Forum de Sao Paulo

L'analyse de la conjoncture de l'Organisation du Peuple en Lutte

Publié le 2012-07-18 | Le Nouvelliste

Honorables dirigeants et délégués des partis frères du forum de Sào Paulo,

Distinguées invités,

Mesdames, Messieurs,

Mettant en application les résolutions adoptées lors de son IVe congrès tenu dans la ville des Cayes, métropole du département du Sud, du 26 au 28 août 2011, l’Organisation du Peule en Lutte (OPL) entre dans une phase de remembrement, de renforcement de ses structures locales, communales et départementales, de correction et de redéfinition de son action politique pour mieux répondre aux exigences nationales, régionales et internationales du monde du XXIe siècle. En d’autres termes, le parti se met en position de s’ajuster aux défis du monde globalisé.

Depuis 2004, à l’occasion même de la célébration du bicentenaire de son indépendance,  Haïti offre le triste spectacle d’un État effondré, pour la deuxième fois en l’espace de dix ans (1994-2004). Le destin du peuple haïtien est ainsi livré  aux mains de la communauté internationale, des organisation non gouvernementales (ONG) et des narcotrafiquants. Cette situation politique contraste  avec le passé glorieux d’une nation fière qui a conquis son indépendance en 1804, après avoir mis en déroute totale les troupes napoléoniennes.

La situation politique de ces quinze derniers mois est encore plus accablante : une mainmise totale des acteurs internationaux (gouvernements étrangers, OEA, ONU, et ONG confondus) sur Haïti.  Mainmise facilitée par l’auto-déresponsabilisation des élites nationales, phénomène qui accentue davantage le vide étatique actuel.

Les manœuvres de l’ancien président René Préval pour se maintenir au pouvoir ont transformé Haïti en arrière-cours des puissances occidentales dont les représentants n'hésitent même pas à passer des instructions, publiquement, aux dirigeants du pays qui, toute honte bue,  s’inclinent devant les quatre volontés de la communauté internationale. Ces manœuvres, la corruption ambiante, devenue galopante pour détourner au maximum l’aide d’urgence destinée aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’apparition du choléra et la désaffectation de tous les partis de l’opposition démocratique ont laissé la population sans repères et sans guide. A bout de souffle, les secteurs populaires se sont rebellés seuls, qui, moins d’un mois avant la date des élections, se sont attaqués à tous les symboles du pouvoir prévalien et de son regroupement fraîchement créé, INITE, que les gens ont vite dénommé INIQUITE.

Les acteurs internationaux sont intervenus rapidement pour bloquer l’action populaire et hisser au pouvoir un populiste de circonstance et un Parlement aux ordres. L’OEA a directement suppléé au Conseil electoral  Provisoire (CEP) en décidant des résultats à proclamer des premier et deuxième tours, à la fois de la présidentielle et des législatives, déniant ainsi au peuple haïtien tout droit de souveraineté. Aussi les forces onusiennes de la Minustah ont-elles été déployées sur le territoire haïtien pour garantir la survivance d’un Etat défaillant et corrompu, pratiquant une politique de criminalité associée au trafic des narcotiques et à toutes sortes de contrebande. De cette façon, toute possibilité d’émancipation des couches populaires s’avère dangereusement difficile, hypothéquant du même coup la lutte pour la récupération de notre dignité, de même que celle pour le recouvrement de notre souveraineté.

Les décisions antinationales des élites haïtiennes et des puissances internationales ont créé une situation à la fois complexe et compliquée. D’un côté, un pouvoir exécutif totalement novice en politique, sans base populaire réelle, sans appui parlementaire et constitué en majorité d’anciens duvaliéristes ou de fils de duvaliéristes, le président lui-même affichant des attaches avec les putschistes de 1991 et son principal atout demeurant la tradition présidentialiste de la faune politique haïtienne et du secteur des affaires.

De l’autre côté, sans majorité parlementaire relative  issue de la mouvance lavalassienne, rafistolée par l’ancien président René Préval aux couleurs de la plateforme INITE, conspuée dans les dix départements mais bénéficiant étrangement du soutien des puissances internationales et de la complicité ouverte de la machine électorale. La tendance à l’autoritarisme du président Michel Joseph Martelly et les pratiques de corruption au Parlement ont fait perdre à la nation neuf mois de gouvernance sur les douze de la première année du quinquennat de Michel Joseph Martelly. Les scandales découlant de l’arrestation d’un parlementaire et ceux liés au financement dominicain clandestin de la campagne électorale du président Michel Joseph Martelly, la passation de contrats frauduleux avec des partenaires dominicains, des menaces d’arrestation de personnalités politiques accusés, à tort ou à raison, de complot contre la sûreté de l’Etat,  et des querelles sur la nationalité d’officiels : autant d’éléments nocifs qui, pourtant, ne sont pas parvenus à détourner les observateurs avisés des vrais problèmes nationaux comme le chômage endémique, la détérioration des revenus de la classe moyenne, l’insalubrité choquante, la misère intolérable, l’environnement délabré et tous types d’insécurité sociale ou naturelle touchant surtout les couches plus vulnérables.

Face à ce tableau désolant, déconcertant, l’OPL se positionne donc comme le PARTI DU PEUPLE HAITIEN. En conséquence, elle s’attelle à la difficile bataille pour la reconquête de la dignité et de la souveraineté du peuple haïtien  sur son territoire, qui passe par la refondation de l’Etat-Nation, la reprise du contrôle de la fiscalité aux mains des contrebandiers et des narcotrafiquants, la lutte contre la corruption et la mise en place d’une administration saine, la définition et la constitution des forces de répression légales et constitutionnelles et surtout par la conclusion d’un pacte intergénérationnel entre tous les acteurs de la nation, garantissant la formulation, l’acceptation et la mise en œuvre d’un plan stratégique de sauvetage national.

Les prochaines joutes électorales mettront  aux prises ceux qui sont pour le maintien des troupes étrangères en Haïti, afin de consolider leurs privilèges politiques économiques et sociaux, et ceux qui exigent l’établissement d’un calendrier de départ des troupes onusiennes ainsi que la mise en place et le renforcement des institutions étatiques. Cela implique la signature d’un pacte d’inclusion, de progrès et de prospérité partagés, facilitant la refondation de l’Etat-Nation. Ayant opté pour une Haïti libre, moderne, prospère et solidaire, l’OPL a déjà choisi son camp : celui de la nouvelle Haïti devant émerger tant des ruines du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 que des politiques antinationales et antipopulaires pratiquées sous la dictature des Duvalier (1957-1986), le pouvoir Lavalas (1990-2010) et le néoduvaliérisme, actuellement en vigueur, qui utilise un discours fallacieux de changement. Telle est notre profession de foi patriotique.

Chers collègues des partis frères de gauche et de centre gauche latino-américains, voici brièvement exposée, dans toute sa nudité, la situation dramatique prévalant en Haïti. Nous vous la présentons sans détour, confiants en l’esprit de solidarité et de fraternité qui unit si heureusement les nations sœurs d’Amérique latine et de la Caraïbe. L’Organisation du Peuple en Lutte (l’OPL) s’ouvre à vous pour le triomphe des luttes communes à livrer et à gagner ensemble.

Caracas,  le 6 juillet 2012

Pour le comité exécutif de l'OPL,

                                
Sauveur Pierre Etienne                               
Coordonnateur général                              

Ivelt chéry
Secrétaire Exécutif

William Kénel Pierre
Coordonnateur aux Relations internationales

Sénateur François Anick Joseph
Coordonnateur à la formation

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