Covid-19 : l’Inde dépassée par la pandémie

Publié le 2021-04-27 | lenouvelliste.com

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni acheminaient de l'aide lundi à l'Inde dépassée par la pandémie, où la situation est "plus que déchirante" selon l'OMS, alors que l'Italie a commencé à lever certaines de ses restrictions liées au Covid-19.

Avec ses 1,3 milliard d'habitants, l'Inde, qui a enregistré lundi un record mondial de 352.991 personnes contaminées en une seule journée, et un record national de 2.812 décès, a été plongée dans le chaos en quelques jours par le variant "indien".  

A New Delhi, des témoins décrivent des couloirs d'hôpitaux encombrés de lits et de brancards et des familles suppliant en vain qu'on leur fournisse de l'oxygène ou une place pour leurs proches. Certains meurent au seuil de l'hôpital.

L'agglomération est confinée pour une semaine supplémentaire.

Avec plus de 192.000 morts, l'Inde, dont les hôpitaux sont submergés et les crématoriums fonctionnent à pleine capacité, figure au quatrième rang des pays les plus endeuillés par le Covid-19.

La situation en Inde est "plus que déchirante", a déclaré lundi le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"L'OMS fait tout ce qu'elle peut" pour l'Inde, "en fournissant du matériel et des équipements essentiels, notamment des milliers de concentrateurs d'oxygène, des hôpitaux de campagne mobiles préfabriqués et du matériel de laboratoire", et en redéployant "plus de 2.600 personnels" en renfort, a-t-il ajouté.

En quelques jours, le variant "indien" a plongé le pays de 1,3 milliard d'habitants dans le chaos, entraînant l'annonce d'une aide d'urgence par plusieurs pays. L'Inde a enregistré dimanche un record mondial de près de 350.000 personnes contaminées en une seule journée.

L'OMS a également indiqué dans un courriel à l'AFP qu'elle procédait à une analyse rapide de la situation dans les zones confrontées à une recrudescence des cas, formulait des recommandations et soutenait la mise en œuvre de ces mesures.

La responsable technique de la lutte contre le Covid-19 au sein de l'OMS, Maria Van Kerkhove, a appelé tous les pays à "ne pas baisser la garde" pour éviter de connaître une accélération de l'épidémie comme en Inde. "La situation est fragile au niveau mondial", a-t-elle dit.

Globalement, "les cas ont maintenant augmenté pour la neuvième semaine consécutive, et les décès ont augmenté pour la sixième semaine consécutive", s'est inquiété le chef de l'OMS.

"Il y a eu presque autant de cas dans le monde la semaine dernière que durant les 5 premiers mois de la pandémie", a-t-il poursuivi.

Le système sanitaire indien est débordé par une nouvelle vague d'infections attribuée en partie au variant "indien", appelé par le nom de sa lignée, B.1.617. Il est qualifié de "double mutant" parce qu'il est notamment porteur de deux mutations préoccupantes au niveau de la protéine de pointe ("spike") du virus Sars-CoV-2 qui est à l'origine de la pandémie de Covid-19.

"Compte tenu de sa circulation importante et des préoccupations concernant sa propagation et sa neutralisation", l'OMS l'a classé comme "variant d'intérêt", mais l'organisation estime que des données supplémentaires sont nécessaires pour déterminer s'il s'agit d'un "variant préoccupant".

L'organisation basée à Genève (Suisse) note également que l'on ne sait pas encore si "les rapports faisant état d'une mortalité élevée sont dus à la gravité accrue du variant, à la mise à rude épreuve des capacités du système de santé en raison de l'augmentation rapide du nombre de cas, ou aux deux".

La terrible situation épidémiologique que vit l'Inde n'est pas sans conséquence sur le programme Covax, un partenariat public-privé entre l'OMS, l'Alliance du Vaccin (Gavi) et la Cepi (Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies), qui doit notamment garantir une distribution équitable de vaccins anti-Covid en particulier à 92 pays pauvres.

Le président américain Joe Biden a promis au Premier ministre indien Narendra Modi un "soutien sans faille". Les Etats-Unis vont lui envoyer des composants pour la production de vaccins et des équipements médicaux. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré que le Royaume-Uni ferait "tout ce qu'il peut". Le premier de neuf vols britanniques de matériel médical devrait se poser en Inde mardi matin.

L'Union européenne, où la détection du variant "indien" en Belgique, en Suisse et en Grèce inquiète, a promis une "assistance" à l'Inde. Même le Pakistan, son rival de toujours, lui a proposé des équipements médicaux.

La France, l'Allemagne et le Canada ont également promis leur soutien.

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