Festival de théâtre Quatre Chemins

Bonne chance à Quatre Chemins!

Cette 14e édition du festival Quatre Chemins s’inscrit définitivement sous le signe du renouveau. Et c’est probablement ce que nous n’aurons de cesse de répéter jusqu’au 2 décembre prochain. L’affluence qu’il y a eue au local du Centre d’art ce lundi, au lancement de l’événement, est de bon augure. Et c’est Guy Régis Junior et son infatigable staff qui sont heureux.

Publié le 2017-11-22 | lenouvelliste.com

Par Péguy F. C. Pierre

Pour avoir pratiquement tout dit du festival lors de la conférence de presse du 6 novembre, Guy Régis a peu parlé cet après-midi là. L'excitation de voir ses efforts aussi bien récompensés par l'affluence au lancement lui enlevait les mots de la bouche. Il a quand même réussi à souhaiter la bienvenue au public de Quatre Chemins, avant de décliner les activités prévues plus tard dans la soirée et de céder la parole à Michèle Duvivier Pierre-Louis, présente pour l'occasion.

Michèle D. Pierre-Louis, large sourire et élégance coutumière, se fait une joie d’ouvrir cette nouvelle édition qu’elle appelle le « défi de la continuité ». Et qui mieux qu’elle peut soutenir ce propos ? Car c’est bien avec la Fokal que Quatre Chemins a commencé. Lorsqu’un groupe d’artistes de la Belgique abordent l’institution qu’elle dirige, il y a de cela quatorze ans, parce qu’ils voulaient travailler avec des comédiens haïtiens et français pour « appuyer le théâtre dans un pays où toutes les lignes officielles vous poussent vers d’autres priorités, plus criantes et visibles », elle n’hésite pas une seule seconde à s’engager avec eux, la Fokal étant elle-même déjà embarquée dans une démarche d’art citoyen. C’est donc avec plaisir et fierté que Michèle Pierre-Louis a introduit la 14e édition du festival qu’elle a vu naître et que Junior (appeler Guy Régis ainsi est une prérogative dont elle est la seule à user) dirige depuis quatre ans.

« Deux idées-forces ont dominé notre démarche, a commencé l’ancien Premier ministre. D’abord l’ancrage que fut le théâtre citoyen dans ce pays frappé autant par les catastrophes naturelles qu’humaines, pour faire en sorte que le théâtre puisse dire, critiquer, nommer, exposer et, bien entendu, permettre de rire. Et, en second lieu, le fait de choisir des lieux absolument non traditionnels comme la rue, les marchés publics, les gaguerres dans ce pays qui ne possède aucune salle de théâtre […] Nous souhaitons longue vie à ce festival de théâtre que nous continuerons de soutenir et nous espérons que tous nos partenaires feront de même.»

Rudy Demotte, ministre-président de la Fédération francophone de la Wallonie-Bruxelles, Belgique, en mission au pays depuis le 19 novembre, était de passage à ce lancement. Pour lui, les Wallons et les Bruxellois ont en commun avec les Haïtiens une approche très modeste empreinte d’autodérision et d’humour. Mais ils ont aussi en commun la place que chacun accorde à la culture, dans leur manière de saisir l’importance de dépasser les frontières par les échanges. Le ministre président n’a pas manqué non plus de souligner que la brutalité étant devenue de plus en plus importante, il n’y avait pas d’adjuvant plus essentiel contre les tyrans que le chemin de la culture.

La Suisse, qui est le dernier pays à rejoindre Quatre Chemins en tant que partenaire, a aussi marqué cette ouverture. Son ambassadeur, monsieur Jean-Luc Virchaux, a, quant à lui, souhaité bon vent au festival tout en se disant heureux d’accompagner les organisateurs.

Une fois cette partie cérémonielle sans collet monté achevée, le temps était aux embrassades et aux retrouvailles. Entre ceux qui sont rentrés au pays à l’occasion du festival et ceux qui revenaient à la vie culturelle après une longue pause – les petites bouchées servies par-ci par-là aidant –, la cordialité, l’excitation et la bonne humeur étaient les maîtres mots de ce lancement. Le cocktail qu’il faut pour dire bonne chance à Quatre Chemins !



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