Lancement du Cadre intégré national pour le financement du développement durable d’Haïti

Le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), en collaboration avec le Programme d’aide au développement, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement et le Bureau du coordonnateur résident, a lancé, jeudi 6 mai 2021,  le Cadre intégré national pour le financement du développement durable d’Haïti. « Un projet de consultation nationale qui vise à appuyer le pays dans la définition des priorités pour la mobilisation des ressources de financement en faveur de la réalisation des objectifs de développement durable ».

Publié le 2021-05-07 | lenouvelliste.com

Le Cadre intégré national pour le financement du développement durable, selon Fernando Hiraldo, le représentant résident du PNUD en Haïti, l’un des acteurs chargés de coordonner le programme, « est un outil de planification et de mise en œuvre pour aider les pays à renforcer les processus de planification et à surmonter les obstacles au financement du développement durable et des ODD au niveau national ». « Il présente l’éventail complet des sources de financement – sources nationales et internationales de financement public et privé- et permet au pays de développer une stratégie pour accroitre les investissements, gérer les risques et atteindre les priorités de développement durable », a fait savoir M. Hiraldo.

Une aide qui vient à temps, selon Isabelle Durant, la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, autre organe chargé de la coordination du programme. « Il n’y a pas de fatalité et il est temps de briser le cycle de la pauvreté et de parvenir à une croissance inclusive », conseille-t-elle lors de son intervention via une vidéo préenregistrée.

Bruno Lemarquis, coordonnateur résident des Nations unies, responsable de superviser le programme, a dressé un bilan négatif d’Haïti quant aux attentes de l’agenda 2030. Il a évoqué la pression fiscale haïtienne qui vacille autour de 7 % du PIB, en-dessous de 10 % au mieux contre 23 % dans la région Amérique latine et Caraïbes. Citant la Banque mondiale, il a estimé que le taux de pauvreté en Haïti serait à 61 % en 2021. Il a avancé que 40 % de la population, soit 4.4 millions de personnes, est en situation d’insécurité alimentaire entre le mois de mars et celui de juin, dont 1.2 million dans le niveau d’urgence. Il  a évoqué également la position d’Haïti dans le classement mondial  sur les crises alimentaires publié récemment, le pays est au 10e rang mondial en termes de population affectée. « Ces défaillances, d’après le coordonnateur résident des Nations unies, sont dues à l’existence de causes systématiques et structurelles, le nœud gordien qui sont liés à des questions de modèle de gouvernance, politique, économique et institutionnelle ».

Michel Patrick Boisvert, ministre de la Planification et de la Coopération externe, qui détient également le portefeuille de l’Économie et des Finances (deux institutions nationales  impliquées dans la supervision du programme) a annoncé la composition « d’un comité de pilotage qui sera composé de directeurs généraux des principaux ministères concernés par le projet ». Ce dernier a mis l’accent sur la nécessité d’une synergie entre les différents acteurs du pays tels que le secteur privé, la société civile, la presse, le monde universitaire, pour la réussite de ce programme.

Aucun élément prioritaire n’est encore identifié pour le lancement du chantier, à en croire le ministre Boisvert, les secteurs de priorité vont être définis en consultation avec les secteurs préénumérés.

Lors du sommet spécial réalisé à Addis-Abeba par des chefs d’État et de gouvernement sur le développement durable en 2015, 17 Objectifs de développement durable (ODD), tels que l’éradication de la  pauvreté, la lutte contre la faim, l’accès à la santé, ont été évoqués comme plan d’action pour les populations du monde dont la mise en œuvre est fixée sur une échéance de 14 ans, soit entre 2016-2030. Pour accélérer l’atteinte des ODD, le secrétaire général des Nations unies avait lancé un appel à la proposition de fonds pour les Pays moins avancés. C’est dans ce cadre qu’Haïti avait soumis une proposition de programme conjoint à deux composantes dudit fonds. La composante I, relative à la dotation du pays d’un cadre intégré national de financement a été approuvée, alors que la  composante II reste toujours pendante.

Wesdter Lyvert www.lyvertwesdterjosue@gmail.com
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