« L’insécurité est cautionnée par le pouvoir en place », déclare l’ex-député PHTK Antoine Rodon Bien-Aimé

Le phénomène de l’insécurité bat son plein dans le pays, notamment à la capitale où les cas de kidnapping augmentent quasiment tous les jours.Le 1er mai dernier, au moment de prononcer son discours fleuve à Marion (Nord-Est), le chef de l’Etat Jovenel Moïse a avancé que 80% des cas de kidnapping du pays sont politiques. Sa déclaration est loin d’être prise au sérieux par l'ancien parlementaire proche du régime PHTK, Antoine Rodon Bien-Aimé, qui dénonce la complicité du pouvoir avec les bandits.

Publié le 2021-05-04 | lenouvelliste.com

L’ex-député de la commune de Cercavajal affirme  qu’il n’est pas surpris des propos du chef de l’État. « Le  président Jovenel (Moïse) peut dire n’importe quoi. Avec sa bouche, tout lui est devenu facile à  balancer. S’il n’était pas en train de mentir à lui-même, il les aurait déjà arrêtés… », soutient Antoine Rodon Bien-Aimé, qui était, lundi soir,  sur le plateau de « Haïti, sa k ap kwit ». 

Pour l'ancien proche du régime PHTK, Jovenel Moïse «continue de mentir» au peuple haïtien. Sinon, il aurait déjà envoyé un signal, en commençant par arrêter les individus impliqués dans les cas de kidnapping. Il aurait déjà mis la main au collet des kidnappeurs, a dénoncé celui qui décide de se rallier, il n'y a pas longtemps, à la bataille de certains acteurs de l'opposition qui continuent d'exiger le départ du locataire du Palais national

M. Bien-Aimé, devenu un opposant farouche à l’exécutif, affirme que, « tôt ou tard, le président répondra de ses questions, pour n’avoir rien fait. Il a une mission. Une responsabilité de protéger le peuple haïtien, le sécuriser et garantir son bien-être. Si les dirigeants voulaient mettre fin au kidnapping, ils les auraient fait... », estime Antoine Rondon Bien-Aimé, qui pense que cette situation profite au pouvoir. « Lorsque le président parle de politique, il sait de quoi il parle. S’il savait que quelqu’un de l’opposition s’y était impliqué, de près ou de loin, il serait déjà arrêté », constate l’ex-parlementaire, qui appelle Jovenel Moïse à dire la vérité à la nation.

Par ailleurs, l’opposant politique annonce que les différents pôles  l’opposition cherchent à trouver un accord politique pour continuer d’exiger  un départ ordonné du chef de l’État haïtien. Il évoque des pourparlers avec des acteurs de l’international, tout comme ceux de la vie nationale pour trouver un moyen de renverser du pouvoir Jovenel Moïse qui, lui, met le cap sur la tenue d’un référendum ( pour changer la Constitution) et sur l’organisation des prochaines élections.



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