Steven I. Benoit, opposant déclaré de Martelly

Pour le sénateur Steven Y. Benoit, le round d'observation des actes du nouveau pouvoir est terminé. « Le pays marche mal », selon le parlementaire, décidé à ne pas se murer dans le silence.

Publié le 2011-09-27 | lenouvelliste.com

Le sénateur Steven Y. Benoît passe à l'opposition. « Le pays marche mal », a-t-il dit, égrenant, d'un ton quelque peu survolté, les 12 charges de son acte d'accusation contre le président Michel Joseph Martelly, au pouvoir depuis quatre mois. Contraint, selon lui, de sortir de son mutisme et d'écourter le round d'observation du nouveau pouvoir, le sénateur Benoît indique avoir noté la tentation du chef de l'Etat de vouloir « tout accaparer », en annonçant son intention de mettre sur pied un Conseil électoral provisoire (CEP), contrairement à ce que prescrit l'amendement de la Constitution. Martelly, sur ce dossier, affiche les mêmes tendances que René Préval et Jean-Bertrand Aristide qu'il critiquait jadis, a relevé Steven Benoît. Nominations irrégulières Comme un pitbull, le premier sénateur de l'Ouest s'en est pris au président, qui, d'après lui, a commis une « violation flagrante de la constitution » en nommant récemment des directeur généraux, sans tenir compte du décret sur le fonctionnement du conseil des ministres. Le Sénat attend toujours les minutes du Conseil des ministres et l'arrêté de ces nominations, a expliqué le sénateur Steven Benoît, surpris du silence du reste de la société sur cette affaire. « Le président peut nommer qui il veut, mais cela doit se faire selon les normes », a-t-il nuancé. CIRH « Le même président qui avait dénoncé le gaspillage de 4 milliards de dollars fait aujourd'hui des éloges en veux-tu en voilà pour la CIRH dont il s'apprête à demander une reconduction tacite », a indiqué Steven I. Benoît, qui, au passage, dénonce la situation difficile des sinistrés vivant sous des tentes, 18 mois après la création de la CIRH. MINUSTAH Le Sénat a adopté une résolution demandant un départ progressif de la MINUSTAH, a-t-il insisté, soulignant cependant que demander ce départ « demain matin aurait été irresponsable ». « Nous avons demandé que la MINUSTAH s'en aille au plus tard en octobre 2012 », a dit Steven Benoit, favorable au retour d'une armée nationale pour prendre le relais. Cour de cassation « Je trouve anormal que le président ait renvoyé au Sénat la liste. D'ailleurs, le sénat a revérifié et renvoyé la liste au président Martelly, a indiqué le sénateur Benoît. Si le président ne veut pas que la Cour de cassation et le CSPJ fonctionnent, qu'il le dise pour que l'on puisse savoir que l'on continue à nommer des juges des cours d'appel, de tribunaux de première instance, de la Cour de cassation comme on le faisait depuis 25 ans », s'est offusqué le parlementaire. Sur les frais scolaires « Au lieu de publier la loi sur les frais scolaires rapidement pour empêcher aux directeurs d'écoles peu scrupuleux de dépouiller les parents, le président est resté muet », s'est désolé Steven Y. Benoît, seul homme politique à avoir officiellement affirmé être passé à l'opposition du président Michel Joseph Martelly qu'il appelait son « ami ».
Roberson Alphonse
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