G9 an fanmi ak alye ne supporte aucun camp politique, selon Jean Rebel Dorcénat

Publié le 2020-07-20 | lenouvelliste.com

Jean Rebel Dorcénat, dans une interview le mardi 14 juillet dernier sur Magik 9, a rejeté les accusations faisant croire que la coalition « G9 an fanmi ak alye, un regroupement d’au moins neuf chefs de gangs dans la région métropolitaine, travaillerait pour le pouvoir en place. Les membres du G9 m’ont fait savoir qu’ils ne supportent personne, a rapporté Jean Rebel Dorcénat. Les moyens de fonctionnement des membres du G9 proviennent, bien avant qu’ils se soient regroupés, d’autres secteurs de la vie nationale. «  J’entends des accusations contre le pouvoir mais le jour où ces messieurs se décideront de citer des noms, le pays explosera », affirme le porte-parole de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR).  Il accuse certaines personnes dont il n’a pas voulu dévoiler les noms de manipuler ces jeunes tout en faisant porter le chapeau au gouvernement. 

« Si le gouvernement ne prend pas en considération les revendications du G9 dans les quartiers, pourquoi le G9 serait-il à son service? », s'interroge Jean Rebel Dorcénat, qui a voulu insister sur l’indépendance des bandits armés par rapport au pouvoir en place.

Jean Rebel Dorcénat confirme que des discussions ont déjà commencé avec les responsables du FAES dans le cadre du projet financé à hauteur de 40 millions de dollars par la Banque interaméricaine de développement, qui comprend un important volet « travail contre rémunération » dans les quartiers contrôlés par les gangs. Il indique que le gouvernement va débloquer des fonds en faveur de la CNDDR en vue de faciliter la réalisation de projets de réinsertion. Il a toutefois précisé que ceux qui ont commis des crimes réprimés par la société ne pourront pas bénéficier de ces programmes.

Alors que la CNDDR a du mal à désarmer les membres des gangs, Jean Rebel Dorcénat déclare que la quantité d’armes en circulation dans le pays a augmenté depuis la période de « peyi lòk ». « Toutes les armes étaient sorties. Ce n’était pas d'un seul camp. Je ne dédouane personne », dit-il. Il pointe du doigt également d'anciens parlementaires qui avaient des armes à leur disposition pour leur sécurité. « Où sont passées ces armes? » se demande-t-il.

M. Dorcénat avoue qu'il avait averti les présidents du Sénat et de la Chambre des députés du danger que représentent les armes des parlementaires qui allaient ne plus avoir de mandat. La CNDDR ne sait quelles dispositions avaient été prises ni où sont passées les armes des élus et leurs nombreux agents de sécurité. 

Les actes de kidnapping ont repris dans la capitale ces derniers jours. Environ cinq personnes ont été kidnappées et séquestrées à Cité Soleil la semaine dernière, d’après le porte-parole de la Commission de désarmement, de démantèlement et de réinsertion. Jean Rebel Dorcénat confirme avoir eu des conversations avec Iscard, Mathias et un proche de Gabriel, les trois chefs de gangs qui désormais contrôlent cette commune de la région métropolitaine. « Ils se sont chacun lavé les mains tout en s’accusant mutuellement.  Les hommes d’Iscard accusent ceux de Gabriel de kidnapper les gens pour avoir les moyens de s’approvisionner en munitions tandis que Gabriel, lui, accuse Iscard de kidnapper les gens afin de trouver un bon prétexte pour envahir son territoire.  C’est dans ce contexte d’accusations mutuelles qu’ils ont commencé à s’affronter. C’est ainsi qu'un bébé de huit mois a été tué la semaine dernière », rapporte Jean Rebel Dorcénat sur Magik 9 le 14 juillet dernier.  

Ce qui s’est passé dimanche dernier est un incident en plus, a dit Jean Rebel Dorcénat, qui rappelle que les contentieux entre les différents chefs de gangs qui se battent pour le contrôle des territoires ne datent pas d’hier. Le porte-parole de la CNDDR confirme avoir eu lundi 13 juillet une rencontre séparée avec Gabriel et Iscard. « Gabriel sollicite une trêve mais Iscard lui ne veut pas uniquement d’une trêve. Il souhaite un accord de paix avec Gabriel puisqu’il a expliqué que la trêve ne va durer que quelques jours », rapporte Jean Rebel Dorcénat.

Iscard est le porte-parole du « G9 an fanmi et alye » qui est un regroupement d’au moins neuf chefs de gangs dans la région métropolitaine. Gabriel ne fait pas partie de cette coalition. « Gabriel n’a jamais eu cette intention même dans ses rêves », dit Jean Rebel Dorcénat, qui confirme avoir eu une conversation avec le chef de gang sur cette question. « Je lui ai parlé personnellement, il m’a dit qu’il peut un jour faire la paix avec quelqu’un mais ce n’est pas dans le cadre d’une coalition et qu’il ne comprend pas ce qui se passe à propos du G9 », avait indiqué M. Dorcénat, qui souhaite une entente entre les gangs. C’est le seul moyen, selon lui, d’entreprendre des projets dans les quartiers pauvres.

Danio Darius
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