30 juillet 201/Ce lien profond qui unit les vrais jumeaux

Comment expliquer le phénomène à la lumière de la science moderne

Publié le 2012-08-08 | Le Nouvelliste

La presse européenne a  rapporté en début d’année le cas de deux jumelles nées en Indonésie et séparées depuis 29 ans, qui se sont retrouvées sur Facebook. Elles vivaient toutes les deux dans le Sud de la Suède, à 40 kilomètres l’une de l’autre.  Aucune d’entre elles ne savait qu’elle avait une sœur.  Selon l’agence Reuters, Emelie Falk avait confié à l’AFP qu’il lui avait fallu du temps pour réaliser que Lin Backman était sa sœur jumelle. 

Selon les propres mots de Emelie, « lorsque Lin m’a téléphoné pour m’annoncer les résultats des tests ADN, je me suis mise à rire parce que c’était vraiment trop bizarre. »  Et la jeune femme d’ajouter : « Soudain, j’ai réalisé que nous avions partagé le même utérus. »  Partager le même utérus ? Une expression biologiquement banale mais qui, pour les spécialistes du paranormal, aurait une grande signification.  Comme si la gémellité, la vraie pour être plus précis, avait une dimension qui dépasserait le cadre de la biologie classique.

Les jumeaux univitellins ou « vrais jumeaux» sont tout à fait différents des jumeaux bivitellins que l’on qualifie de ‘« faux jumeaux». Les vrais jumeaux proviennent d’un seul ovule fécondé par un seul spermatozoïde.  Sous l’effet de causes mal connues, l’œuf se scinde en deux parties égales et chaque moitié évolue pour son propre compte comme si elle était seule.  Ces jumeaux ont le même patrimoine héréditaire et sont, en quelque sorte, le même individu reproduit en deux exemplaires.

« Les vrais jumeaux présentent une extraordinaire ressemblance qui porte non seulement sur leur constitution physique, mais aussi sur leur physiologie, leurs maladies, leurs aptitudes, leurs facultés et leurs goûts », a écrit Robert Toquet.  Et l’anthropologue d’ajouter : « Leur destinée est même parfois identique. » Une telle affirmation ne saurait ne pas accrocher l’attention des chercheurs afin de faire le jour autour de ce lien profond qui semble exister entre les vrais jumeaux.

Les jumeaux dans la tradition vodou

Le vodou accorde une grande place aux jumeaux. Appelés « marasa », ils sont considérés comme doués d’une double puissance et sont vus comme des êtres d’élection possédant des pouvoirs surnaturels. Les familles ayant des jumeaux dans leurs lignées doivent leur faire des offrandes une fois l’an.

La coutume de « plat marasa » participe de la même croyance.  Ces plats faits de terre cuite non vernie sont en tout point semblables, une façon de respecter le gémellité.  L’enfant naissant après les jumeaux est appelé « dosa » si c’est une fille, et « dosou »  si c’est un garçon.  Mais laissons de côté ces croyances et traditions pour serrer de près le sujet.

Deux corps, un seul mental

Une toute petite fille est mordue par un galopin.  A cet instant précis, la sœur jumelle qui dormait dans son berceau, à quelque distance, se réveille en pleurant. Elle porte sur la joue la marque très nette des dents, à l’endroit exact où sa sœur a été mordue.  N’essayons pas pour l’instant de trouver une explication logique. Avançons plutôt.

 La jeune Barbara, nubile et vierge, doit subitement s’aliter en proie aux douleurs de l’accouchement. Le fait est que, rapporte un auteur, que sa sœur jumelle Gillian, qui attend réellement un enfant, vient  d’être admise en clinique.  La pauvre Barbara a souffert toutes les douleurs que devait endurer Gillian.  Et ces douleurs auront duré implacablement jusqu’au moment où Gillian mettra au monde une belle petite fille.  Le drôle de l’affaire est que Gillian qui était sous l’effet de l’anesthésie n’avait pas souffert.

Une aventure identique a été relevée dans le cas des jumelles Joan et Margaret Wynn.  Joan a dû supporter les douleurs de Margaret. Un chercheur a fait justement remarquer que la justice voudrait en pareil cas que de telles communications paranormales s’étendent « aux plaisirs comme aux douleurs du mariage, mais sur ce point la chronique est muette ».

