Catastrophes naturelles

Menace dans le Nord : « Il faut adopter des mesures concrètes », plaide Michèle Oriol

Publié le 2021-08-24 | lenouvelliste.com

Toutes les prévisions scientifiques évoquent un haut risque de passage de catastrophes naturelles dans le grand Nord du pays. Plusieurs études ont déjà montré que les conséquences pourraient s’avérer désastreuses notamment au Cap-Haïtien où les constructions anarchiques pullulent. La sociologue Michèle Oriol, invitée mardi soir à l’émission « Haïti, Sa k ap kwit » sur télé 20, exhorte les responsables à adopter une politique de communication de proximité auprès de la population et à prendre des mesures préventives afin d’éviter le pire.

« L’un des plus grands dangers planant sur le Cap-Haïtien concerne les anciennes maisons en tuf  avec des étages qui n’ont pourtant pas une base solide », s’inquiète la sociologue, évoquant les risques plutôt élevés concernant le Nord, comme le montrent différentes études scientifiques.

Pour Michèle Oriol, il n'y a pas d’autres choix : « Notre travail est d’anticiper pour éviter le moins de dégâts possible. », « Dans le cas du Cap-Haïtien, les autorités doivent assumer leurs responsabilités et faire ce qui doit être fait. Il y a des maisons à détruire. Beaucoup d’études sont réalisées dans le Nord, mais il faut sortir des études pour formuler des recommandations, adopter des mesures concrètes », recommande Michèle Oriol, secrétaire exécutive du Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT).

D’après la sociologue, il faut des examens approfondis pour analyser la capacité de résistance des maisons au Cap-Haïtien. Il y a des maisons sur lesquelles on érige 4 ou 5 étages qui sont effrayantes au Cap-Haïtien, sans tenir compte de leurs bases. « Il faut agir dans le Nord de manière préventive. On n'a pas beaucoup de temps pour le Nord. Il faut des actions spécifiques, en termes de prévision de catastrophes naturelles, notamment de tsunami », croit madame Oriol.

Pour éviter le pire, Michèle Oriol conseille aux autorités d'adopter des mesures pour limiter les dégâts que peuvent provoquer les catastrophes naturelles qui menacent le Nord. Selon elle, il faut discuter avec les citoyens du Nord pour qu’ils saisissent les enjeux et les risques auxquels ils sont exposés. Une communication de proximité est nécessaire. Les autorités haïtiennes devraient intervenir auprès de responsables d'institutions internationales, mais également auprès d'institutions locales.

Michèle Oriol plaide en faveur d’une évaluation des maisons tant au Cap-Haïtien que dans tout le reste du pays. Elle insiste sur la nécessité de sensibiliser la population aux éventuels impacts négatifs des catastrophes naturelles. « Nous avons suffisamment de références scientifiques pour effectuer des interventions claires. Il revient aux décideurs politiques de comprendre, de faire montre d'une volonté politique et de se doter des moyens pour agir », d’après Michèle Oriol, ajoutant qu’il faut comprendre les problèmes pour agir adéquatement.



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