Hinche : les vodouisants réclament la libération des personnes enlevées et disent non à l’insécurité

Publié le 2021-04-30 | lenouvelliste.com

Dans le département du Centre, des voix s'élèvent pour dénoncer les cas d'enlèvement contre rançon qui ne cessent de se multiplier. Ce vendredi, les vodouisants ont marché de leur base à Rhodé, localité de la quatrième section Aguahédionde Rive Droite à la place Charlemagne Péralte en passant par plusieurs rues et quartiers de la ville de Hinche. Les protestataires ont dénoncé la recrudescence des cas d'assassinat, d'enlèvement contre rançon dans le pays et réclamé la libération de tous les gens enlevés et séquestrés par des ravisseurs à Port-au-Prince.

« C'en est assez. Nous demandons aux esprits des quatre vents de se mettre ensemble pour éradiquer le fléau du kidnapping sur le pays. Trop de gens disparaissent en un clin d'œil! Ça ne peut plus continuer! Il faut mettre un terme aux actes répréhensibles des bandits légaux! », a scandé le houngan Jeanel Jean, un des chefs de file du mouvement des vodouisants réunis pour libérer Haïti des forces invisibles assoiffées de sang.

Certains protestataires s’en sont même pris au président de la République et au Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) qui n'ont rien fait pour combattre ce fléau qui déstabilise les familles haïtiennes. Vodouisants, chrétiens, étudiants, médecins, simples citoyens, motards et chauffeurs de véhicules lourds ont marché pour dire non à l'insécurité généralisée qui sévit dans le pays.

Arrivés au pied du «Bawon Samdi» au cimetière communal de Hinche, des cérémonies vodouesques et des cris ont éclaté de partout pour appeler au secours aux ancêtres afin qu'ils viennent en aide à la république désespérée. Ce qui a provoqué de vives émotions qui poussent plus d'un à se révolter contre ce système d'exploitation en Haïti.

« Nous nous sommes réunis dans ce temple pour trouver l'énergie positive afin de libérer le pays comme c'était le cas aux Gonaïves le premier janvier 1804 », s'écrie Jeanel Jean, frustré et révolté par la montée vertigineuse des actes de banditisme et de kidnapping qui endeuillent le pays depuis plus d'un an.

La journée de ce vendredi a également été marquée par une journée de réflexion organisée sur le rôle du «lwa Zaka», patron des travailleurs dans plusieurs banlieues du département. Des personnes et des véhicules ont été remarqués à la même heure dans les parages. Des barricades de pneus enflammés ont aussi été érigées en signe de protestation contre les actions des kidnappeurs pour déstabiliser la lutte des gens (paysans) de biens dans le pays.

 « Nous demandons à "kouzen Zaka", patron des travailleurs, de nous apporter la paix pour le bonheur des filles et fils d'Haïti. Si rien n'est fait pour freiner les actions des gangs, le pays connaîtra des jours sombres », a averti Marc Simon, représentant de Badènide, une association de vodouisants.

Joram Moncher monchejoram6@gmail.com
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