La police nationale abandonne Duvivier, Drouillard…

Depuis la prise d’assaut des antennes de police par des bandits lourdement armés dans la nuit du 5 au 6 juin 2021, les agents de police ont abandonné notamment Drouillard et Duvivier. Ce lundi matin, celle de Duvivier était tout bonnement fermée. À Drouillard, la porte d’entrée de l’un des deux bâtiments constituant l’antenne est entrouverte. Pourtant aucun agent de police n’est remarqué depuis cette attaque qui a causé la mort de  l’inspecteur divisionnaire Myradel Adolphe et fait un blessé, le policier Fedlin Luc.

Publié le 2021-06-22 | lenouvelliste.com

Cité Soleil, au nord de Port-au-Prince, semble être abandonnée par les forces de l'ordre depuis les attaques ciblées des bandits armés contre les antennes de la police nationale à Duvivier, à Drouillard, à Sierra 2 et à la gare routière des Gonaïves. Depuis ces attaques,  aucun agent de police, du moins en uniforme, n’a été remarqué ni à Duvivier ni à Drouillard. Des antennes, a-t-on appris, ont été pillées après le passage des hommes armés qui ont ravi les armes et les équipements de communication des policiers. Au total, 13 fusils de calibre 12, quatre fusils d’assaut Galil et un fusil T-65 ont été emportés.

Deux semaines après, la situation n’a pas changé. L’antenne de Duvivier est restée fermée. Les agents de police semblent se retirer de la route 9, de Duvivier jusqu’à l’antenne de « Village Zoranje », en passant par « Fouji ». Les gangs armés imposent leur volonté. Drouillard est également laissé pour compte. Ce n’est qu’à l’antenne de Trois-Mains, sur la route de l’aéroport, et au sous-commissariat de Cazeau que l’on trouve des policiers qui sont présents dans leur base.

Ces artères habitées ne sont sous aucun contrôle policier. Avant cette pénurie d’essence due aux affrontements armés, lors des embouteillages, c'étaient des civils, parfois armés, qui assuraient la circulation à Duvivier et à Drouillard sans être inquiétés. Certains en profitaient pour quémander. Pour éviter le pire, de nombreux automobilistes étaient obligés de se bousculer à Clercine pour arriver sur la route de l’aéroport.

Duvivier et Drouillard ne sont peut-être pas les seules zones qui échappent au contrôle de la police nationale. Depuis les affrontements à Martissant, à Fontamara et au bas Delmas, tous les véhicules de transport en commun assurant les trajets Delmas ou Clercine vers Portail arpentent les routes de Delmas 30, Nazon ou Delmas 24.

Delmas 18, 2 et le boulevard Harry Truman - communément appelé VAR pour décrire la menace qui y plane - ne sont plus utilisés. Les plus têtus arrivent jusqu’à la piste, à côté de la base du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO).



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