Martelly sur les terres de l'ONU

Publié le 2012-09-26 | Le Nouvelliste

 New York n’est plus New York dès qu’arrive le temps de l’Assemblée générale des Nations unies. La semaine coïncide avec le Clinton Global Initiative qui ajoute dans la ville les hommes d’affaires aux hommes d’Etat du monde entier.

La sécurité est le maître mot.

Il y a des policiers et des agents de sécurité en toutes sortes d’uniformes et en civil déployés dans les rues. Autour du périmètre stérile délimité pour rendre le siège de l’ONU sûr, le contrôle de badges s’imposent. Personne n’y échappe. Personne ne s’approche sans l’accréditation de rigueur, même pour protester.

Sur la 47e street, impossible de rater ce mercredi le carnaval bigarré des manifestants de toute provenance. Les banderoles, les bannières, les drapeaux, les pancartes affichent les couleurs.

Bien retenus par des barricades de police, des protestataires hurlent leurs slogans. Le Tibet, l’Iran, le Zimbabwe, deux ou trois causes inconnues, ça clame, ça réclame, prend la pause pour les photographes et tous les passants autorisés armés d’un téléphone. Beaucoup de contre, peu de pour parmi les contestataires.

Pas un drapeau haïtien. Pas un cri en créole. Haïti n’a pas de représentant parmi les groupes bien rangés. Martelly vient de gagner un point. Pour son deuxième passage devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président Martelly n’aura pas à se faire de souci pour son image. Même si aucun président ni aucun chef de délégation ne croise jamais les protestataires, on ne sait jamais quand une caméra fera le succès d’une cause.

Depuis qu’Henri Namphy, général président du CNG en 1986, a initié la tradition, avec plus ou moins de succès, tout président haïtien, légitime ou simple chef de l’Etat de fait, fait le déplacement pour être grand parmi les grands.

Il y a des passages marquants. Ertha Pascal Trouillot y a inauguré la présence de l’assistance étrangère consentie dans le pays en demandant de l’aide pour superviser les élections de décembre 1990. Jean-Bertrand Aristide ne s’est pas maintenu au pouvoir une semaine après un discours remarqué à l’ONU en septembre 1991.

Dans la grande salle au ton vert pomme de l’Assemblée générale des Nations unies, les orateurs débitent leur discours. Tout le monde prête l'oreille. La sonorisation est bien réglée. Impossible de ne pas entendre ce que dit celui qui est à la tribune.

C’est un Michel Martelly serein qui a délivré un message d’apaisement. Sans grandiloquence. Sans incursion précise dans les grands dossiers internationaux. Sans annonce sur la crise haïtienne. Sans faire de faute non plus.

« Dans les intentions comme dans les faits, depuis mon accession au pouvoir, l'Haïti que je chéris, essaie, avec des hauts, avec des bas, des succès sûrement, des faux pas parfois, d'émerger. Je m'y emploie hardiment, courageusement», a dit le président avant de planter une pique.

« … Ces rêves nationaux, verront-ils le jour, si les engagements pris en vue d'accompagner le développement des pays comme le nôtre ne sont pas suivis d'effet? Si préjugés et suspicions de toutes sortes à l'encontre des moins nantis gardent encore la tête dure? »

Sans aborder le dossier haïtien spécifiquement, le président Martelly a aussi parlé de la démocratie.

Selon lui, « l'espace idéal pour la paix dans le monde, pour la prospérité et la lutte contre la pauvreté, reste le cadre démocratique. Haïti, sous mon leadership l'a compris, et s'y emploie activement : en renforçant les institutions locales réputées faibles ou jugées inopérantes. »

Le président a même inventé un nouveau concept : la démocratie vécue.

« Haïti l'a compris, elle a compris que seule la démocratie vécue peut apporter la stabilité, cette condition préalable et indispensable à toute politique de développement ».

Pour conclure son message, le président a puisé chez Victor Hugo une citation et a demandé : « Puisse "Bon Dieu, Gran Mèt la'', nous bénir et nous éclairer, bénir cette ville de New York qui nous accueille si chaleureusement, et nous fournir sagesse et discernement pour un monde plus beau, un monde ... plus juste. »

Les quelques manifestants qui l’attendaient à Brooklyn College dans la soirée comme la salle pleine venue l’écouter l’ont ramené bien vite aux réalités haïtiennes. Et Michel Martelly a sans doute en tête à New York les provinces haïtiennes qui s’excitent.

Sur les terres de l’ONU, les affaires locales ont toute leur place. La trêve diplomatique dure le temps du discours.

Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval Auteur

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