Rio + 20, ou l'urgence de dire basta

Publié le 2012-06-15 | Le Nouvelliste

Le coeur du monde va battre au Brésil du 20 au 22 juin. Pas parce qu'on se déhanchera au son de la samba. Pas parce qu'on criera « viva » pour un drible de Neymar. Mais plutôt parce que des écolos, des altermondialistes vont crier basta. Assez d'hypocrisie pour finalement adopter des mesures. Celles pour sauver la planète bleue, réduire les émissions de gaz à effet de serre. Celles pour que les grandes puissances respectent les protocoles établissant les niveaux d'émissions de CO2 entre-autres. 20 ans après Rio, des chefs d'Etat et de gouvernement de la planète discuteront, tenteront aussi d'identifier des réponses à apporter aux crises économiques et climatiques. On parlera biodiversité, développement humain, financements innovants pour le développement humain, de la sécurité alimentaire, de la gestion des ressources en eau. Mais,depuis Rio il y a 20 ans et Kyoto après, les protocoles n'ont pas eu la cote alors que les indicateurs de la catastrophe environnementale étaient de plus en plus visibles. La fonte des glaciers dans le Pôle Nord, l'augmentation de la température de la terre, le phénomène El Nino. La liste peut s'allonger à souhait. Et tout le monde se souvient du GIEC, un groupe d'experts internationaux sur l'environnement ayant donné encore plus de raison d'angoisser.Surtout dans les iles, les petits pays insulaires. Autant que l'on se souvienne, Haïti est une île. Donc, exposée aux menaces de la montée des eaux des océans et des déséquilibres climatiques. Un mal additionnel au drame de cette île de 27 750 kilomètres carrés disposant, selon ce qui est ressassé depuis des années, de moins de 2 % de couverture forestière. Une île, qui pis est, placée sous des latitudes prisées par les cyclones. Une île endolorie par Jeanne en 2004 et par quatre cyclones dévastateurs en 2008. Entre-temps, alors que les écolos du monde entier, les experts, les Etats réfléchissent à des actions concrètes et efficaces à poser, en Haïti on est, confie un vieux militant vert, dans « le bouyi vide », « le mache prese ». Bref, le « fòk nou Rio » sans trop savoir pourquoi et ce qu'on y fera. L'administration Martelly, laquelle a fait de l'environnement l'une de ses priorités, n'a pas de plan. La reforestation reste à date un slogan. Aucune politique énergétique viable n'a été présentée pour réduire la pression sur nos ressources ligneuses en fournissant des alternatives énergétiques ou pour constituer des forêts énergétiques compte tenu de la peur bleue des Haïtiens du propane. On est figé dans le grand n'importe quoi, les colloques à n'en plus finir, les shows médiatiques pour amuser la galerie, le montage de petits projets sans lendemain tandis que les averses démontrent à quel point nous sommes vulnérables. Pourtant, il y a plusieurs décennies, la déclaration d'état d'urgence environnementale était assortie de propositions concrètes. Mais bon, il est toujours bon pour chaque ministre de faires son propre petit colloque.N'est-ce pas ? A ce stade, est-ce que la société haïtienne comprendra la nécessité d'une action citoyenne pour faire face à la dégradation environnementale,cette menace pour notre avenir, la stabilité politique et économique du pays ? L'absence de politiques publiques dans le domaine ne renseigne-t-elle pas sur une absence de volonté politique ? Alors que l'on annonce la mobilisation de dizaines de millions de gourdes pour planter des arbres au morne L'Hôpital par exemple, est-ce que l'on ne devrait pas prouver notre capacité à stopper la destruction de nos aires protégées ? Quel est, en passant,le bilan des actions pour réhabiliter des bassins versants ? Est-ce qu'il y a une actualisation des actions effectuées par tous les opérateurs tant publics que privés ? En tout cas, bien longtemps après Rio +20, nous continuerons à nous morfondre dans ce que nous savons faire le mieux: rien. Rien d'efficace pour être plus généreux. Rio + 20 sera également un bon prétexte pour démasquer les incapacités en Haïti, montrer l'absence de volonté des grandes puissances qui veulent protéger, disent-elles, leurs industries au détriment de la planète bleue. Et surtout l'occasion de dire basta. En toute urgence.
Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com roberson_alphonse@yahoo.com Auteur

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