Assassinat de Jovenel Moïse : l’université haïtienne, choquée, exige que les coupables soient punis

Publié le 2021-07-13 | lenouvelliste.com

L’assassinat du président de la République, Jovenel Moïse, le 7 juillet dernier, ne laisse pas indifférent le secteurs de l’université, à l’instar de différents autres secteurs de la société. Se disant consternée par ce crime perpétré en la résidence du président, où l’épouse de ce dernier est sortie blessée, la Conférence des recteurs, des présidents et dirigeants d’institutions d’enseignement supérieur haïtiens (Corpuha) a souligné, dans une note acheminée à la rédaction, sa consternation et appelé les autorités compétentes à adopter toutes les mesures nécessaires pour retrouver les coupables, auteurs et coauteurs du forfait.

Le professeur Jean Robert Charles, président de la Corpuha, structure qui rassemble d'importantes universités publiques et privées du pays, invite tous les acteurs politiques et les organisations de la société civile à s’unir et à trouver une concertation afin de sortir le pays de cette situation de confusion dans laquelle il partage depuis des lustres.

De son côté, le recteur de l’Université Quisqueya, Jacquy Lumarque, a évoqué la stupeur avec laquelle le rectorat a appris l’assassinat du président Jovenel Moïse et l’attaque dont a été victime son épouse Martine Moïse, tous deux anciens étudiants de cette institution universitaire. Le rectorat dit se ranger aux côtés de ceux et de celles qui considèrent ce crime comme un acte odieux, lâche et contraire aux valeurs démocratiques. 

Jacquy Lumarque dit souhaiter que les responsables de l’assassinat du chef de l’Etat, à tous les niveaux, soient retrouvés et condamnés, dans le respect de la loi. « L’impunité chronique et le non-établissement des responsabilités débilitent notre système judiciaire, encouragent les régimes oppressifs et contrarient les efforts de la société pour établir un État de droit », souligne-t-il.

Pour le responsable d’université, les forces vives du pays, pour la jeunesse haïtienne qui représente l’espoir d’Haïti, doivent tout faire aujourd’hui pour éviter le rendez-vous avec le chaos qui s’annonce. Il exhorte les responsables à parvenir à un accord politique solide et irréfutable qui comble le vide constitutionnel, ouvre l’avenir et permet le dépassement définitif de la tragédie actuelle.  

« Cette attaque odieuse est un affront à la démocratie, au droit à la vie et à la dignité de la personne humaine. Personne n'a le droit d'ôter la vie à une personne dans de telles circonstances, quelle que soit la mésentente politique, sociale, économique et religieuse », affirme, pour sa part, un groupe d’universitaires, interpellés par l’assassinat du président Jovenel Moïse.

Se regroupant sous le label « Collectif des chercheurs haïtiens et universitaires pour la démocratie et l’État de droit (COCHUDED) », ces universitaires disent condamner, dans les termes les plus forts et sincères, cet acte barbare orchestré sur la personne du président. « Ce crime de trop ne doit pas rester impuni. La République doit donner un exemple et fixer la responsabilité des auteurs et coauteurs de cet assassinat afin que celui-ci ne soit plus reproduit dans la République », estiment-ils.

Le collectif appelle les autorités haïtiennes, les forces vives du pays et la communauté internationale à traiter ce dossier avec transparence afin de dire la vérité et toute la vérité au peuple haïtien. Ces universitaires affirment s’opposer à toute velléité ou initiative visant à laisser l'enquête sur l'assassinat du président Jovenel Moïse sous la responsabilité unique de la communauté internationale.

Pour le Collectif universitaire, l’assassinat enfonce davantage Haïti dans une crise dangereuse. La crise politique est, selon eux, une anomalie dans le fonctionnement des sociétés démocratiques.  Cette crise bloque le progrès social, économique, politique, écologique et culturel. La mort tragique du président de la République, Jovenel Moïse, marque, en outre, l’aboutissement d’une situation en décomposition où la violence devient la seule forme de dialogue possible pour sortir le pays du marasme.



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