Olivier Cheuwa et sa bonne nouvelle

PUBLIÉ 2013-01-09
Lui aussi, il venait de loin. Il a fait un long voyage depuis la Suisse où il vit pour nous retrouver. Deux jours de vol pour deux concerts. Le chanteur canadien d'origine camerounaise était sur deux affiches. L'une pour le Centre sportif de Carrefour ; l'autre, à Le Villate, respectivement les 22 et 23 décembre dernier, à l'initiative de l'église Famille Tabernacle de Louange (FTL) dirigée par le pasteur Jean Heder Petit-Frère, en collaboration avec Alléluia Production. C'était sa deuxième visite au pays. La première remonte à 1998, où il accompagnait Maggy Blanchard dans le cadre d'une mission humanitaire. Cette fois, Olivier était venu chanter la gloire de Dieu, partageant la scène avec le groupe Alléluia qui signait son deuxième album studio, « Il est tout pour moi ». Le grand-monde n'était pas au rendez-vous, mais le chanteur-compositeur-producteur s'est réjoui de son passage éclair en Haïti et, comme il l'a confié à Ticket après le concert au Villate, il est parti avec l'envie de revenir.


Jusqu’à ce qu’il vienne en Haïti récemment, le nom d’Olivier Cheuwa était moins connu du public évangélique haïtien que ses chansons. En effet, des titres comme ‘’Dieu tout-puissant’’, ‘’Persévère’’, ‘’Je te donne tout’’, figurant dans « Nouveau départ », le premier album de l’artiste, tournent en boucle dans différentes émissions évangéliques ici en Haïti depuis plus de trois ans. On écoutait Olivier, on chantait ses chansons sans le connaître vraiment. Il faut le reconnaitre, sa popularité en Haïti est en construction. Cependant, c’est l’un des artistes francophones les plus prisés actuellement en Europe, au Canada et certains pays de l’Afrique. Olivier fait de la musique urbaine, plus particulièrement un mélange de soul et de R&B. Dans ce même registre on retrouve également Marc Antoine, Gage, des Canadiens d’origine haïtienne, et pourquoi pas Corneille. Mais Olivier, lui, a son style propre.
Né au Cameroun, le chanteur a migré au Canada à l’âge de 16 ans, en 1992, pour poursuivre ses études et réaliser le rêve de ses parents qui voulaient qu’il devienne technicien médical. Mais deux ans après son arrivée au Québec, il a parallèlement découvert sa passion pour la musique. Il a été influencé par des artistes comme Steve Wonder, les Boyz2Men, Eric Clapton, mais il a développé son propre style. Après la mort de son père, le jeune artiste avait besoin de repères. La musique a été un moyen de noyer sa peine. Participant aux premières de Maggie Blanchard en 2004, en Belgique, France, Martinique, Guadeloupe, Olivier a conquis les foules, ce qui donne un autre tournant à sa carrière. Au courant de la même année, il gagne le concours Hip-hop 4ever pour la catégorie R&B et remporte le prix de l’artiste émergent de l’année à la troisième édition du Vibe Awards à Toronto. Et depuis 2005, homme de scène, il donne des concerts en France, en Suisse, Martinique, Guadeloupe et Tahiti. Olivier Cheuwa a deux albums à son actif : « Nouveau départ », qui a remporté le prix de meilleur album francophone en 2005 au Canadian Gospel Music Awards ; et « Mon idéal ».

Après le concert au Villate, entre séance-photos et autographes, Olivier Cheuwa a répondu aux questions de Ticket.

Tu es venu et tu as fait connaissance avec le milieu chrétien haïtien. Tu envisages un plan plus large de promotion pour Haïti ?
Un plan promo, ça serait de venir sur place un peu beaucoup plus longtemps, rencontrer les radios, faire une grande campagne de promotion, voire faire même un showcase, histoire de me faire découvrir. Ce sont des choses à envisager ; je prends en note. Je suis revenu aujourd’hui pour découvrir un peu. Il y a de cela quatorze ans, j’étais venu et je ne connaissais pas vraiment la réalité musicale. Je ne faisais même pas la musique. Là je suis venu dans une autre optique. Donc ce sont des choses à considérer pour la prochaine fois.

Tes projets…
C’est éventuellement préparer d’autres chants inspirés de tous ces voyages. Je prie Dieu qu’il m’inspire encore d’autres chansons qui parleront et encourageront les gens. Pour des concerts je serai en Suisse, à l’Ile de La Réunion, au Madagascar, en France, en Belgique...

Un message spécial pour les Haïtiens, pour les musiciens chrétiens et pour les fans.
Pour Haïti, moi je dirais «  Ayiti Tchenbe rèd, pa lage » ; vous connaissez cette expression-là. Mais aussi de prendre conscience. Il faut vraiment prendre conscience de la valeur qu’on a. Souvent on oublie ses richesses. Il faut se dire ‘’oui’’, il y a des choses possibles. Dieu peut nous permettre de tourner des situations difficiles à notre avantage. C’est ce qui va se passer quand les Haïtiens vont changer de mentalité et comprendre qu’une nouvelle Haïti est possible. Pour ceux qui se lancent dans la musique, je sais que c’est un chemin qui n’est pas facile. C’est beaucoup de travail. Il ne faut pas juste voir le côté « je me mets sur la scène, les gens aiment ma musique » ; il y a aussi « pourquoi on le fait ? quelles sont ses motivations ? ». Il faut vraiment prendre le temps de mettre les choses en place pour qu’il n’y ait pas de frustration des fois. Pour les fans je dis : continuez d’encourager, venez aux concerts !

Joël Fanfan



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