Suite et fin
Retour critique au professeur Barrette
Les expériences conduites par Robert Morris, de l’Université de Duke, permet de douter une fois encore de l’approche de l’éthologue canadien. Les recherches de R. Morris, dans une maison soi-disant hantée du Kentucky, aux Etats-Unis, sont assez révélatrices. Ses collaborateurs et lui réunirent un ensemble d’animaux considérés comme des détecteurs vivants, à savoir : un chat, un rat, un chien et un crotale. Chaque animal fut amené par son propriétaire dans une pièce où un crime avait été commis autrefois.
Le rat n’eut aucune réaction. Mais le chien, à peine entré, grogna et se précipita vers la porte. Il refusa énergiquement de rester. A son tour, le chat sauta sur les épaules de son maitre, s’accrocha puis bondit sur le sol et se dirigea vers un fauteuil vide. Quant au crotale, il adopta immédiatement une posture d’attaque, la tête pointe vers la même chaise. Les expérimentateurs ne manquèrent pas de noter qu’aucun des trois animaux ne présenta une réaction semblable dans les autres pièces de la maison.
L’exemple suivant, bien que figurant dans un autre registre, est tout aussi révélateur. Aux Etats-Unis, il y a plusieurs années de cela, le propriétaire d’un chien était assis au café avec des amis en train de jouer aux cartes. Contrairement à son habitude, l’animal dérangeait continuellement son maitre par son agitation, ses cris, ses déplacements dans la pièce. Agacé, l’homme ouvrit la porte du café et laissa son chien sortir. Quelques minutes après, rentrant par la fenêtre, son chien recommença son manège. Son maitre, excédé, sortit du café avec lui pour le mettre dehors. A peine avait-il franchi le seuil que le plafond de l’établissement s’écroulait, ensevelissant les consommateurs.
Sur la même lancée, rapportons un autre cas qui avait retenu l’attention presque à la même période. A Oviedo, en Espagne, en 1961, un cheval qui tirait une charrette bloqua la circulation, en refusant obstinément de pénétrer dans le tunnel par lequel son maitre voulait le faire passer. Ni menaces ni coups de fouet ne réussissaient à le faire changer d’idée ou à le faire avancer. Un immense embouteillage se forma derrière lui, mais le concert de klaxons et les vociférations des conducteurs furent tout à coup couverts par un effroyable fracas : la voûte du tunnel s’était effondrée dans un bruit épouvantable. Chez nous, des cas de comportements étranges de certains animaux domestiques sont souvent relatés. Ils restent cependant dans le domaine de l’anecdotique, vu qu’aucune étude de ce phénomène n’a été entreprise par nos chercheurs.
L’hypothèse des êtres élémentaux
Christophe Vasey, un spiritualiste et ésotériste convaincu, a avancé une explication qui va à l’encontre des théories et hypothèses présentées plus haut, notamment celle du sixième sens.
« Ce sixième sens, s’il existait, devrait avoir pour caractéristique de saisir quel sera le phénomène naturel, le moment où il sévira, les conséquences qui en résulteront sur l’environnement et la réaction appropriée à lui opposer, et tout cela à l’avance. Cela fait beaucoup de choses pour un simple sens. Il doit par conséquent s’agir d’autre chose. »
Pour cet auteur qui vulgarise le Message du Graal dont l’un des organes de diffusion est « Le Monde du Graal », le comportement des animaux à l’approche d’une catastrophe naturelle est loin d’être une « perception anticipée », mais plutôt « la réception d’un avertissement provenant des forces personnifiées de la nature ». Ces forces ne sont autres que les « êtres élementaux ». Il cite à l’appui un extrait du tome 3 du Message du Graal.
« Les êtres élémentaux, quant à eux, savent exactement où et quand se produira une modification dans la nature, par exemple les éboulements ou les glissements de terrain, la chute d’un arbre, les effondrements dus à l’érosion, les ruptures de barrage, les inondations, les éruptions volcaniques, les raz de marée, les tremblements de terre et toute autre catastrophe de ce genre. Ils le savent parce qu’ils s’en occupent personnellement et que ces modifications qualifiées par les hommes d’accidents et de catastrophes sont préparées et provoquées par eux. Si donc un semblable événement est imminent, il peut arriver qu’un animal ou une personne qui s’approche de cet endroit soit averti par ces êtres élémentaux. Ils lui barrent le passage et, par des cris et des mouvements brusques, ou en faisant soudain impression sur sa sensibilité, ils cherchent à l’inciter à faire demi-tour. L’animal prend peur, ses poils se hérissent et il refuse énergiquement –de façon parfaitement contraire à ses habitudes- de poursuivre son chemin. C’est ainsi que l’animal le mieux dressé peut exceptionnellement refuser obéissance à son maitre. Telle est la raison du comportement étonnant de l’animal en pareilles circonstances. Mais l’homme ne voit pas ces êtres élémentaux et va bien souvent au devant du danger dans lequel il périt ou se trouve gravement atteint. »
Il va sans dire qu’une telle approche peut choquer plus d’un lecteur pour les raisons que voici :
- La question de l’existence des êtres élémentaux doit être préalablement éclaircie.
