À Haïti, la résistance au bouleversement climatique s’organise

Haïti est l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique. Des habitants se sont décidés à agir pour restaurer l’environnement et améliorer leurs conditions de vie.

Publié le 2015-12-16 | lenouvelliste.com

Inondations, sécheresses, cyclones… Haïti vit déjà tous les événements météorologiques extrêmes. « Nous sommes au cœur du changement climatique, souligne David Tilus, président du Groupe d’action francophone pour l’environnement (Gafe). Certains endroits n’existent plus, des terres n’arrivent plus à donner de la nourriture ». Pas question pour autant de réduire le pays à l’image d’un peuple qui souffre : « On met toujours la misère en exergue, mais des citoyens se défoncent pour donner un autre visage à Haïti. Des communes veulent valoriser leur territoire. Les gens ont compris qu’ils doivent s’organiser pour faire face. » Avec son association, David Tilus a conçu un jeu de rôles. Objectif : faire travailler ensemble des élus, des ONG et des notables, pour développer au mieux la commune. Chaque partie devait endosser le rôle d’une autre : rien de tel pour se comprendre. L’expérience a débouché notamment sur la plantation d’arbres fruitiers et de jatropha. Cet arbuste, résistant à la sécheresse, donne une huile qui alimente réchauds et lampes, et permet de fabriquer du savon. Une façon de lutter contre le déboisement important dans la région, tout en permettant aux habitants d’obtenir une source d’énergie locale et des revenus. À l’automne 2015, l’association a organisé un village des alternatives, le premier Alternatiba hors d’Europe. « On a dit aux gens : au lieu de parler de problèmes, on va aborder les solutions. Quelle que soit la couleur de votre peau, votre situation économique, chacun peut participer pour montrer ce qu’il sait faire. » L’opération a eu tellement de succès que plusieurs villages des alternatives sont déjà prévus en 2016. « Dans le monde où nous vivons, il faut être utile, affirme David Tilus. Les ressources vont diminuer de jour en jour. Il faut essayer de se regrouper, de travailler en lien pour y remédier. » De la COP21, David Tilus n’attend rien. Pour lui, l’enjeu ne réside pas dans un éventuel accord, mais plutôt dans les rencontres et l’énergie qui s’en dégage. Il en est sûr, elles sont la clé du monde de demain.
Carine Mayo http://www.nationalgeographic.fr/24701-cop21-quand-les-haitiens-refusent-de-disparaitre/
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