De toute la terre le grand effarement Promenade sonore

texte et dramaturgie Guy Régis Jr technique BAZATIS production Nous Théâtre Association, FOKAL, Fil Culture

Publié le 2012-12-10 | lenouvelliste.com

Le matin : la promenade sonore se fait dans un bus qui déambule dans la ville, rythmée par des interventions inattendues dans le parcours : Rex Théâtre, Palais des Ministères, Place Quai Colomb, Fokal... L’après-midi : le bus est en stationnement dans les jardins de Fokal.
Deux femmes sur une colline après une grande catastrophe. Il s’agira d’elles deux et de bien d’autres encore. Puis… de l’incurie séculaire. Des gouvernants avant, pendant, après. De l’aide internationale. De la situation actuelle… et d’autres éléments qui viendront compléter pour notre compréhension d’une réalité combien complexe et insaisissable. Deux créateurs sur cette aventure, aidés d’autres collaborateurs et interprètes : Guy Régis Jr (dramaturge, metteur en scène), et le collectif
Bazatis. Tout tourne autour du script, la pièce De toute la terre le grand effarement, mais la base de leur travail est surtout la conjoncture haïtienne. Ils ont donc été amenés à se rendre sur place afin de récolter les bruits, recueillir des témoignages, faire état de ce qui se vit, les résonances de ce moment même. Et venir vous faire vivre ces nombreuses sensations qu’on aurait rapportées, ramassées partout. Les résonances de ceux qui parlent à nos coeurs, à nos sens, bien plus qu’à votre vision qui vous les transformerait en artifices.
Comment mettre en scène, représenter au théâtre des résonances telluriques ? Comment par l’art de l’image et de l’écoute, sans artifices faciles, rendre compte d’une grande catastrophe, d’un séisme ? Par quel moyen plus pertinent, plus subtil, arriver enfin à mettre en lumière la lente et répétitive agonie d’un peuple ?
Inviter au théâtre comme en une promenade imaginaire et spatiale dans la ville. En croyant à la magie de l’écoute, à la force de l’invocation. Afin de réveiller la ville en soi. Celle qu’on voit en ne la voyant pas. Entendre la ville. Port-au-Prince, une fois les malheurs passés. Que reste-t-il de la ville après le ravage de tant d’années ?
Le choix n’a pas été d’écarter un procédé artistique au bénéfice d’un autre, mais de les unifier en une seule force. Nous nous sommes dit : et s’il vous était permis de voir cette fois en vous invitant à parcourir Port-au-Prince vous-mêmes, redécouvrir cette ville à un autre rythme ?
Au lieu de vous établir une histoire, de vous la mettre en scène debout par devant vous, à travers la ville il vous sera donné de traverser une imagerie sonore, une mise en écoute de « De toute la terre le grand effarement », telle une exposition qui vous inviterait à explorer en plongeon et in situ chacune de ses images. L’effort de la traversée des rues et des quartiers nous paraît le meilleur moyen pour vous permettre d’explorer ce que nous espérons partager avec tous. La promenade est méditation. Elle est libre. Elle permet de mieux écouter que de voir.

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