Quand des agents de l’USGPN s’entraînent dans nos rues

N’est pas policier qui veut ! Encore moins ne devient-on agent de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN) sur un coup de tête ! C’est du moins la conclusion qu’on a tirée ce 26 mars en tentant de suivre la « marche tactique » de l’USGPN qui s’est déroulée à travers Port-au-Prince pour le troisième dimanche consécutif depuis le 12 mars.

Publié le 2017-03-30 | lenouvelliste.com

Depuis trois dimanches, une partie des agents de l’USGPN marchent à travers la capitale. Tout au long du parcours, des badauds, ignorant qu’il s’agit là d’un entraînement pour ces policiers affectés au Palais national, ont dans l’ensemble exprimé des commentaires favorables à la marche. Ce dimanche, nous les avions accompagnés, du moins avions-nous essayé. Le rendez-vous était fixé pour 6 h a.m., mais finalement on prend la route aux environs de 7 h a.m. tandis que le soleil commence à poindre. Très vite, notre ambition de les suivre à pied a commencé à faiblir. Déjà, le parcours de l’hôtel El Rancho, leur point de départ ce jour-là, à Pétion-Ville, distance qui, on le comprendra plus tard, ne représente même pas un quart de leur itinéraire, s’avère pour nous plus difficile que prévu. Les policiers, au nombre de 70 ce dimanche, armés et en uniforme, marchent, s’arrêtent par moments pour des instructions ou pour l’exécution de certaines figures, ce qui fait exprimer à un passant sa nostalgie du temps des parades militaires. Dans les rangs, personne ne se plaint, ni n’exprime sa fatigue. Dégoulinant de sueur, les agents traversent Pétion-Ville et mettent le cap sur le Canapé-Vert. Se faufilant dans les différents corridors qui peuplent notre pays, ils évitent par moments l’avenue principale. Mais détrompez-vous, il ne s’agit pas là de raccourcis. Ces sentiers essentiellement piétons sont des fois à pic et les escaliers qu’on y retrouve ne peuvent qu’augmenter le niveau d’exercice recherché. En fin de matinée, ces agents chargés de protéger le premier citoyen de la République regagnent leur base, au Palais national. « Tout s’est bien passé. Au départ c’était très fatigant, puis on s’y est habitué. Je pense que c’est une belle initiative. Le président est tout le temps en train de marcher. On doit pouvoir marcher nous aussi. Je me rappelle d’ailleurs que sous la présidence de Michel Martelly il nous arrivait de marcher beaucoup alors qu’on ne faisait aucun exercice physique », confie un des agents, encore haletant après ses kilomètres de marche. « Ça fait longtemps que nous n’avions pas eu ce genre d’activités. Laj ap antre sou nèg yo. Fatig nan kò nou. Il nous faut ce genre d’initiatives pour maintenir la forme. Le président aimerait marcher. On doit pouvoir l’accompagner. J’aurai sans doute encore mal au corps quand j’arriverai chez moi, mais je pense que mon organisme finira par s’y habituer », explique un autre agent qui informe que ce ne sont pas les mêmes agents qui marchent chaque dimanche. « Cela se fait par rotation. Le commandant nous a bien expliqué que ce sont les agents qui ne travaillent pas le lundi d’après qui font la marche », précise-t-il. Dimitri Hérard, commandant en chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national depuis février 2017, nous explique en marge que cette initiative est une sorte d’entraînement pour sa division. « Ce n’est pas un défilé, explique-t-il, c’est une marche tactique pour préparer notre équipe aux habitudes de l’actuel président qui, comme son prédécesseur, aime les bains de foule et les promenades à pied. » Le numéro un explique que ceux qui marchent sont ceux qui sont libres le dimanche et le lundi. « Il faut, explique-t-il, de bonnes heures de sommeil la veille mais aussi éviter le tabac et l’alcool au maximum pour être au top. » Formé à l’École supérieure militaire Eloy Alfaro, en Équateur, Dimitri Hérard a rejoint la police nationale en novembre 2013. Le nouveau commandant assure que d’autres changements auront lieu dans son unité au cours des mois à venir.


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