Soulignons qu’il est ici question de vrais jumeaux, de jumeaux véritables, monozygotes, issus d’un seul œuf scindé après fécondation.  De tels jumeaux sont, rappelons-le, identiques d’aspect et ont à la naissance un système nerveux et un cerveau identiques tant par la structure que par le fonctionnement. Mais comme s’interroge L. Talamonti, « cette identité ne peut expliquer le fait étrange que des impressions sensorielles reçues par un des deux cerveaux par les voies normales se transmettent à l’autre ».

D’ailleurs, la physiologie ne nous a-t-elle pas appris que tout système nerveux existe et agit de par son propre organisme et ne peut avoir aucun effet sur celui d’autrui ?  C’est là un véritable dilemme si les cas que nous venons d’exposer correspondent à la réalité. A moins de se pencher vers l’hypothèse parapsychique, selon laquelle, le « mental ». Serait un « organe autonome et immatériel, dont le système nerveux est le coopérant sur le plan physique ».  A ce titre, « le mental n’est pas étroitement localisé selon les schémas corporels ».  Aussi certains auteurs conçoivent-ils « l’existence d’un centre psychique commun qui gouverne deux corps, suscite en ces deux corps les mêmes réactions psychophysiques à travers les deux cerveaux et même si le stimulus, douleur ou autre sensation, n’a affecté que l’un d’eux ».  Mais ne nous fions pas trop aux hypothèses par trop physicalistes qui sont souvent simplistes, voire grossières.         

Il y a quelques années, l’opinion publique américaine se passionna pour le cas de deux jumelles de trente et un ans, Jean et Betty Joe-Eeller, mortes soudainement au même instant, alors qu’elles étaient soignées dans deux pièces differentes du même hôpital.  La maladie dont elles étaient affectées était de moindre gravité.  Elle exigeait sans doute une assistance spéciale.  Mais rien n’expliquait les deux décès, ni surtout leur simultanéité.  Et l’autopsie ne révéla rien.  Arrêt du cœur, probablement, mais pour quelle raison.

On mena une enquête qui ne tarda pas à établir que les deux sœurs avaient insisté en vain pour être soignées en deux lits voisins d’une même chambre, mail il n’avait pas été possible de leur donner satisfaction.  Les médecins de l’hôpital pensèrent à une angoisse mortelle causée par cette séparation après une vie entière de constante union.  L’explication est tout à fait plausible, mais s’applique-t-elle vraiment à ce cas ? Pour plusieurs spécialistes du paranormal, l’hypothèse la plus plausible serait l’existence d’un centre psychique commun gouvernant les deux corps.

L’ego comme séparateur du mental unique

La deuxième approche se fonde sur l’argument d’après lequel quand deux êtres sont psychiquement soudés, leur séparation brusque tient de la maladroite séparation chirurgicale de deux frères siamois ayant en commun un organe vital.  Chez les jumeaux monozygotes, avancent les tenants de cette théorie, c’est au niveau du mental que se produit la soudure.  En cas de rupture, les deux cerveaux en subissent les conséquences.  Si les soudures peuvent être considérées comme invisibles, elles sont par contre terriblement efficaces.  « Elles se révèlent de manière tangible en cas d’émotions fortes, soit au niveau de la psyché : souffrance, tristesse, anxiété, joie, soit à celui des signes physiologiques qui accompagnent ces sentiments.»

Il a été relevé de nombreux cas soutenant la thèse des « émotions partagées » entre jumeaux. Un des jumeaux souffre-t-il d’une carie dentaire, l’autre ressent la douleur à la dent saine correspondante.  Le même phénomène s’est produit chez les jumelles Angela et Nicole Crouch. De tels cas ont été plusieurs fois observés et étudiés par des hommes de science dont Galton.

Il y a quelque temps, un jeune homme prénommé Paul se mettait soudain à hurler, serrant désespérément son visage dans ses mains.  Il disait ressentir comme une agonie. L’inquiétude de la mère, la cantatrice Marion Ryan, se comprend, mais, ainsi qu’elle le dira plus tard, elle s’inquiétait « pour le fils qui n’avait rien ». Le fils sérieusement blessé était le frère jumeau Berry atteint au visage dans un accident de voiture.

