3,3 milliards de dollars dans les banques commerciales contre 100 millions dans les banques de financement

Aujourd’hui, en termes de proportion, le secteur des banques commerciales occupe la plus grande part du marché financier en Haïti, affirme Robert Paret Junior, PDG du Groupe Profin. Pourtant, souligne-t-il, l’on ne peut pas développer une économie avec l’argent des banques.

Publié le 2021-04-27 | lenouvelliste.com

Les banques d’investissement ouvrent la voie à un développement de l’économie en créant, à côté de l’argent des banques commerciales, une base de capital permanent, c’est-à-dire un capital qui vient renforcer les assises des entreprises. Mais jusqu’à présent, les banques d’investissement ont une faible proportion du marché financier en Haïti. « Les ressources du système bancaire sont plus de 3,3 milliards de dollars alors que celles des sociétés de financement sont de 100 millions de dollars environ », informe Robert Paret Junior qui croit qu’il y a une tendance enclenchée considérant que les sociétés de promotion des investissements n’ont été reconnues qu’en 2012 par le législateur et jusqu’en 2017 les chiffres ont été nuls.  « Cela demande que les investisseurs comprennent, cela demande qu’il y ait de l’éducation, de partager le savoir… », ajoute-t-il en participant à l’émission Panel Magik, sur Magik 9, ce mardi 27 avril 2021.

La finance est à l’économie ce que le sang est à l’organisme humain, rappelle Robert Paret Junior, Président-directeur général du Groupe Profin. « La finance est essentielle à la croissance. Il y a différentes formes de finance dont l’économie a besoin pour ne pas fonctionner de manière bancale », déclare M. Paret.

Pour le PDG du Groupe Profin qui dit s’appuyer sur les évolutions observées dans le système bancaire, il existe bel et bien un marché financier en Haïti. « Nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas un marché financier en Haïti puisque, quand on regarde son évolution à partir du début des années 80, le secteur bancaire s’est beaucoup modernisé. Autrefois une banque commerciale n’avait qu’une ou deux succursales, mais aujourd’hui il y a des banques qui ont des succursales dans tout le pays ; on a l’Internet banking, on a des évolutions même si elles pouvaient s’accélérer », admet M. Paret.

Cependant ces évolutions sont loin d’être suffisantes pour faire avancer l’économie du pays. « Nous devons accepter et comprendre qu’on ne peut pas développer une économie avec l’argent des banques commerciales uniquement. […] Parce que l’argent de ces banques nécessite un ensemble de composantes pour mieux faire son travail », poursuit Robert Paret Junior. Avec Profin, il confie en effet vouloir notamment permettre à ce que l’argent puisse, d’une part, aider les gens qui aimeraient investir à avoir un rendement en vue d’assurer leur vieillesse, d’autre part, il faut que l’argent puisse financer des lignes d’activités qui ont besoin d’argent de long terme, ajoute le financier.

La Jamaïque, le pays de la Caraïbe le plus dynamique en termes de marchés boursiers, mène une politique dans l'objectif de permettre à chaque citoyen d'avoir la possibilité de posséder une action dans une entreprise. Selon M. Paret, cette politique vise, entre autres, à donner le sens de la propriété de la chose privée au citoyen. « La société s'organise de sorte que tout le monde participe. Malgré les fractures sociales, il y a une paix sociale qui s’instaure », explique-t-il. Selon le PDG du Groupe Profin, les entreprises haïtiennes ont intérêt à ouvrir leurs capitaux. « Il n’y a aucune raison pour ne pas le faire, parce que les moyens sont là. Il suffit de trouver la volonté. C’est ce qui va faire la différence entre les entreprises qui vont traverser vers un avenir prometteur et celles qui vont s’accrocher à des choses qui vont les faire regresser », soutient Robert Paret Junior, qui préconise un changement des mentalités dans le pays pour changer la donne

Ritzamarum Zétrenne rzamar2018@gmail.com
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