- Quelle voie utiliseraient ces élémentaux pour communiquer avec les animaux ou même avec les hommes.
- Pourquoi protéger tel ou tel vivant plutôt que tel autre ?
La pertinence de ces questions ne semblaient pas retenir l’attention de M. Vasey puisqu’il en a fait table rase. Il s’en est remis à la Bible pour étayer son argumentation. « C’est une entité qui empêche l’âne de Balaam de conduire son maitre dans la tribu voisine. Cette entité, désignée comme étant un ange dans le récit, n’est pas visible à Balaam, mais l’âne la voit et refuse d’avancer (Nombre 22 :28 – 34). »
A ce tournant, nous ne sommes plus sur le terrain stable de la science, nous nous trouvons dans du sable mouvant où les principes d’objectivité et de précision ne sont plus de mise. Bref, nous perdons pied.
Il est plus que certain que M. Barrette ne manquera pas de rejeter une telle approche, qu’il jugera certainement ‘« sans fondement » et motivée par le « désir de croire » qui est, selon lui, une attitude infantile pour expliquer des faits que l’homme n’arrive pas à comprendre.
On serait dès lors tenté de partager, ne serait-ce qu’en partie, son radicalisme scientifique. Mais le cas qui va être relaté appelle une réflexion préalable ou plutôt invite à la prudence quant aux conclusions à tirer face au comportement « anormal » ou « insolite » des animaux.
Il s’agit de l’histoire de ce canard du zoo de Fribourg, en Allemagne, qui, par ses cris avant le terrible bombardement du 27 novembre 1944, avait sauvé la vie à des habitants de ce quartier. D’ordinaire, l’animal ne poussait de cris qu’après la première sirène, celle de la préalarme. Mais cette fois-ci, il s’était manifesté assez longtemps avant l’alarme précédant le raid. Il fut victime de ce bombardement. Un monument a été érigé à la mémoire de ce canard dans le parc municipal de Fribourg.
Que conclure ? Sinon que les animaux peuvent, en certaines occasions, manifester des capacités surnormales qui vont au-delà d’une simple réaction instinctive. Mais il ne faudrait pas pour autant généraliser. Sans doute, ces manifestations paranormales se font-elles particulièrement remarquer quand l’espèce est en danger ou tout simplement lorsqu’un événement risque de mettre en péril les relations de l’animal avec son maitre. Mais ce n’est là qu’une hypothèse en plus !
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Pour en savoir plus
- Hans BENDER, L’Univers de la parapsychologie (Dangles).
- Lyall WATSON, Histoire naturelle du surnaturel (Albin Michel).
- Lyall WATSON, Histoire naturelle de la vie éternelle (Albin Michel).
- Christopher VASEY, « Catastrophes naturelles : comment les animaux sont-ils avertis ? », Le Monde du Graal Dr Frantz Bernadin Chercheur en Paranormal frantzbernadin@yaho.fr 264 (Editions du Graal).
- Christopher VASEY, « Catastrophes naturelles : pourquoi Dieu tolère-t-il cela ? », Le Monde du Graal, No 267 (Editions du Graal).
- Leo TALAMONTI, Univers interdit (J’Ai Lu/Aventure mystérieuse).
- Frantz BERNADIN, ‘’Paul, la pieuvre voyante de la coupe du monde 2010 : comment expliquer le phénomène ?’’ (Le Nouvelliste du 15 septembre 2010).
- Jean HAMANN, Un conte de fée, Université Laval, 13 Janvier 2005,
- Rupert SHELDRAKE, Les Pouvoirs inexpliqués des animaux (J’ai Lu/Aventure mystérieuse)
- Deepak CHOPRA, Le Livre des coïncidences (J’ai Lu/Aventure mystérieuse)
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