Dans une hypothèse générale, il est facile de noter un caractère commun à tous ces faits.  « Le cerveau n’y est pas acteur », précise un écrivain versé dans les questions métapsychiques, il est plutôt « résonateur ».  En termes explicites, « il est l’organe de jonction entre une réalité immatérielle et le corps, comme la machine à écrire sur laquelle prend peu à peu corps la réalité immatérielle d’un enchaînement d’idées.  La pensée subsisterait, même s’il n’y avait ni machine à écrire, ni manuscrit où s’incarner. Là est le point important ».

Dans ce contexte, le cerveau est perçu comme « un organe intermédiaire entre la pensée aux étonnantes richesses et le système neurocérébral aux possibilités très intéressantes, mais relativement modestes ».  Quant au mental, il est considéré comme « l’intermédiaire avec les autres humains et avec l’univers par des voies qui ne dépendent pas toujours de nos sens ».  Selon le même schéma d’interprétation, ce lien mental interpersonnel est, entre jumeaux homozygotes, « plus stable et plus évident ».  C’est en ce sens que quelqu’un a établi une comparaison entre psychisme superficiel et psychisme profond.

« Le psychisme profond a une fonction éminemment associative, contrastant avec le psychisme superficiel de l’ego, qui est, lui, de tendance isolationniste.  L’univers de l’ego est restreint, corporel et sensoriel, la psyché profonde est, elle, directement insérée dans le jeu des grandes forces cohésives de l’univers, jeu dont le moi de surface ne sait presque rien. »  Plus curieux encore

Les pensées partagées

Il y a une trentaine d’années, une firme de l’Allemagne de l’Ouest, productrice de charcuterie, lance sur tout le territoire national une vaste campagne publicitaire pour une nouvelle saucisse dite « saucisse de cocktail ».  Dans les principales villes allemandes et en divers pays sont établis des kiosques pour la vente de ces produits à des prix promotionnels. Les consommateurs sont invités à travailler leurs méninges pour trouver des slogans publicitaires.  Naturellement, la meilleure trouvaille sera primée.  Ce prix sera gagné en ex aequo par Anna S. et Elfrida B. Rien de plus normal, puisqu’il s’agissait d’un concours.  Mais poursuivons.

Anna et Elfrida sont  sœurs jumelles, et toutes deux mariées.  Elles ne se  sont pas vues depuis plusieurs années.  Aucune n’a éprouvé le besoin de confier à l’autre sa participation à ce concours. Plus curieux encore : elles ont proposé le même slogan ainsi conçu :« Chaque bouchée te ravit ». Hasard ?  Coïncidence ?  Peut-être. Mais rappelons que de telles coïncidences sont bien fréquentes entre jumeaux.  Galton que nous avons déjà cité relate le cas suivant relatif à deux jumeaux. L’un qui vit en Ecosse achète un service de verres à champagne pour en faire cadeau à son frère qui vit en Angleterre. Celui-ci dans le même  temps achète des verres identiques pour les donner à l’autre.  Mais revenons à la pathétique histoire des jumelles Emelie et Lin.

C’est sur Facebook qu’elles se sont rencontrées d’une façon vraiment étrange.  Emelie Falk écrit sa date de naissance et le nom de sa mère biologique. « C’est aussi le nom de ma mère et c’est la date de mon anniversaire ! a répondu Lin Backmann.

Selon le compte-rendu de differentes agences de presse, dont Reuters et l’AFP, elles sont nées le 18 mars 1983 à Semarang dans le Nord de l’Indonésie.  Elles ont été adoptées dans un orphelinat de leur localité par deux couples suédois.  Mais aucun de leurs documents ne mentionne l’existence d’une jumelle.  Sans entrer dans des détails, nous pouvons préciser que plusieurs démarches ont été entreprises par les parents adoptifs respectifs pour retrouver l’autre jumelle. En vain.  Même les documents d’adoption n’ont pas apporté  grand-chose.  Finalement, les Backmann et les Falk ont décidé de fermer le dossier.  Ils ne sont plus revus.

