Accord politique inclusif, à la recherche d’une médiation avec la participation de l’international

Le président du Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (MTVAyiti), le Dr Réginald Boulos, estime inconcevable un tête-à-tête entre l’opposition et « des personnes qui ont fait beaucoup de torts au pays ».  S’il préconise un accord politique inclusif, le numéro un du MTVAyiti croit qu’une médiation est nécessaire.

Publié le 2021-04-28 | lenouvelliste.com

Peu de temps après que le Core Group a « exprimé sa profonde préoccupation face à l’absence d’un accord politique qui permettrait la mise en œuvre d’un calendrier électoral dans un climat propice », cinq partis et regroupements politiques de l’opposition, à savoir En Avant, Entente nationale pour une transition de rupture (ENTENTE), Forces nationales pour la démocratie (FND), Mouvement pour la transformation et la valorisation d’Haïti (MTVAyiti) et  Operasyon Tèt Ansanm, ont signé une déclaration conjointe sur la nécessité de trouver un accord inclusif entre tous les acteurs impliqués dans la crise qui sévit dans le pays.

Le Dr Réginald Boulos, président du MTVAyiti, l’un des partis signataires de cette déclaration conjointe, qui apportait des précisions à l’émission Panel Magik, ce mercredi 28 avril 2021, croit qu’il est nécessaire de trouver un accord politique inclusif dans le pays. Pour y arriver, la négociation représente l’unique voie possible, croit M. Boulos. L’homme d’affaires n’écarte pas la possibilité d’inclure à cette négociation des partis proches de l’équipe de Jovenel Moïse. « Je ne crois pas que nous puissions parler d’accord inclusif en excluant que le départ de Jovenel Moïse doit passer par un accord qui prévoit un départ ordonné de ce dernier », a-t-il lancé avant d’ajouter qu’un départ ordonné nécessite un dialogue sur ses mécanismes.

Cependant Réginald Boulos croit qu’une médiation est nécessaire. « Des médiations se font de manière indirecte sans que tous les protagonistes soient autour de la même table. S’il y a un médiateur qui veut faire la navette entre les différentes parties, c’est en ce sens que nous disons qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour sauver le pays […] et reprendre la voie de la démocratie », a fait savoir le leader du MTVAyiti.  

« Il sera très difficile d'avoir un tête-à-tête avec des parties et des personnes qui ont fait beaucoup de torts au pays. Quelque part, il faut que nou concluions un accord avec ces gens que nous accusons de crimes financiers et de sang, car cela se fait dans plusieurs pays, mais nous souhaitons qu'il y ait une médiation », a fait valoir Dr Boulos.

En ce qui concerne la famille politique de Jovenel Moïse, Réginald Boulos pense qu’elle seule peut décider si elle sera de l’accord politique. « Nous n’allons aider aucune famille politique qui a pillé le pays à avoir un renouveau », tacle M. Boulos, qui avoue que la frange de l’opposition dont il est membre ne peut pas décider de qui va représenter qui dans l’accord. Réginald Boulos révèle que les partis signataires de la déclaration conjointe sont prêts à faire certaines concessions. « Nous sommes prêts également à faire des sacrifices. Le seul sacrifice que nous ne sommes pas prêts à faire c’est de participer à de fausses élections où vous déciderez des vainqueurs », a-t-il affirmé, s’adressant directement à Jovenel Moïse auquel il demande de faire le premier pas en quittant le pouvoir.

La médiation à laquelle croit le Dr Boulos pourrait être un mélange de personnalités et d’institutions du pays et de la participation de l’international. Toutefois, il ne croit pas que l’international peut jouer seul le rôle de médiateur. « Je crois que nous avons des personnalités crédibles dans le pays pour travailler avec la communauté internationale dans le cadre de cette médiation », a-t-il avoué. Même en tant qu’observateur, la présence de l’international est importante, car soutient Réginald Boulos, n’était l’appui « aveugle et incompréhensible" du gouvernement américain à Jovenel Moïse, le pays serait loin de cette crise. Dans la même veine, il dénonce le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro, qui se « rallie totalement et de manière aveugle à toutes les positions de Jovenel Moïse en reconnaissance d'un vote que M. Moïse lui avait donné ». «Nous interpellons également le conseil permanent de l’OEA parce que même son Secrétaire général ne respecte pas sa résolution », a-t-il affirmé.

« Aucun des signataires de la présente (la Déclaration conjointe, Ndlr), n’ira aux élections alors que Jovenel Moïse est président de facto illégitime et impopulaire. Il n’est jamais question que MTV Ayiti en aucun scénario aille aux élections tant que Jovenel Moïse reste au Palais national », lance le chef du parti MTVAyiti. « Si nos amis de l’international veulent parler d’élections sérieuses, il faut qu’ils trouvent une façon de nous accompagner dans notre combat pour dire à Jovenel qu’il est illégal », a lancé Réginald Boulos.

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