La victorieuse campagne concaccafienne du Violette 84

Publié le 2012-10-29 | lenouvelliste.com

Le dimanche 21 octobre 2012 ramenait le 28è anniversaire de la conquête du trophée de la Concacaf des Clubs champions par le Violette Athletic Club. C’était en 1984, vingt-et-un (21) ans après le Racing Club Haïtien qui avait offert à notre pays son 1er titre dans cette compétition internationale en 1963, avec une formation de rêve où se bousculaient les Salomon St-Vil, André Auguste, René Vertus, Fito Louidhon, Guy St-Vil, Joseph Obas et autres Germain Champagne. Un temple de vedettes .

Sous la direction du jeune entraineur Charles Pompon Vorbe assisté d’Ernst Jean-Joseph et du préparateur physique Ralph Kernizan (3 violettistes devant l’Eternel), le Vieux Tigre aborda cette épreuve concacafienne avec un esprit de conquérant. D’autant que les partenaires de Jean-Joseph Mathelier exposèrent depuis quelque temps leur ambition de rejoindre leurs rivaux jaune et bleu sur le tableau d’honneur de la Concacaf.

Dès la saison 82-83, le Violette commença à meubler son dispositif avec la révélation des jeunes Edouard Pépé Vorbe, Gilbert Leys et Henri-Claude Charmant. L’acquisition des jeunes Capois Charlite Eliazar et James Bolté renforca l’effectif bleu et blanc où le Cayen Jean-Joseph Mathelier, meilleur joueur haitien depuis le retrait des cracks de 74, joua le rôle de maestro. Tandis que la détermination de l’entraineur Charles Vorbe s’accordait avec l’esprit de vaincre de la troupe violettiste et la vision de jeunes dirigeants tels Boby Duval, Bernard Craan, Erick Sergile, Jacky Deschamps et Hérold Dorcé.

Le Violette inaugura sa victorieuse campagne concacafienne en éliminant le FC Moulien de la Guadeloupe. Puis les Tigres surclassèrent leurs homologues du Victory Boys de Surinam, avant d’offrir au 3è tour un récital mémorable à la Martinique sur le terrain du Racing de Rivière Pilote, le meilleur Club des Antilles Françaises. Six (6) matches, 5 victoires, 1 nul, 0 défaite : C’était l’impressionnante carte de visite concacafienne des violettistes avant les ½ finales contre l’ASL Sports de Trinidad, un client coriace.

Lors du match aller disputé au Stade Sylvio Cator et remporté par le Vieux Tigre 1-0 (but d’Henri-Claude Charmant sur pénalité), le rasta-capitaine trinidadien Brian Williams et ses partenaires bousculèrent les bleu et blanc à un point tel qu’ils étaient en minorité les Haïtiens qui marchandaient les chances du Violette pour le match retour le dimanche 21 octobre 1984 à Port of Spain. D’autant que d’épineux problèmes économiques laissaient jusqu’à la dernière minute planer un doute sur la participation du Doyen à ce match retour. Sans oublier la blessure de Matheleir qui inquiétait considérablement les fans du Violette, et la défection de Wilner Piquant qui força le staff technique à miser sur le jeune et inexpérimenté gardien réserviste Pierre-Richard Joseph (Big Mama).

Le départ pour Port of Spain était fixé au jeudi 18 octobre 1984 à 5 h de l’après-midi. Mais jusqu’à 2h, le voyage n’était pas encore économiquement confirmé. C’est finalement grâce à un ‘’exploit financier’’ de Joël Vorbe que le forfait a été évité d’extrême justesse. A ce moment à l’Aéroport François Duvalier, les dirigeants violettistes, le staff technique et les partenaires de Carlo Brévil poussèrent un grand ouf. Un coup de chapeau à l’entraineur Ernst Jean-Joseph, au masseur Edouard Jean-Baptiste et aux joueurs bleu et blanc qui ont accepté de voyager sans argent de poche et sans promesse de primes.

Le match retour disputé au Queens Park de Port of Spain afficha un très haut niveau technique et s’acheva sur la marque de 2 buts partout. Qualification du Violette pour la grande finale. La semaine prochaine sur le terrain de ‘’ Ce que je pense ‘’, vous aurez le résumé de ce match historique disputé par le Vieux Tigre à Trinidad le dimanche 21 octobre 1984.

Raymond Jean-Louis
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