Mais une fois mariée, Emelie a commencé à penser à sa famille et à son adoption.  Puis elle s’est décidée à rechercher Lin, dit-elle. Les tests d’ADN réalisé après leur rencontre en janvier 2010, ont montré qu’il y a 99,98% de chance pour que Lin Backmann et Emelie Falk soient sœurs.  Ces tests ont bel et bien confirmé leurs intuitions. Depuis, elles sont restées en contact et ont envisagé de se rendre en Indonésie à la recherche de leurs parents biologiques.

Ce qui est plus étrange dans cette affaire, c’est qu’elles sont toutes les deux enseignantes, qu’elles se sont mariées le même jour, quoique à un an d’intervalle.  Elles ont dansé sur la même chanson de mariage : « You and Me » de Life house.     

Que dit la science ?

Comment rendre compte de ces différents cas ? Il est certainement facile de recourir au hasard et à la coïncidence pour les interpréter. Mis ne serait-ce pas là une attitude paresseuse, cherchant des solutions toutes faites pour évacuer les questions difficiles ou embarrassante.  Ne faudrait-il pas plutôt tenter de serrer le problème à partir d’une perspective vaste, donc ouverte.

Cyril Burt a tenté d’expliquer les fonctionnements mentaux parallèles des jumeaux homozygotes par une théorie personnelle, à savoir : « l’intégration entre deux champs psychophysiques partiellement ou complètement isomorphes ».  Certains chercheurs pensent qu’il n’y a rien de plus isomorphe que deux structures cérébrales entièrement semblables, telles que peuvent l’être celles des jumeaux homozygotes. Mais en admettant que cette théorie de type organiciste puisse expliquer la communication télépathique entre jumeaux, elle n’explique pas la communication paranormale entre deux personnes sans parenté aucune.  Donc elle ne rend pas compte de la généralité des cas recensés par les chercheurs. 

La théorie du mental sans frontières est tout aussi intéressante, en ce sens qu’elle pose l’existence d’un mental immatériel, avec l’ego comme séparateur. Ce qui revient à dire que, dans certaines circonstances, le séparateur peut céder la place au mental, qui est le véritable champ de communication entre les êtres humains, particulièrement chez les jumeaux homozygotes  Rappelons le mot d’Emelie :« Soudain, j'ai réalisé que nous avions partagé le même utérus. »

On peut aussi se référer au langage de la physique quantique, particulièrement celui de David Böhm  pour apporter une vision différente de la question. Ces communications qui ne semblent pas obéir aux lois de la physique classique se déroulent dans un autre ordre de réalité, l’ordre « implié », où la séparation n’existe pas, tout comme deux photons liés au départ restent en contact malgré les distances qui les séparent.  Si comme l’a dit le physicien, les cerveaux de tous les êtres seraient interconnectés entre eux et également interconnectés à l’univers, les cerveaux de jumeaux homozygotes le seraient davantage.

On peut aussi faire référence à la théorie de la résonance morphique et des champs morphogénétiques élaborée par le biologiste Rupert Sheldrake comme système explicatif de certaines formes de communication autrement incompréhensibles, pour rendre compte des cas rapportés.

L’hypothèse d’une communication paraneurologique entre mère et fœtus, qui  remonterait à  la période gestationnelle et qui émergerait lors de certaines poussées émotionnelles et dans le cas de certains états de crise, pourraient expliquer bien des choses.  Les spécialistes de la psychologie prénatale parlent de trois formes de communication in utero : la communication physiologique, la communication comportementale et la communication par sympathie.  Ainsi, ce serait le dernier mode de communication qui serait à l’origine des liens paranormaux, précisément télépathiques, entre mère et enfant, et probablement entre vrais jumeaux.

Un endocrinologue et praticien de la médecine ayurvédique pense que de tels cas permettent de comprendre que dans certaines circonstances, la réalité « ici, dedans» est connectée à la réalité « dehors, là-bas ». Tout se passe comme si le monde « du dedans, ici » coulait et se fondait avec celui « du dehors, là-bas ». A ce tournant, la physique quantique peut être appelée à la rescousse avec ses théories et ses formulations révolutionnaires de la réalité.  Comme l’a dit David Böhm, « tout est interconnecté dans l’univers et  rien n’est séparé ».

Dr Frantz Bernadin Chercheur en paranormal frantzbbernadin@yahoo.fr Auteur

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