La PNH ne peut pas confirmer la mort du policier Guerby Geffrard

Publié le 2021-05-05 | lenouvelliste.com

Le mystère plane sur la disparition du policier Guerby Geffrard, membre du syndicat SPNH-17. Depuis le week-end écoulé, une photo de lui  vêtu d’une chemise blanche plongée dans un liquide semblable à du sang laisse croire qu’il serait mort. Jusqu’à ce mercredi 5 mai, le coordonnateur du SPNH-17 n’était pas en mesure de confirmer sa mort. Jean Elder lundi a préféré parler de « disparition ».

« Nous sommes informés par les réseaux sociaux que Guerby Geffrard serait mort. Nous avons analysé la photo mais nous ne sommes pas en mesure de confirmer une telle information. Nous allons continuer de suivre son évolution. Entre-temps, le service du SPNH-17 poursuit son enquête. Nous avons contacté les membres de sa famille : son père, sa femme, son frère, ses proches, ils ont les mêmes questionnement sur ce qui se passe », a fait savoir Jean Elder Lundi, qui se montre très prudent dans le cadre de cette affaire.

Estimant que le puzzle manque de pièces, M. Lundi a préféré parler de disparition au lieu de mort. Pour le directeur général de la PNH, Léon Charles, il ne s'agit ni d’assassinat ni d’enlèvement ou encore moins de disparition « Concernant le cas de Guerby Geffrard, nous avons appris comme tout le monde que le citoyen serait assassiné. Des photos circulent dans la presse, mais nous n’avons pas encore vu de cadavre. La police judiciaire mène une enquête pour déterminer ce qui s’est  réellement passé, mais en tant que PNH, nous ne sommes pas en mesure de confirmer un cas d’assassinat ou de disparition », a répondu le numéro un de la Police nationale d'Haïti lors d’une conférence donnée mardi 4 mai 2021 en la résidence du Premier ministre par intérim, Claude Joseph.

Les membres du SPNH-17, a-t-il soutenu, disent se mettre à couvert mais ils affirment être prêts à répondre aux questions de la DCPJ ou de l’IGPNH

Le coordonnateur du SPNH-17 continue de dénoncer les actes d’intimidation dont sont l'objet les membres de cette structure qui sont contraints  de se cacher. Une situation insoutenable. « Je suis obligé de me mettre à couvert, je ne peux pas voir ma famille, je ne peux même pas me déplacer pour aller à la banque pour répondre à mes besoins. Nous sommes des policiers, nous ne sommes pas des bandits, les accusations portées contre nous sont fausses. Il est temps pour  eux de se ressaisir afin de nous donner les moyens de fonctionner comme des policiers », s'est-il plaint.

À l’issue d’une rencontre tenue lundi dernier entre le directeur général de la PNH, Léon Charles, et environ 50 policiers dont des membres et anciens membres du SPNH-17, le chef de la PNH  a dit n’avoir aucun problème avec les membres du syndicat mais avec le désordre, a rapporté Elder Lundi, qui l’invite à faire ses preuves. « S’il n’a aucun problème avec le SPNH-17, qu’il prenne des mesures urgentes pour libérer Abelson Gros-Nègre, enlever les avis de recherche contre les membres du SPNH-17, annuler les interdictions de départ.  Nous voulons vivre comme des personnes, comme des policiers qui veulent remplir leur mission », a poursuivi l’inspecteur.

Jean Elder Lundi a annoncé que les syndicalistes étaient disponibles à répondre aux questions  de la Direction centrale de la police judiciaire ou encore de l’IGPNH. Cependant, il dit poser des conditions. « Nous demandons au directeur général de l’institution policière de prendre des dispositions pour lever les mesures d'intimidation. S’ils veulent nous poser des questions, nous nous mettrons disponibles pour y répondre. Nous sommes disposés à répondre aux questions de la DCPJ ou de l’IGPNH mais il faut qu’ils enlèvent les mandats », a-t-il exigé.

Germina Pierre Louis
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