes . 3-Créer un comité de suivi et d'accompagnement par des juristes et psychologues dans chaque parquet de la République pour les femmes victimes de violences et les enfants. 4-Elargir le champ de compétence des associations féminines par une loi-cadre afin de leur permettre de mieux soutenir les femmes victimes de violences. 5-Vulgariser les lois existantes sur les violences faites aux femmes et aux enfants. 6-Renforcer le contrôle de la politique de nos frontières terrestres pour éradiquer la traite de nos enfants. 7-Redéfinir les critères autorisant le fonctionnement des orphelinats. 8-Créer une émission éducative mensuelle ou bimensuelle sur les ondes de médias publics portant sur le droit des femmes victimes de violences et des enfants. 9-Déconcentrer les colloques et les conférences sur les violences faites aux femmes vers les provinces afin de mieux informer les femmes rurales victimes de toutes sortes de violences, car, parfois, elles sont considérées comme des esclaves dans le couple. 10-Créer un partenariat avec les différentes églises protestantes pour faire sauter ce mythe qui fait croire aux femmes protestantes victimes de toutes sortes de violences qu'elles n'ont pas le droit d'emprunter le chemin de la justice. 11-Créer un partenariat avec les écoles primaires, secondaires, professionnelles et les universités dans tous les recoins de la République pour susciter des débats autour de la violence faite aux femmes et abus d'autorité. 12-Distribuer un livre de poche à chaque jeune qui porte sur le droit des victimes et les conséquences pour les auteurs. 13-Condamner le viol sur les fillettes et les garçonntse comme crimes imprescriptibles. 14-Mettre le viol des fillettes des garçonnets crimes au même rang que le crime avec assistance du jury; 15-Créer un fonds spécial d'accompagnement pour aider psychologiquement et financièrement la famille de la victime au lieu d'offrir tous les avantages sociaux aux auteurs du crime, car, ils sont encore nourris et logés dans les prisons avec les impôts payés par la famille des victimes, trop souvent, on oublie la victime et sa famille en lieu et place du bourreau; 16-Doter le système juridique haïtien de la provision légale pour pouvoir qualifier la relation forcée dans le couple de viol, car une relation forcée dans un couple ou pas doit être qualifiée de viol. 17-Définir la qualification du vocable harcèlement (il peut être sexuel, moral et autres..) dans le système juridique haïtien et poser les critères clairement y relatifs. Comme disait Pontalis, en matière criminelle... il faut des lois précises et point de jurisprudence. Conclusion La société haïtienne de demain ne sera ni prémoderne, ni postmoderne. Elle sera hypermoderne, comme l'est déjà la société actuelle. Les progrès annoncés se révèlent plus considérables que rêvés. Or, il n'y a pas d'avenir hors de la modernité. Nous disons à ceux qui violent, maltraitent les femmes haïtiennes, il n'y a de liberté que dans le respect de la raison. Notre engagement en faveur de la raison signifie ainsi la volonté de justifier notre prétention contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Les femmes ne peuvent plus continuer à être victimes de l'exploitation sexuelle, de l'injustice des lois, de l'oppression économique, de domesticité, de l'injustice sociale et politique. Aujourd'hui, ne sommes-nous pas condamnés à un évitable trilemme : inciter les bourreaux à abandonner leurs pratiques à l'encontre des femmes et des enfants, sortir du dogmatisme et de l'hypocrisie entre le discours et l'action concrète pour sortir les femmes sous la domination de l'homme et, enfin, promouvoir une politique d'autonomie des femmes haïtiennes dans toutes les couches de la société. Il est certain que l'émancipation de la femme haïtienne prend un tournant décisif, car nul ne peut l'empêcher de suivre son cours quel qu'en soit le prix à payer pour y arriver. Nous disons aux associations des femmes, aux vraies associations qui mènent le combat pour défendre le droit de chaque femme haïtienne, la lutte est difficile mais le combat est noble. Chaque femme mérite d'être défendue, qu'elle soit riche ou pauvre, qu'elle soit intellectuelle ou analphabète, une femme reste une femme, une maman reste une maman au regard des bourreaux et, nous devons le savoir, aucune femme n'est à l'abri de subir la discrimination, la violence physique ou verbale dans cette société.