Le poste de transfusion sanguine de Jérémie opérationnel, mais les donneurs se font rares

Publié le 2021-05-05 | lenouvelliste.com

Les patients à Jérémie ont longtemps souffert de l'absence d'une banque de sang dans le département. Autrefois, les proches des malades devaient prendre la nationale numéro 7 pour se rendre aux Cayes en vue de se procurer une pochette de sang dans la ville des Cayes. Il arrivait que les femmes enceintes meurent faute de sang disponible à l'hôpital Saint-Antoine de Jérémie. Pour les blessés graves et les femmes enceintes surtout, il fallait éviter de se rendre au centre hospitalier de référence de la ville de Jérémie, car c'était trop risqué. Aujourd'hui, le poste de transfusion sanguine de Jérémie est à 100% opérationnel, mais les gens, sans doute, peu sensibilisés à cette pratique, refusent encore de faire don de leur sang.

Le directeur de l’hôpital, le Dr Azor Pierre Robert, lance un appel

« Presque chaque jour, on rencontre des cas d’accident de circulation. Le plus souvent, on enregistre une forte demande de sang pour les blessés graves. Plusieurs services de l’hôpital Saint-Antoine de Jérémie nécessitent aussi beaucoup de sang, tels que : la salle d'opération, la maternité, les urgences, la chirurgie et parfois le service de médecine interne. Mais comment alimenter tous ces services si les donneurs refusent de faire ce geste humanitaire ? », s'inquiète le Dr Azor Pierre Robert.

À en croire ce dernier, les potentiels donneurs cultivent une mauvaise pratique, à savoir attendre qu’un proche tombe malade pour venir donner du sang, ce qui ralentit la collecte et qui n’est pas sans conséquence sur l’approvisionnement.

«  En cas de besoin, les gens n’ont aucun frais à payer pour bénéficier d'une pochette de sang, mais c’est plus facile et plus rapide, quand vous êtes un donneur habituel. Ce dernier est déjà enregistré sur une liste, et ses proches, si jamais ils tombent malades, peuvent en bénéficier sans même trouver un donneur pour remplacer la pochette qui va être livrée », rassure le responsable de l’hôpital, qui croit fermement qu'un travail de sensibilisation mérite d’être entrepris auprès de la population.

Pour le médecin Jean Laurent qui est le chef du service de la maternité, les jeunes et futures mamans présentent souvent des signes d’anémie. « Vous imaginez, souligne le praticien, ce qui peut arriver si elles ne peuvent trouver une pochette de sang pendant l’accouchement. Ce sera malheureusement une grande perte pour la famille en question. Les gens ont intérêt à agir de façon responsable et se présenter au poste de transfusion chaque mois pour faire le don du sang, ce serait rassurant, conseille le Dr Jean Laurent.

Des écoliers donneurs, une stratégie du poste de transfusion sanguine

Josiane Félix et Saint-Fleur Barbara Marie Lainsa sont deux technologistes médicaux travaillant au poste de transfusion sanguine de l’hôpital Saint- Antoine de Jérémie. Elles racontent les problèmes rencontrés tous les jours et les stratégies utilisées pour y remédier.

Les donneurs, on en reçoit tous les jours mais pas assez. On utilise une autre stratégie pour trouver des personnes qui veulent faire un don de sang. Chaque mois, on est obligé d'aller dans une ou deux écoles de la ville, surtout dans les lycées, afin de sensibiliser et de faire comprendre aux écoliers l'importance de ce geste humanitaire dans la vie des gens. On en profite alors pour collecter quelques pochettes aux volontaires, qui veulent aider», expliquent les techniciennes en laboratoire. 

À la question de connaitre si le nombre de demandes et de donneurs reçus chaque mois, St Fleur Barbara Marie Lainsa répond : « Les demandes, je peux vous assurer, elles vont croissantes, mais il serait mieux d'en collecter constamment même si ce n’est pas un membre de famille d’un malade », recommande St Fleur Barbara Marie Lainsa. Elle dit proposer un travail de sensibilisation pour conscientiser les gens à venir faire un don et faire en sorte que le sang soit toujours disponible pour les malades qui en auront besoin.

La durée de vie d’une poche de sang, selon le Dr Azor Pierre Robert,  est de 42 jours. Une personne transfusée, précise-t-il, peut donc être assurée que le sang qu’elle reçoit est frais et n’a pas été conservé des mois au congélateur. Le Dr invite, par ailleurs, les gens qui peuvent se déplacer, à se rendre au poste de transfusion sanguine se trouvant à l’intérieur de l’hôpital Saint-Antoine de Jérémie pour faire un don parce que le besoin est une nécessité absolue.

Flavien Janvier jflavien50@gmail.com
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