Lettre ouverte de Jean-Robert SIMONISE à Monsieur le directeur général de RCH 2000 96.5 FM

Insertion demandée

Publié le 2012-08-21 | Le Nouvelliste

Monsieur le directeur,


Je suis fort surpris de constater qu’un employé de votre station a permis à des ex-employés de l’ONA de porter atteinte à mon honneur, à ma réputation, lors d’une émission diffusée sur les ondes de la station que vous dirigez le jeudi 16 août 2012.

Je ne prétends pas vous donner des leçons sur la manière d’assumer votre responsabilité de gestionnaire d’une fréquence qui appartient, au demeurant, à l’Etat. J’ai un peu d’expérience dans ce métier. A ce titre, permettez-moi de souligner à votre attention que, dans toutes les démocraties du monde, c’est le directeur de média qui doit assumer, par-devant les pouvoirs publics et des tiers lésés, la responsabilité de ce qui est dit sur les ondes de sa station. A titre d’illustration, si quelqu’un utilise vos micros pour lancer des appels au meurtre, c’est à vous que le commissaire du gouvernement aura affaire et, le cas échéant, le régulateur. En l’occurrence, le CONATEL. C’est pourquoi je m’adresse à vous. Non pas à ceux qui ont eu tout le loisir d’associer mon nom à une prétendue corruption. J’ai dit plus avant que j’étais surpris. Pourquoi?

1.    Par le manque d’éthique qui a caractérisé cette émission. Quel fut l’intérêt de cette campagne de calomnie? La protection de l’avoir des assurés? Je ne crois pas que les gens qui ont dit eux-mêmes qu’ils furent auteurs de nombreux soulèvements d’employés au sein de l’ONA peuvent, à bon droit, prétendre incarner cette noble cause? Pourquoi les commanditaires de cette campagne de déstabilisation de l’ONA s’acharnent-ils contre moi? Parce que j’ai osé refuser le pot-de-vin qu’ils m’ont offert par deux fois?

      L’éthique ne veut peut-être plus dire grand-chose, mais sachez que, dans ce pays, il n’y a  pas si longtemps, ce métier était exercé par des gens jaloux de leur indépendance et du respect de leur métier. Les rares brebis égarées qui faisaient fi de la déontologie et de
 l’éthique, étaient indexées et considérées comme des phénomènes.

      Je me permets d’insister sur l’éthique. Car ce métier qui confère le pouvoir de détruire, de
      transformer des rumeurs en vérité, de transformer le vice en vertu, quand il est exercé sans éthique devient vite un vecteur de valeurs éminemment dommageables à l’ensemble du corps social et à la Jeunesse notamment. Et quand vous accordez le microphone à des gens qui mettent d’autres personnes en accusation sans demander des preuves et surtout sans offrir, séance tenante, le droit à la défense aux diffamés, il s’agit d’un viol caractérisé de l’éthique élémentaire qui
 gouverne ce métier.

2.    Je suis surpris d’apprendre que je serais le grand organisateur de la corruption à l’ONA. Parce que je travaille pour une direction générale qui a osé s’attaquer de front à la grande corruption qui y sévissait? En général, quand une équipe veut continuer une pratique, il ne la dénonce pas publiquement. Elle n’interpelle pas la justice dans un dossier relatif à une fraude de HTG 23 millions perpétrée sous l’ancienne administration. Elle ne met pas sur pied une direction de l’audit interne avec des employés recrutés sur concours. Elle ne s’attaque pas à un portefeuille délinquant de plus de un milliard 400 millions de gourdes. Elle ne remet pas en question les contrats juteux. Car tous les administrateurs savent que la reconduction de tels accords qui impliquent de gros intérêts financiers rapporte de rondelettes sommes… Quand une équipe veut tirer des profits personnels d’un fonds, elle ne cherche pas à faire bénéficier les anciens contributeurs (les pensionnés) d’une meilleure rente ni les employés de l’ONA des conditions de travail décentes. En général, les concussionnaires qui rongent les fromages de la République ne modernisent pas. Ne transforment pas. Ils agissent loin de la lumière. Ils n’informatisent pas. Car les TIC constituent des éléments essentiels de contrôle des flux importants d’informations.

Je ne vais pas, cher Monsieur, étaler mes états de service dans la fonction publique haïtienne ni mes modestes contributions intellectuelles à la construction ici d’un Etat moderne et moins inégalitaire. Cependant, je veux souligner à votre attention que j’ai occupé de hautes fonctions dans l’Administration publique haïtienne. Lors je disposais du droit de signature. Je n’en suis pas sorti riche. En revanche, depuis plus de six ans, j’ai choisi de travailler dans les secteurs qui ont rapport avec la réduction de la pauvreté et l’exclusion sociale. Je crois que c’est essentiellement pour cela que j’aide (peut-être avec trop de fougue?) Monsieur Bernard DEGRAFF à permettre à l'ONA de renouer  avec sa mission première : « Garantir une retraite décente aux travailleurs. »

Monsieur le directeur, je ne vous demande pas de faire lire cette lettre sur vos ondes, comme la loi me l’autorise. En revanche, si vous la faites diffuser dans l’espace où les écarts furent produits, je crois que cela vous conférerait un peu plus de relief en tant que gentleman. Je ne souhaite pas non plus donner suite judiciaire à cette tentative d’atteinte à mon honneur. Je voulais simplement vous dire que le directeur de média que vous êtes à une grande responsabilité vis-à-vis de la cité. C’est à vous de décider dans quel sens vous souhaitez l’assumer.

Si jamais votre station a de réelles préoccupations dans l’exercice de mon rôle de conseiller spécial par rapport à la gestion du fonds, sachez que cette petite phrase tirée de Luc, verset 12, attribuée à Jésus a été et demeure le fondement de mon éthique personnelle : «  Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous? »

Jean-Robert SIMONISE

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