RDNP/Édito/Vendredi 7 mai 2021

Que veulent-ils, finalement ?

Publié le 2021-05-06 | lenouvelliste.com

Rien ne peut justifier les abominations commises par les seigneurs du crime, ces derniers temps, dans le pays : kidnapping, aveugle et en série, ponctué par des assassinats, froides liquidations, meurtres suspects d’opposants, de personnes gênantes. Rien de ce qui se passe ne peut être attribué aux pertes en vie humaine planifiées dans une stratégie de luttes clandestines menées par des organisations, marquées idéologiquement. Tout ce qui se trame, aujourd’hui, sous la houlette magique d’une coalition nationale et internationale, loin d’une lutte pour le pouvoir politique, s’apparente à des menées subversives visant l’effondrement total d’une société paisible, mais rebelle, ou la faillite constatée, avérée, d’un État pauvre apparemment, pourtant, potentiellement riche. Au sein du Rassemblement des Démocrates, Nationaux, Progressistes (RDNP), c’est notre lecture, des nombreux faits de cette conjoncture sociopolitique délétère, qui, toutefois, n’écarte pas la dure réalité sous-jacente d’un jeu macabre, cynique, inconscient de forces nationales d’argent sale au service de l’international…

Que veulent-ils donc ? Si ce n’est l’anéantissement d’une large couche consciente de la population ou l’affaissement complet de toutes les institutions de l’État, pire encore, la reddition sans conditions de tous les défenseurs, porte-étendards, vigies de la Nation. Si ce n’est cette fuite sauvage des cerveaux, des énergies créatrices, poussés par la peur, le désespoir vers des terres étrangères.

Nous ne déterminons plus l’économie de cette guerre pitoyable autorisée que livrent les «bandits légaux fédérés» contre cette population paisible alors que le pouvoir actuel , ses supporteurs-profiteurs et les soi-disant Amis d’Haïti persistent à croire possibles, la tenue d’un referendum constitutionnel et d’élections dans les conditions sécuritaires actuelles. Que peuvent-ils vouloir, si ce n’est une permanence du chaos, le règne de la division pour régner ou la déstabilisation permanente des forces vives, saines, en vue de court-circuiter toute tentative d’un sursaut collectif pour le renouveau national ? Quel avenir peut-on vouloir planifier à partir d’une situation désespérée et désespérante d’une société rongée par la grande peur de vivre, meurtrie par le spectre quotidien de la mort sanglante, cruelle, en plus, gratuite ? Quel lendemain voudrait-on construire sur les ruines de l’âme d’une population traumatisée, appauvrie, si ce n’est une société de zombis ?

Détrompez-vous ! Nous, du RDNP, sommes en droit de vous dire que votre plan, par trop sordide, cynique, révolte la conscience de Grenadiers, Guerriers de lumière, Magistratures morales qui, désormais, sont à pied d’œuvre pour conjurer ce mauvais sort, réaliser l’union qui doit faire la force et provoquer la déroute des apatrides et éternels contempteurs. Nous étions toujours certains que les opprimés finissent par comprendre que toute la force des oppresseurs réside dans l’incapacité, pour eux, de s’affirmer dans une même communauté d’intérêts, de reconnaitre leur pareille condition d’existence et de se donner un destin unique. C’était le choix historique délibéré fait par les esclaves des champs, qui ont pu être rejoints par les affranchis, pour sortir sous le joug du système occidental, colonialiste, impérialiste, raciste, imposé, durant plusieurs siècles, sur cette terre conquise au prix du sang, d’une indemnité injuste et criminelle qui nous a été léguée en héritage.

En dignes, responsables, authentiques filles et fils de la Patrie commune, intellectuels, politiques, membres de la société civile décident de conjuguer leur force, leur intelligence, pour proposer à la Nation une alternative, viable et fiable, à la situation de déchéance sociale, de désespérance politique, de misère économique, exacerbée par le règne des «bandits légaux fédérés». Ils se font donc un point d’honneur de sortir le pays de l’abîme, dans lequel il est plongé, tuant l’espoir, hypothéquant l’avenir des générations montantes, menaçant de destruction l’âme nationale. Elle n’est pas ambitieuse, cette alternative de vouloir se présenter sous la forme d’un plan de sortie de cette crise multidimensionnelle qui peut prendre en compte les vraies «causes de nos malheurs» passés et présents, pour bâtir l’avenir sur la restauration de l’autorité de l’État, sur la dignité, la compétence de dirigeants responsables, sur l’implication de citoyennes et citoyens, de bonne foi, de bonne volonté et de bon commerce dans la gestion transparente de la chose publique. Pas du tout irréaliste, cette alternative de se proposer d’être initiée, conçue, exécutée, financée par et pour nous-mêmes de sorte que nous soyons, résolument, maîtres de notre destin de peuple indépendant, souverain, et, de rechercher l’accord, voire, l’appui des vrais Amis d’Haïti.

Les filles et fils authentiques de l’intérieur comme de l’extérieur, soucieux de transformer le pays en terre promise pour tous, doivent s’impliquer dans ce projet d’une nouvelle société civile pouvant se constituer en «force de manifestation» incontournable, en vrais «agents de transformation», chargés de bien marquer la rupture avec ce régime de barbarie et de proposer de «nouveaux paradigmes de base» : la stabilité politique, la bonne gouvernance, l’émancipation sociale, la relance de l’économie nationale, une société régénérée et solidaire.

Pour nos Aïeux, pour nos enfants !

Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’à la victoire finale.

Met men, pran desten nou an men. 

Eric Jean Baptiste

Secrétaire Général RDNP

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